‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 180 sur 288 · CHAPITRE ÎI. — COTES DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎI. — COTES DE BRETAGNE

Longue cl de l'Armorique ; 2" Tarrière-rade formée par les embouchures des rivières de Daoulas^ de l'Hôpital, de Faon cl de Cliateaulin, La profondeur y esL presque partout de 20 à 30 mètres à basse mer et le fond y est excellent pour l'ancrage. L'arrière-rade n'a reru que peu de défense parce (|ue les vaisseaux ennemis, une fois le goulet forcé, n'auraient pas d'intériH à s'y porter et que de là ils ne poun-aient rien entreprendre sur Brest.

Les défenses de la racle sont : 1" les parties des forls du Porlzic et des Espaynuls qui regardent Tinlérieur de la rade ; 2'' la haUn-ie projrtêc de Ponscor/f sur la côte est de la presqu'île de Quélern au nord de lloscanvel ; 3" le fort de l'Ile Loiujuc sur la pointe de terre qui s'avance de la côte sud vers la pointe de l'Armoriiiue et qui forme avec cette dernière le resserrement qui sépare les deux rades-, i" la batterie de Lauveoc sur une pointe de la péninsule de Crozon; 5^ le fort de IWrmorifjue qui croise ses feux avec les deux précédents pour défendre l'entrée do l'arriére- rade ; G" le fort du Corbeau situé sur la pointe de ce nom à l'extrémité de la rive gauche de la rivière de Landerneau; 7** les batteries qui défendent en même temps l'entrée du port de Brest.

Ces dernières sont ou seront au nombre de neuf, savoir : 1° la batterie Cafarelli; 2*» la batterie Impériale ; 3** lai batterie du Fer-lhCheval ; 4° la batterie de la Rose ;i'* la bat^ terie du musoir ouest de la jetée à construire; 6° la batterie sud du port de commerce k construire; 1° la batterie du Parc-au-Duc; 8^ la batterie de Sliff h construire; O'' la batterie de l'avancée du C/uiteau à construire.

Brest joue sur l'Océan le même rôle que Cherbourg sur la Manche, ciue Toulon sur la Méditerranée ; son port militaire formé par la rivière de Pcnfcld est à l'intérieur de la ville et est resserré entre deux montagnes au pied desquelles sont les immenses constructions de la marine.

Sur la rive gauche de la Penfeld se trouve la ville de Brest proprement dite et sur la rive droiie Recouvrance, ces deux villes qui, avec les faubourgs comptent plus de 80,000 habitants, sont réunies depuis 1861 par un magnifique pont tournant en fer de 106 mètres de portée et de 20 mètres 50 de hauteur au-dessus des hautes mers.

Ucstuaire de la Penfeld qui forme le port militaire a environ 5 kilomètres de longueur, 100 mètres de largeur moyenne et de 10 à 13 mètres de profondeur aux basses mers. 11 est encaissé par des escarpements de 30 à 35 mètres et il a fallu deux siècles de travail opiniâtre pour conquérir par de larges excavations les terrains où ont été construits la plupart des établissements du port. Dernièrement encore, on a achevé l'arasement de la colline du Salou qui formait un promontoire de 25 mètres de hauteur dans la Penfeld, on a creusé à cet emplacement des formes et des bassins de radoubs et les déblais obtenus ont été employés à la construction des jetées et des terre-pleins du nouveau port de commerce. Les principaux établissements que renferme le port sont les magasins généraux, les magasins aux cordages, de gréement, les ateliers de voilure, de muture, des machines, de la garniture, de peinture, de menuiserie, de serrurerie et de l'artillcrio, puis des forges cl des fonderies, une

scierie mécanique, deux corderies surmontées de Tancien bagne transformé en magasin, des casernes, enfin de nombreuses cales et bassins de radoub, parmi lesquels le premier qui fut creusé dans un port de France par Vauban de 1683 à 1687.

Le port de commerce, situé à Porslrein^ à l'est du port militaire et au sud de la gare du chemin de fer, est en voie d'achèvement; on a construit un brise-lames d'un kilomètre, en arrière duquel se trouve un grand bassin à marée de 7 mètres 50 de profondeur et un port d'échouage; on doit de plus construire un bassin à flot où pourront rentrer les plus grands transatlantiques. Sur les quais on a tracé les rues d'une nouvelle ville encore inhabitée ; du reste le mouvement commercial du port de Brest n était encore dans ces dernières années que de 230,000 tonnes. Ce port reçoit surtout des autres petits havres de la rade les denrées et les légumes nécessaires à r^limentation de la grande cité ; malgré sa belle situation au milieu d'une rade superbe et à lextrémité occidentale de la France, malgré les deux voies ferrées et le canal qui le mettent en communication avec Tintérieur du pays, ce port n'est peut-être pas appelé à prendre le développement qu'on espérait; en effet, c'est surtout au fond des grands golfes découpés par les mers et non à l'extrémité des continents que se sont de tous temps créés les grands ports de commerce; les chemins de fer ne semblent pas devoir modifier cet état de ciioses : le Havre sera toujours préféré à Brest ou à Cherbourg, Marseille ou Gènes à Brindisi, du moins pour les marchandises ordinaires ; ce n'est que pour le transport des voyageurs et des objets précieux circulant en grande vitesse qu'on choisira les voies rapides de Brindisi ou de Brest ; il est vrai qu'avec l'extension que prennent les relations internationales ces derniers forment déjà un important transit.

La ville de Brest est entourée d'une enceinte bastiounée construite par Vauban de 1681 à 1689; le fort Bouguen forme une citadelle qui couronne les hauteurs qui dominent au nord le port militaire. La ville est mise à l'abri d'un bombardement du côté de l'ouest par cinq forts détachés qui datent de 1777, ce sont ; !• le fort de terre de Portzic comportant un front avec demi-lune et communiquant par un ponl-levis avec le fort de mer; 2*» le fort df Montbaray qui a la forme d'un carré avec front de tête bastionné et renferme de vastes logements ; 3<» le fort de KeranrouXy lunette avec plusieurs casemates ; 4<* le fort de Guestelbras, redoute en losange avec escarpe et contrescarpe revêtues comme celles de tous ces forts; 5<» le fort de Penfeldy pentagone de 100 à 120 mètres de côté, situé au-dessus de la belle usine de la marine, appelée forge de Villeneuve, à l'extrémité de l'arrière-port. Chaque fort possède un puits et une ou deux sources dans les fossés. Du côté de l'est, les deux nouveaux forts de Penar-Crèach et de Guelmeur sont suffisamment avancés pour qu'on propose le déclassement de petites redoutes situées en arrière et trop rapprochées de l'enceinte.

Tel est l'ensemble des défenses de Brcst tant du côté de terre que du côté de la mer.

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