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CHAPITRE II. — COTES DE BRETAGNE. :îl

la bayonnelle du fort Penthièvre, dernière espérance des royalistes. Dès lors, les chouans et les émigrés acculés à la mer furent réduits à se jeter à Teau ou à périr; quelques-uns parvinrent à gagner les vaisseaux anglais, d*autres se jetèrent sur leurs épées ou sur leurs baïonnettes. Sombreuil avec 1,200 hommes posa les armes et voulut plus tard se prévaloir d'une convention verbale qui aurait été faite entre soldats pendant Taotion; lloche ne pouvait la reconnaître et les prisonniers dirigés sur Auray y furent passés par les armes les jours suivants sur les ordres de Tallien. Charette fit aussitôt, par représailles, fusiller 2,000 prisonniers qu'il avait faits depuis la reprise des hostilités. Quant aux Anglais, leur sang ne coula pas dans celte triste expédition, mais Thonneur anglais y coula par tous les pores, comme le dit Shéridan à la Chambre des communes.

Le croissant formé par la presqu'île de O'iiheron se prolonge vers Test par une suite d'Iles, de rochers et de hauts plateaux sous-marins qui indiquent l'emplacement d'un ancien rivage rejoignant OuibiM-on à la pointe duCroisic et qui couvrent la baie de O^iiheron et d'autres petites rades du côté du large. Ces îles et ces rochers laissent entre eux des passages qui permettent de pénétrer dans la baie, dans Yestuahr de la Vilaine ou d^ns la rade du Tro/^/V', ce sont : l*" le passafic de la TeUjnouse, entre la pointe de la preaqxiile de Quibcron et la ehaussée du Bini(/uety 2* le passage du Béniguet entre la chaussée de ce nom et Vile d'IIouat,^'*lc passage des Sœurs, peu profond entre la chaussée ih file aux Chevaux et Ylle d'Il,vdih\ 4''les deux grands passages qui existent à l'ouest et à l'est du plateau du Four, Les plus importantes de ces îles et les seules habitées sont Houat et Haedik qui étaient juscju'à ces derniers temps défendues par deux batteries qui viennent d'être abandonnées.

A 12 kilomètres au large de ce plateau sous-marin, la grande île de Belle-Ile forme un plateau d'une élévation moyenne de ÎO mètres au-dessus de la mer. L'île est bien cultivée et renferme quelques bons pAlurages, mais c'est surtout la pêche de la sardine et des homards qui occupe sa population. La côte occidentale, dite côte de la mer Sauvage, sur laquelle vient se briser avec fracas la grande lame de l'Atlantique est la plus escarpée et la plus pitloresijue. Sur le pourtour de l'île se trouvent plusieurs points de débarquements et un très-grand nombre de havres auxquels aboutissent aulant de vallons. Les principaux sont le port de Sauzon sur la côte septentrionale, le port du Vieux-duiteau et \{} port de Donan sur la côte occidentale, le |?07*f A>/t/, le port Herlin,]o port du Pouldou sur la côte méridionale, le p07'/r/f Locmaria sur la côte orientale, et enfin, sur la côte tournée au nord-est qui se termine au nord par la pointe de Taillefer, la plage du. Grand Safde, le port York, le port Salie et surtout le Palais qui possède un bassin à Ilot. En avant du Palais se trouve une belle rade bien protégée par l'île elle-même des vents d'ouest et du sud-ouesL. Tous ces petits havres étaient défendus jusqu'à ces derniers temps par 15 batteries de côte; on n'a conservé que les plus importantes sur la côte tournée au nord-est pour battre le mouillage du Palais, ce sont la batterie de Taillefer sur la pointe de ce nom la batterip. de Ua/nnuct et rellr du Grns-Bncher au sud du port du Palais.

Le Palais lui-même est fortifié, sa citadelle date de 1572, elle fut améliorée par \'auban qui voulait aussi entourer la ville d'une enceinte continue; les projets de \'auban repris par Napoléon P^ ne furent exécut'és que sous le second empire. L enjointe de la ville est terminée et deux lunettes ont été construites en avant de la citadelle. Le Palais servirait de refuge aux troupes qui auraient combattu sur les divers points propres aux débarquements et serait ainsi le véritable réduit de la défense.

Belle-Ile est une proie qui a plus d'une fois tenté les ennemis de la France, Anglais ou Hollandais, qui y débarquèrent à plusieurs reprises au XVP et au XVII* siècle. Enfin, en 1761, une escadre de 8 vaisseaux et de 172 transports y jeta un corps expéditionnaire qui, après avoir forcé les défenseurs h évacuer les postes de la côte, vint assiéger la citadelle du Palais. Après 38 jours de siège, la brèche était praticable ; la garnison n'espérant plus être secourue fut obligée de capituler, mais avec les honneurs de la guerre. L'île nous fut rendue en 1763 par suite du traité de Paris qui cédait le Canada, l'Inde et nos plus belles colonies à l'Angleterre.

Au nord-est de la baie de Quiberon, se trouve l'entrée d'une petite mer intérieure, le Morbihan, qui a donné son nom au département. Le golfe du Morbihan mesure 17 kilomètres de longueur et 10 de largeur, la profondeur à l'entrée y est de '20 mètres à basse mer et de 5 à 8 mètres entre les vases qui entourent les îles; malheureusement la barre ne laisse qu'un étroit chenal où il y a encore 9 mètres d'eau ot où le courant est très-rapide. Le Morbihan renferme un très-grand nombre d'îles dont une cinquantaine sont cultivées ; les principales sont YUe axix Moines, Vîle d'Ars et YUe Longue. Les cotes du golfe et de ces îles sont très-découpées et très-dentelées; elles sont souvent élevées, mais les anses et les plages abritées y sont nombreuses. Deux langues de terre étroites séparent le Morbihan delà pleine mer; ce sont de chaque côté du détroit qui donne entrée dans le golfe : la presqu'île de Locmariaqùer au nord entre les rivières de Crac'h et A'Auray et la presqu'île de Ruis à l'est de l'entrée. Cette dernière se fait remarquer par la douceur de son climat, par ses plaines d'une fertilité peu commune, par ses massifs de figuiers et sa végétation toute méridionale. Cette presqu'île, ces îles, cette côte, depuis la presqu'île de Gavre jusqu'à celle de Ruis, sont extrêmement intéressantes par le nombre et la grandeur des monuments des anciennes religions qu'on y trouve à chaque pas : pierres levées, dolmens, menhirs. Les environs de Carnac et de Locmariaqùer sont surtout célèbres à ce point de vue.

Plusieurs petits cours d'eau viennent se jeter dans le Morbihan par de vastes estuaires où se trouvent des ports de commerce et de pêche. Auray, sur l'un de ces estuaires qui débouche non loin de l'entrée du Morbihan, fait un commerce de cabotage assez important; l'ostréiculture dans ces dernières années y a pris un très-grand développement et en a fait la première station de France pour le commerce des huîtres. Vannes, au fond d'un estuaire qui assèche à marée basse, ne peut recevoir que des navires de 150 tonneaux ; cette ville qui ressemble à un grand village est le

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