DESCRIPTION DE LA BRETAGNE
COTE SEPTENTRIONALE. — De la baie de Saint-Michel au cap Frehel; Cancale, Saint- Malo, Rennes. — Du cap Fréhel aux Héaux; baie de Saint-Brieuc, île Bréhat. — Des Héaux à
la pointe de Corsen; les Sepl-lles, Morlaix, Château du Taureau, île de Balz, Fort Cézoïi.
COTE OCCIDENTALE. — De la pointe de Corsen à l'île de Sein; Ouessant, Brest, rade de Drest et baie de Douaiuenez.
COTE MÉRIDIONALE. — Do l'île de Sein à la pointe de Tréviguon; baie d'Audienne. anse de Bénodet et baie de la Forest, Poul-FAbbé et Concarneau. — De la pointe de Trévignon à la presqu'île de Quiberon; anse du Pouldu, Lorient et Tîle de Groix. — De la presqu'île de Quiberon à la pointe du Croisic; baie de Quiberon, Belle-Ile, rade du Croisic. — Du Croisio à la pointe Saint-Gildas; bassin de lu Loire, embouchure de la Loire. Nantos, Sainl-Nazairc.
nESCRIPTION DE LA BRKTAGNE. — Lu Cuuesuon qui vient be jotei à Puntorson dans la baie du Mont- Saint- M iclul sépare dans la partie inférieure de son cours la Bretagne de la Normandie. La péninsule bretonne, tout entière formée de terrains anciens, a longtemps été une contrée à part qui a maintenu son indépendance et qui a lutté contre l'inlluence assimilatrice du reste de la nation française. Réunie à la couronne sous Louis XII, la Bretagne a su conserver jusqu'à la chute de la monarchie ses coutumes et ses traditions; de nos jours encore la race bretonne a conservé son originalité, les Bretons bretcmnants se rapprochent des habitants des plateaux granitiques du centre de la France ou même des Kabyles d'Algérie, autres montagnards d'origine fort ancienne; ils ont les cheveux noirs, les yeux noirs ou bruns, le crâne osseux, la peau d'un ton jaune p;\le, ils sont de taille moyenne et trapus. L'ancienne langue celti(i<ie, le bus-breton de nos jours, est encore parlée dans toute la partie occidentale de la péninsule, à l'ouest de Saint-Brieuc, de Pontivy et de Vannes; mais la langue française qui est le langage des grandes villes, lait de rapides progrès sur le bas-breton.
Le relief de la péninsule bretonne est formé de deux bandes de granit dirigées à peu près de Test à l'ouest et comprenant entre elles des schistes du terrain de tran- 'Jcogropfi ic, 20
siLioii qui formeiiL une dépression suivie par le canal de Nantes à Brest. Ces deux arêtes granitiques se composent de collines rougeûtres et stériles et de plateaux recouverts de landes; la végétation est pauvre et maigre, la population est clair-seraée; du reste les habitants ont toujours été attirés vers la mer, en sorte que les côtes trèsdécoupées et très-étendues sont beaucoup plus peuplées que l'intérieur; cette configuration du sol a fait des Bretons d'excellents marins et a dirigé Tactivité de ce peuple vers la pêche et vers le commerce. Les eaux de l'Océan ont profondément entamé les côtes et y ont creusé de profondes baies analogues aux fjords de la Norwége; certaines roches -sont plus facilement entamées que d'autres, c'est ainsi qu à l'extrémité occidentale, la mer a découpé les deux grandes rades de Brestet de Douarnenez dans les schistes intercalés entre les deux bandes de granit.
La zone de granit septentrionale commence aux monts d'Alcncon et est formée d'une suite de massifs distincts. A l'ouest de la découpure formée dans le granit par la Rance, qui communique avec Rennes par le canal d'Ile-et-Rance (64 mètres au point de partage), le sol se relève et forme les monts Menez dont le plus haut sommet atteint 340 mètres. A l'ouest du chemin de fer de Saint-Brieuc à Pontivy, des sommets de plus de 300 mètres dépassent le plateau granitique; puis, au sud de Morlaix, la montagne d'Arrée forme un rempart de 30 kilomètres de longueur qui se prolonge jusqu'à Tembouchure de Iql rivière de Chdteaulin; elle renferme le plus haut sommet de la péninsule, le mont Saint-Michel^ qui a 391 mètres d'élévation. A l'ouest de la dépression où passe le chemin de fer de Morlaix à Brest, les plateaux granitiques se prolongent encore jusqu'à 1'//^ dOuessant.
La zone de granit méridionale, beaucoup iJus continue que celle du nord, forme le prolongement des granits du ^Boca^c vendéen; elle est coupée par la Loire auprès de son embouchure, de même que plus loin elle le sera encore par la Vilaine et le Btavet. De Nantes k lai Roche-Bernard elle forme une longue croupe uniforme revêtue de fougères et n'ayant que 89 mètres d'élévation, c'est le Sillon de Bretagne. A l'ouest de la Vilaine s'étendent les landes de Lanvaux (175 mètres), formant un renflement parallèle à la côte entre la Claie et ÏArz ; au sud de cette dernière rivière les landes de Grand-Champ ont la même direction que les précédentes. Au-delà du Blavet, les plateaux de granit s^étenden't jusqu'à la pointe du Raz et à la chaussée de Sein; ils sont dominés au nord par la chaîne schisteuse des Montagnes Noires (326 mètres), qui se prolonge à l'ouest jusqu'à la péniîisule de Crozon après avoir formé les massifs du Menez Kerque (232 mètres) et du Menez Hom (330 mètres).
Entre les deSux zones de terrains granitiques que nous venons de décrire, le pays, formé en grande partie de terrains de transition, renferme encore de vastes étendues de terrains incultes, quelques forêts et des vallons tourmentés; les landes y sont nombreuses; c'est dans ce terrain que se trouve, à 28 kilomètres au sud-ouest de Rennes, la lande de Koatquidon o\x fut installé le champ de tir du 10* corps en 1874 et 1875. L'ancienne limite de la Bretagne, du côté du Maine et de l'Anjou, correspond à des collines de peu de relief qui forment la ligne de partage des eaux de