CHAPITRE 1«'. -^- COTES DE LA MER DU NORD ET DE LA MANCHE
en i 758 ; ces plages sonl défendues aujourd'hui par la batterie de Nacqueville, située sur le bord de la mer, on doit prochainement construire en plus une batterie haute. La côte se relève bientôt et des hauteurs escarpées dominent immédiatement la mer, pourtant de profondes échancrures offrent encore quelqu'abri aux navires. La fosse d'Omonville est une petite anse formée par les rochers où le mouillage est bon, mais où les vents du nord sont dangereux. Le maréchal de Vauban avait reconnu la possibilité d'y construire un petit port. Cette rade est défendue par l'ancienne batterie d'Omonville qui sera abandonnée lorsqu'une autre batterie plus haute sera construite.
Tout près du cap de la llague, on rencontre l'anse de Saint-Martin, ou le mouillage est bon et où existent les petits havres de pécheurs de Plainvic et des Vaux: celte rade est protégée par la batterie de Sainl-Germain-des-Vaiix que doit également remplacer une batterie plus haute.
Le cap de la Hague est la pointe cxtivme du Cotentin, il termine une péninsule qui est, pour ainsi dire, une annexe de la principale et qu'on appelle la Hague. Une partie de celte péninsule a dû jadis servir de refuge aux populations qui occupaient alors le pays, car on voit encore aujourd'hui, au nord-ouest de Eeaumont, des restes parfaitement visibles d'un retranchement qui s'étend sur une longueur de C kilomètres d'une mer à l'autre, c'est le Hague-Dicke.
Les abords dangereux du cap de la Hague sont éclairés par un phare situé dans une lie en pleine mer; un peu au sud de cette île se trouve le petit port d'échouage de Goury protégé par une jetée; il y existait jadis une batterie abandonnée depuis longtemps et avec raison, car toute cette côte rocheuse est d'autant plus inaccessible que dans le détroit formé par la côte et Tîle anglaise d'Aurigny il existe un courant extrêmement rapide qui rend tout mouillage impossible, c'est le raz Blanchart.
Au sud de ïanse d'Escalgrain la côte s'élève à une grande hauteur et forme d'immenses escarpements de plus de cent mètres de hauteur; le nez de Jobourg que domine un ancien camp romain est la saillie la plus prononcée et l'endroit le plus connu de ces rives presque toujours battues par une mer furieuse.
Vient ensuite l'anse de Vauville qui a 15 kilomètres d'ouverture sur 4 de profondeur, qui est d'un accès facile malgré la difficulté de la navigation dans ces parages et qui par suite est exposé aux entreprises que les Anglais pourraient préparer dans Tarchipel de Jersey, l'ne descente sur ce point mettrait l'ennemi au milieu de la presqu'île du Cotentin et sur les derrières de Cherbourg. Pour s'opposer à ces entreprises, on doit construire deux batteries, l'une aux Pouquelées, près de Bcaumont- Hague^ l'autre à Siouville, au-dessus du petit port d'échouage de Dielette, qui, seul sur cette côte depuis Gran ville, peut otMr un abri aux navires menacés par le mauvais temps ou par l'ennemi.
Entre le eap de FlamanvUle, qui limite l'anse de Vauville, et la pointe du Rozel, se trouve la petite anse de Sciotot qui est toute de sable et sans rochers, puis, au sud du cap du Rozel, l'anse à peine marquée et bordée de dunes de Surtainville ; ces parages sont déjà protégés par la mer qui y est presque toujours mauvaise, surtout
par les vents d'ouest; or ceux-ci soufflent pendant les deux tiers de Tannée. On doit de plus construire une batterie au-dessus du cap du Rozel qui est fort élevé et qui domine les plages de 70 mètres.
Le havre de Carteret, au sud du cap de ce nom, est assez bien abrité des vents du nord ; un banc de sable en rétrécit l'entrée qui du reste est rendue difficile par les rochers et les courants, pourtant le voisinage des îles anglaises a engagé à y construire une batterie; dite batterie de Carteret ou de Dennemont.
La côte est ensuite bordée de dunes, semée d'écueils et basse jusqu'à Granvilie, où elle se relève de 30 ou 40 mètres au-dessus de la grève. On ne ti-ouve sur cette côte que des havres ensablés sans aucune importance, le meilleur est celui de Port- Bail dont rentrée est resserrée entre deux bancs de sable, mais qui est spacieux et d'un échouage commode.
Le port de Granville est le seul abri que trouvent les grands navires sur cette côte; il fait un commerce assez considérable avec l'Angleterre et les îles anglaises; l'avant-port est bien abrité des vents du nord par le rocher élevé où est située la ville et contre les vents d'ouest par une jetée ; il existe aussi deux bassins à flot de profondeur suffisante pour recevoir de grands navires. C'est le seul port de refuge que l'on trouve dans ce passage si dangereux de la Déroute, depuis Cherbourg jusqu'à Saint-Malo ; le voisinage des îles anglaises lui donne une grande importance. La ville est assise dans une position très-forte sur un rocher de 1,200 mètres de long sur 100 à 300 de large ; ce rocher est élevé de 30. à 40 mètres au-dessus de la mer,. mais il est dominé par les hauteurs voisines. Ce furent les .\nglais qui fortifièrent Granville au XV' siècle, mais la place leur fut bientôt prise. Elle fut assiégée en vain en 1793 par une armée de royalistes forte de 20,000 hommes, mais c'est tout au plus si dans son état actuel elle mérite le nom de place forte. Les défenses immédiates du port sont la batterie du cap Lihou et le fort de la Roche-Gaur tier^ situé de l'autre côté du port à 1 ,000 mètres au sud-est de la place et à 30 mètres au-dessus du niveau de la mer, il bat la passe sud-est du port et éclaire la plage de Saint-Pair, qui serait favorable à un débarquement, si elle n'était pas défendue. Plus bas se trouve aussi la batterie haute de Saint-Pair.
Au sud de Vanse de Saint-Pair^ la côte se relève et forme des falaises qui dominent la baie du mont Saint-Michel, comprise entre la pointe de Champeaux et la pointe du Grouin. Le contour de cette vaste baie, située au fond du golfe formé par les côtes de Bretagne et de Normandie, peut être considéré sur tout son développement comme à l'abri des descentes. La mer y découvre sur 15 kilomètres une immense plage de sables mobiles et impraticables; la marée y monte de 12 à 15 mètres, tandis qu'elle* ne monte que de 6 à 7 mètres à Brest; ce fait vient de ce qu'une partie du flot, retardé par les îles anglaises, se fait sentir plus tard et soutient les premières ondulations venues du large en passant au sud de l'archipel. L'extrémité des collines de Normandie vient mourir sur ces plages à Champeaux et à Avranches ; la roche de Tombelaine et le Mont Saint-Michel en sont comme les prolongements. Ces doux rochei