‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 172 sur 288 · CHAPITRE ^>. - COTES DE LA MER DU NORD ET DE LA MANCHE. 2Sn · texte numérisé non relu

CHAPITRE ^>. - COTES DE LA MER DU NORD ET DE LA MANCHE. 2Sn

qui émergent de 75 mètres au-dessus des grèves, sont des îles à marée haute; elles étaient sans doute rattacihées anciennement à la terre ferme comme le prouvent encore des documents qui datent des premiers siècles de l'ère chrétienne; mais la violence de la mer a ix>ngô ces côtes. L'homme a déjà reconquis sur la mer une partie de son domaine, il empoche les envahissements de la mer en construisant des digues, et le chemin de fer projeté qui doit rejoindre le Mont Saint-Michel à la terre ferme servira peut-être de digue et permettra de rendre de nouvelles terres à la culture.

Les Iles an^lo-normandes. — En face de cette côte occidentale que nous venons d'étudier, se trouvent les îles anglo-normandes ou îles du Canal au climat privilégié et quelques rochers qui appartiennent à la France. Ces îles faisaient partie de Tancien duché de Normandie, mais elles restèrent inféodées à l'Angleterre après la conquête du duché par Philippe-Auguste.

Diverses expéditions furent tentées pour reprendre ces îles, mais elles ne réussirent pas : en 1460, Pierre de Brézé s'en empara, mais fut forcé de les rendre aux Anglais au bout de G ans; en 1550, sous Henri II, une escadre qui voulait y tenter un débarquement fut repoussée; enfin, eu 1778, le maréchal de Vaux avait réuni ^es troupes assez nombreuses dans le but de les reprendre et même de tenter une descente en Angleterre, le génie de celle expédition devait être commandé par Fourcroy, mais on ne mit même pas à la voile.

Les coutumes féodales se sont maintenues dans ces îles jusqu'à nos jours et leurs intérêts les ont rattachées depuis longtemps à TAnglelerre. Elles donnent à nos voisins le moyen de surveiller nos cotes et des facilités pour entretenir des intelligences sur notre territoire ou pour y faire entrer des marchandises de contrebande, aussi avons-nous dû multiplier les défenses sur les côtes voisines.

L'amirauté anglaise a voulu créer un grand port de refuge h Braye^ sur la côte septentrionale de la petite île d'Aurigny qui présente la forme d'un plateau doucement incliné vers le nord et soutenu par les falaises de la cote sud; celles-ci ont de 80 à 100 mètres de hauteur. L'île est triste, sauvage et en partie recouverte de landes; il n'y a que quatre anses qui soient abordables : la haie des Salines, celle de Braye, celle des Corbelels et celle de Longy. Les Anglais voulaient avoir là un grand établissement d'où ils eussent surveillé Cherbourg; des travaux considérables furent commencés en 1847; une digue sur le modèle de celle de Cherbourg dut fermer la baie de Braye et en faire un immense port de refuge, mais cette digue qui s'élevait au dessus de fonds de 30 mètres et plus i\ basse mer, coula des sommes énormes et ne fut pas achevée. Dix grands forts et autant de batteries, en tout vingt ouvrages, défendent les divers points de cette petite île.

Aurigny n'est séparé du continent que par le raz Blancliavi; à l'ouest se trouvent encore d'autres petits îlots entre lesquels les passes du Singe et dVrlach sont souvent dangereuses; les derniers de ces rochers sont les Casqueis qui supportent trois phares.

Guernesey, Tîle verte, est plus étendue qu' Aurigny, et sa pente générale est dans

le même sens, c'est-à-dire vers le nord-est, elle est formée comme les autres lies de gneiss, de porphyre et de granit, Saint-Pierre^ la capitale de File, est située sur la côte occidentale la plus abritée.

Un peu à Test de Guernesey, se trouve la petite île de Sercq, bordée partout de falaises qui atteignent quelquefois 50 mètres de hauteur verticale, puis au sud Tile principale. Jersey, qui est inclinée en sens inverse des autres, c'est-à-dire vers le midi. La côte septentrionale de cette dernière est donc escarpée, et la capitale Sainl- Hélier est située dans une baie de la côte méridionale; c'est une ville de 35,000 habitants et un port de commerce important, on y construit des bassins à flot.

Le passage de la Déroule s'étend entre le Cotentin et les îles anglaises; il fait suite au raz Blancharty mais il est moins dangereux.

Au sud de Jersey, le plateau des Minquiers est formé d'un grand nombre d*ilots incultes qui ne sont pas habités, il s'étend sur un espace de 30 kilomètres de longueur sur 15 de largeur.

Entre les Minquiers et Granville, sont les îles Chausey, que l'Angleterre voulut revendiquer sous le règne de Louis-Philippe. Une cinquantaine de ces îlots émergent au-dessus des plus hautes marées; trois cents habitants y vivent, y cultivent quelques hectares de terre et se livrent à la pêche. C'est de Chausey qu'on lire une partie du granit des trottoirs de Paris. L^île principale possède une source d'eau douce; le long de la côte nord se trouve une espèce de fosse ou chenal où on avait autrefois projeté l'établissement d'un port. Ce chenal et d'autres petits mouillages pourraient donner asile à de petits bâtiments, à des corsaires. Autrefois cette passe était défendue par une grande batterie fermée qui fut détruite par les Anglais en 1 756 ; aujourd'hui nous y possédons deux batteries , le fort Chausey et le fort du Phare^ qui empêcheraient l'ennemi de s'y établir à quatre lieues seulement de nos côtes.

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