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CHAPITRE II, — COTES DE BRETAGNE

gasins, en casernes ; Lorient sert de dépôt et de garnison au régiment de lartillerii^ do la marine. Les rhanliers de construction de Caudan, sur la rive gauche du ScorlV, eu face de la ville, ont vu construire en 1860 les premiers types de cuirassés, Li Couronne et le Solférino; à ces chantiers sont joints des forges et de grands ateliers; Caudan communique avec le reste de l'arsenal sur la rive droite par un pont flottant. Cet arsenal n est nullement à l'abri d'un bombardement qui serait tenté du côté de terre par une armée qui aurait débarqué au Pouldu ou sur tout autre point du littoral.

Le port de commerce relégué au sud-ouest de la ville comprend un assez vaste bassin à flot et un port d'échouage défendu du coté du large par une jetée longue de 600 mètres environ.

I-.a rade formée par la réunion du Blavet et du Scorff a une longueur de 6,000 mètres et une profondeur de 10 à 20 mètres à basse mer; elle est séparée en deux parties à peu près égales par Ylle Saint-Michel ; la partie au nord est plus spécialement appelée rade de Lorient et la partie au sud de l'île rade de Kerso ou de Port-Louiii: ces deux parties communiquent par deux passes à Test et à l'ouest de Tile.

A l'entrée de la rade et sur la rive orientale de l'estuaire est Port-Louis qui, au XVII" siècle, fut le premier établissement des marchands qui commerçaient avec rinde; sa citadelle a longtemps servi de prison d'État. En avant de Port-Louis, se trouve la presqu'île de Gavre, longue bande de sable séparée du continent par ïaL petite mer de Gavre; c'est dans cette presqu'île qu*est installé le champ de tir delà commission d'expériences de la marine, il a plus de 10 kilomètres de longueur.

La rade est défendue par plusieurs batteries. Le fort Saint-Michel^ sur Tile de ce nom, qui contient les principales poudrières de l'arsenal, bat toute la rade de Port- Louis et les deux passes qui conduisent à celle de Lorient, A Tentrée de la rade se trouvent sur la rive gauche de l'estuaire lus batteries supérieures de la citadelle de Port-Louis et la batterie de Gavrc^ à l'extrémité de la presqu'île de ce nom, puis sur la rive droite la batterie de Lorjueltas. Plus à Touest, la batterie du Talut bat la passe entre la côte et l'île de Groix au nord de la basse des Bretons et croise ses feux avec \à batterie du Grognon et la batterie de Grippe situées dans Tîle de Groix; cette dernière batterie ne doit pas être conservée.

L'ile de Groix, dont la pèche de la sardine constitue la principale industrie et dont les barques sont connues dans tout le golfe de Gascogne, est bordée de hautes falaises percées de grottes fort curieuses et possède quelques havres de pèche dont les plus importants sont le port Saint-yicolas et le port de Locmaria sur la rive méridionale. En outre de la batterie du Grognon^ le fort Lacroix situé sur la pointe la plus orientale de l'Ile est conservé.

Au sud-ouest de la pointe de Gavre, la côte est basse, sablonneuse et bordée de dunes jusqu'à la presqu'île de Quibcron; cette côte est interrompue vers son milieu par le fjord d'Éicl dont l'entrée est malheureusement gênée par une barre sans pro-

fondeur. Les marins du petit port à'Étel, comme tous ceux de cette côte, se livrent à la pêche de la sardine.

Étude de la côte de la presqulle de Quiberon à la pointe du Croisic ; baie de Quiberon, Bclle-Isle, rade du Croisic. — La presquUle de

Quiberon forme dans la mer une saillie qui a 10 kilomètres de longueur, depuis Tistlime où se trouve le fort Penthièvre jusqu'à son extrémité méridionale, sa largeur moyenne est de 2 kilomètres et elle atteint 3 kilomètres vers U sud; l'isthme qui la rejoint au continent n'a que GO mètres de largeur. La péninsule est couverte de mamelons dont les plus élevés atteignent 32 mèu-es, plusieurs sont couronnés de moulins à vent. La côte occidentale bordée d'escarpements rocheux est inabordable, si ce n'est au petit havre de Portivy situé auprès de l'isthme sous le canon du fort Penthièvre. La côte orientale, au contraire, est plate et très-accessible, les principaux havres sont Port-Haliguen et Povl-d' Orange, I/anse de Porl-Maria sur la côte sud sert de port à la petite ville de Quiberon. La presqu'île ferme à l'ouest la vaste baie de Quiberon qui contient un excellent mouillage.

Le fort Penthièvre, construit sur un rocher à 1 étranglement qui forme l'isthme, sert à empêcher?des troupes débarquées dans la presqu'île de déboucher sur le continent, il facilite aussi le retour off'ensif de nos troupes et prive Tennemi d'une position facile à fortifier, mais il ne protège qu'incomplètement la presqu'île. Pour empêcher un débarquement sur cette langue de terre,» nous possédons trois batteries qui protègent les anses de la côté orientale, ce sont celles de Beg-Qulloi^ de Beg-Rohu et du Fort-Neuf; de plus sur la côte de Carnac et de Locmariaquer au nord de la baie la batterie de Kernavest défend l'entrée de la rivière de Crac h.

La presqu'île de Quiberon a été dévastée par les Anglais en 1746 au moment de leur tentative sur Lorient; elle est restée célèbre par le désastre des émigrés en 1795. Le 25 juin, l'escadre anglaise de l'amiral Warren, après avoir contraint l'escadre française de l'amiral Villaret- Joyeuse à rentrer à Lorient, mouilla dans la baie de Quiberon et deux jours après débarqua une première division sur la plage de Carnac. Georges Cadoudal avait balayé la côte avec ses chouans et se joignit aux troupes de débarquement. La Convention, inquiète des armements que l'Angleterre faisait à Portsmouth, venait de confier à Hoche le commandement en chef dans l'ouest, mais il n'était pas besoin des talents militaires de cet homme de guerre pour triompher des jalousies et des rivalités des chefs royalistes; plus tard son habileté et sa modération amenèrent la pacification de la Vendée.

Les royalistes avaient surpris le fort Penthièvre, mais ils négligèrent d'occuper la forte position de Sainte-Barbe qui se trouve au nord de Plouharnel et qui barré l'entrée de l'isthme du côté du nord. Quand ils voulurent l'attaquer le 16 juillet, dixneuf jours après le débarquement, ils la trouvèrent fortement retranchée et y perdirent beaucoup de monde. Les républicains attaquèrent à leur tour, enlevèrent les retranchements dont les émigrés s'étaient couverts et, le 21 juillet, s'emparèrent à

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