‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 181 sur 288 · COTE MERIDIONALE · texte numérisé non relu

COTE MERIDIONALE

Étade de la c6te de l^ile de Sein À la pointe de Trévin^non ) baie d^Aadieme^ anse de Bénodet et baie de la Forest) Pont-rAbbé et Concsameau. — La côte méridionale de la Bretagne est granitique, elle est presque partout escarpée et souvent bordée de roches basses; elle est moins irrégulière que la côte septentrionale, ses découpures sont moins profondes si ou en excepte le Morbihan, ses baies sont souvent ensablées par les débris des roches.

Au sud de la pointe du Raz^ la cote tourne vers lest et on trouve d abord la petite anse de Cabestan où les navires venant du nord se tiennent en attendant que le^s Tents leur permettent d*entrcr à AudiernCy puis ensuite la large baie d^Audierne qui s'étend de la pointe de l'Ervily h la pointe de Penmarc'li; elle est ouverte aux vents du sud-ouest et bordée d*une côte inhospitalière et désolée. Cette baie comprend plusieurs anses au nord : Vanse d'Aiidierne^ au fond de laquelle se trouve lo petit port de ce nom, et, à Tautre extrémité, Y anse de la Torche sans cesse battue par une mer en furie. Les batteries qui défendaient l'anse d'Audierne n'ont pas été conservées vu le peu d'importance du port et la difficulté du mouillage.

En avant de la pointe de Penmarc'h se trouvent des roches dangereuses au milieu desquelles existe un mouillage peu profond, mais assez bien abrité, celui de Paul-Bras. Au delà, on rencontre les petits havres de Guilvinec et de Lesconil, puis ensuite s'ouvrent Yansc de Dcnodct et la baie de Forest séparées l'une de Taulre pai» la pointe de Mousterlin et couvertes du côté du large par Tarchipel des Glénan.

Ad fond de l'anse de Bénodet se jettent la rivière de Pont-l'Abbé et YOdet ou rivière de Quimper, entre lesquelles s'étend une immense grève plate, limitée du côté du large par une espèce de digue en sable qui relie Yîle Tudxj k\dL pointe de Combrit. L'antique ville de Pont-l'Abbé, qui a conservé son aspect moyen âge, et Quimper, l'ancienne capitale de la Cornouaille, sont des ports d'estuaire où la marée se fait sentir. L'entrée de la rivière de Pont-l'Abbé n'est plus défendue; l'estuaire de l'Odet et les mouillages en avant sont protégés par la batterie de Combrit sur la rive droite et par celle de Bénodet sur la rive gauche.

La baie de la Forest possède une rade plus importante que la précédente, sur sa rive orientale se trouve le petit port d'échouage de Concarneau qui arme presque autant de bateaux que Douarnencz pour la pcche de la sardine. Concarneau se compose de deux parties : 1" l'ancienne place forte ou ville close^ située dans une île rattachée au continent par une simple chaussée et encore entourée de ses vieux remparts; 2** la nouvelle ville sur la rive gauche de l'estuaire de la petite rivière qui débouche eu ce point dans la baie. Le port et la rade sont protégés par les batteries de Beuzet, du Fer-à-Cheval et de Cabellon.

Les îles de Glénan sont défendues par la batterie de Penfret dans File de ce

nom, située en face la pointe de Trévignon; l^ancien fort Cigogne au œntre de 1 ar chipel n est pas conservé.

Étude de la côte depuis la pointe de Trévignon jusqu*À la pres- - qntle de Qniberon; anse du Pouldu» Lopient et Itle de Gpoix. — A

partir de la pointe de Trévignon^ la côte est basse et bordée d'écueils, puis elle s'escarpe et forme une anse où viennent se jeter les rivières d'Aven et de Belon; plus loin on trouve le petit port de Douêlan et au-delà Fanse du Pouldu dont la côte plus basse permet les débarquements. Le !•' octobre 1746, l'amiral Lestock y débarqua 7,000 Anglais dans le but de ruiner la ville de Lorient, possession de la Compagnie française des Indes. Lorient reçut quelques boulets, mais l'expédition arrêtée par la résistance de la ville et craignant Tarrivée de renforts échoua et se rembarqua sans avoir causé de grands dommages.

La petite rivière de Quimperlée se jette dans Tanse du Pouldu ; les nombreuses batteries qui défendaient cette côte, ont été jugées superflues et viennent d'être déclassées, de même que celles qui couronnaient la côte rocheuse jusqu'à la pointe du Talut.

L^embouchure du Blavet qui se jette dans la mer en face de Y île de Groix^ forme le chenal et la rade de Lorient. Le Blavet passe à Pontivy, anciennement Napoléonville; cette ville est située au centre de la Bretagne à égale distance de Rennes et de Brest, Napoléon voulait en faire le centre militaire de la Bretagne et depuis le premier empire elle a conservé une assez nombreuse garnison. Le canal de Nantes à Brest passe à Pontivy et est mis par le Blavet en communication avec le port de Lorient et avec la mer. Le Blavet ne devient navigable aux navires de 200 tonneaux qu'à Hennebont où passe le chemin de fer de Nantes à Brest.

Lorient, chef-lieu du troisième arrondissement maritime, est situé sur la rive droite du Scorff, en face le confluent de cette rivière avec le Blavet. Le port de Lorient fut créé au commencement du XVIIP siècle pour la protection des intérêts commerciaux de la Compagnie des Indes et devint le siège de cette société. Il atteignit un haut degré de prospérité vers le milieu du siècle, ce qui excita, comme nous Tavons vu, Tinquiélude de l'Angleterre, mais sa fortune décrut avec celle de la Compagnie qui, après la prise du Bengale par les Anglais, ne fit plus que languir et fut supprimée en 1769. L'arsenal, les vaisseaux, les comptoirs de la Compagnie, évalués 30 millions, furent acquis par le roi et c'est ainsi que Lorient devint un des cinq grands ports militaires de la France, le quatrième pour l'importance.

La ville est entourée d'une enceinte bastionnée, qui la sépare du grand faubourg de Kérantrech; la station du chemin de fer de Nantes à Brest est au pied des glacis entre la ville et son faubourg. L'arsenal renferme de grancts établissements de la marine, les bâtiments qu'il contient ont été construits avec grand luxe à répoque de la prospérité de la Compagnie des Indes, mais malheureusement quel' qnes^uns sont restés inachevés. Ils sont aujourd'hui transformés en ateliers, en ma-»

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