CHAPITRE II. .- lîOTES DE BRETAGNE. SOI
la Maveniie avec le (]ouesnoii el la Vilaine: à l'est de ces faibles bautcurs s'étend un?plaine monotone de terrains sihiriens au contre de laquelle est bïitie Rennes.
La Bretagne, malgré l'aridité de son sol, malgré ses grandes étendues de landes incultes, est un des pays les plus peuplés de la France; les habitants y sont agriculteurs; la douceur du climat et l'emploi judicieux des engrais ont créé sur certains points de riches végétations ; Télevage des chevaux et des bœufs est aussi une grande source de richesse; la cullurc conquiert chaque année de nouveaux terrains sur los bruyères, pourtant dans les campagnes on ne connaît encore que le pain noir do seigle et de sarrasin et le sol ne peut pas nourrir tous ses habitants; ceux-ci demandent à la pèche et au commerce leurs moyens d'existence.
Les chemins de fer créés depuis quinze ans étendent peu h peu les relations de la Bretagne, rebelle jusqu'alors aux influences nouvelles. Deux voies ferrées relient Brest au centre de la France, Tune formant le prolongement de la ligne directe de Paris à Ikniirs, passe par Soint-Briciir et Morlai.v, elle détache des tronçons vers la côte nord de Vitré à Poniorson par Fovf/èrcs, petit chemin de fer d'intérêt local sans importance, et de Rennes à Sainl-Mnln: l'autre, prolongeant vers Fouest la voie ferrée qui suit la Loire, remonte de Nantrs à ïicdony suit la côt6 méridionale par Vannes. Lorient, Quitnpcr et rejoint la pi-emière à Lnndernrau au fond de la rade de Brest, elle est reliée à la précédente par la ligne de Redon à Rennrs et au centre de la péninsule par celle A' Aurai/ '* Saint-Brintr par Ponlivy, Au nord et au sud de Fembouchure de la Loire des troni;ons atteignent la côte; la grande voie ferrée de Paris à Santés csl prolongée jusqu'à Saint-S'azaire et jusqu'au Croizic; un chemin de fer d'intérêt local relie Xantes à Pornir et à Palmbœnf, un autre va de Sanlcs à ilachccovl et doit rejoindre plus au sud les lignes de la Vendre,
Les canaux qu'on avait créés dans la péninsule pour relier les ports à Fintérieiir des terres et faciliter en cas de guerre les approvisionnements de Brest et de Sainl- Malo ont perdu beaucoup de leur importance depuis l'ouverture des chemins de fer et ont encore vu diminuer leur trafic déjà très-faible; le canal d'Ilc-et-Banee reHe Rennes àSaint-Malo; le canal de Nantes à Brest einp||p[ite d*alx)rd le large lit de VErdre qui forme une succession de lacs, atteint la Vilmne à Uedon. traverse la dépression centrale de la Bretagne de Fcst à Fouost en empruntant le lit de i)lusiours rivières : YOusl, le Blavelf VAunc ou ricicrc de Clwirnvlin, et aboutit à la rade de Brest par ce dernier cours d'eau.
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Étude de la etVte de la haie de Uteiitt^Hlèhel ail cap Fi^éhel, CAriw eale, Salnt-Malo, Rennen. — La côte septentrionale de la Bretagne est rocheuse et très-découpée; les îles qui la bardent senties témoins d'un ancien littoral détruit; les profondes et larges baies de Saini-Brieuc. de la Frcsnay^ de Saint-Michel s'étendent
chaque jour par suite de rabaissement du sol et des érosions produites par la mer en furie. Pourtant Thomme a déjà reconquis sur plusieurs points le terrain envahi par l'Océan. C'est à l'ouest de Yembouc/iure du Couesnon que la culture a le plus gagné sur les grèves de la baie de Saint-Michel. La presqu'île à l'extrémité de laquelle se trouvent Cancale et Sainl-Malo^ dite presqu'île du Clos-Poulet, ne communiquait jadis avec le continent que par un isthme étroit compris entre la Rance et Chdteauncuf. La vaste plaine au milieu de laquelle s élève le Mont-Dol était recouverte par les eaux. Dès le onzième siècle on construisit des digues pour préserver cette plaine des envahissements de la mer; elles s'étendent aujourd'hui à l'ouest du Couesnon sur une longueur de 30 kilomètres de Pontorson à Cancale^ elles ont 10 mètres de hauteur et sont protégées du côté du large par des enrochements, leur sommet est suivi par une grande route ; les marais reconquis et transformés ainsi en riches cultures ont une étendue de 15,000 hectares. Le Vivier est le port du pays do Dol, on n'y trouve qu'un échouage.
La partie nord -ouest de la baie est seule abordable, on y trouve au nord de Cancale un excellent mouillage. Immédiatement au-delà de Chateau-Rlclieux où se termine la digue des marais de Dol commencent des falaises qui s'élèvent jusqu'à Idi pointe de la Chaîne au-dessus de Cancale. Cancale occupe un des points les plus élevés de la péninsule granitique du Clos-Poulet; le port de Cancale, au pied de la falaise, est la Houle dont Téchouage est Irès-étendu, bien abrité et très-fréquenté par les pécheurs. Le riche gisement de bancs d'huîtres qui se trouve dans Tespace compris entre Cancale, Granville et les îles Chaussey a fait depuis longtemps la richesse de ce pays. Aujourd'hui une exploitation sagement réglée et surveillée par les garde-pêches de l'Etat empêche un épuisement des bancs qu'on put craindre à une certaine époque; les huîtres provenant de la pêche sont transportées dans les parcs de Saint- Wanst, de Courscullcs et de La Houle même où elles s'engraissent, se reproduisent et alimentent le commerce.
Entre là pointe de la C/ialne et celle du Groidn qui se prolonge au nord-est par Vile des Landes et par une chaussée sous-marine au-dessus de laquelle émerge l'immense roche de Herpin, s'étend la grande rade de Cancale; elle est protégée à l'ouest par une cote élevée et abrupte, à l'est par le l^anc des Corbières qui la couvre contre les coups de mer; les plus gros vaisseaux de guerre peuvent y mouiller sur une étendue de 180 hectares. Au sud elle est fermée par l'ile des Rimains qui élève ses escarpes rocheuses à GOO mètres de la Chaîne. C'est dans ce mouillage parfaitement sûr que viennent se réfugier les navires affalés dans le sud de l'archipel de Chaussey; en temps de guerre la proximité de Jersey, de Granville et de Saint-Malo lui donne une grande importance. Il est défendu par le fort des Rimains dont le canon bat toute la rade et par la batterie de la Barbe Brûlée qu'on doit construire à l'autre extrémité auprès de la pointe du Grouin. Les autres batteries qui étaient situées sur la côte sont déclassées.
La côte nord de la presqu'île qui s'étend entre la rade de Cancale et l'embouchure