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CHAPITRE II. — COTES DE BRETAGNE

cheMieu du département et la garnison de Tartillerie du 1 1* corps d'armée. A rentrée môme du Morbihan et à l'extrémité occidentale de la presqu*lle deRuis se trouve le petit port de relâche de Port-Navalo au fond d'une anse bien abritée.

La côte méridionale de la presqu'île de Ruis et celle qui lui fait suite jusqu'à l'embouchure de la Vilaine sont bordées de falaises et de rochers où les flots ont percé des grottes naturelles très-curieuses; un débarquement y est impossible. La rivière de Péncrf vient y déboucher par un large estuaire où se trouve sur la rive gauche le petit port d'échouago de ce nom ; en avant se trouve une rade dont le fond est de bonne tenue.

La Vilaine, plus à Test, se jette au fond d'une baie sans profondeur dont les plateaux sous-marins s'appuient à llk Dnmct. Le petit port de la Roche-Bernard n'a aucune importance et n'est connu que par son pont suspendu de 197 mètres de longueur et dont le tablier est à 33 mètres au-dessus du niveau des plus hautes marées. Après avoir dépassé la Vilaine, on ne trouve plus sur la cote jusqu'au Croisic que des refuges de pèche qu'il est inutile de nommer.

La rade du Croisic est formée par la baie qui s'ouvre entre la pointe du CaslelH et celle du Croisic ; au fond de cette baie, les rochers et les escarpements font place à une côte basse où commencent les nombreux marais salants que les indigènes ont découpés dans les terres basses qui rattachent l'ancienne Ile de Batz au continent. Le Croisic, situé à l'est de la pointe qui termine au nord la presqu'île de Batz, est surtout célèbre par ses bains de mer; il possède un port bien abrité et bordé de beaux quais à Touest d'un grand bassin qui assèche h mer basse, appelé bassin du Traiet, Le chenal est couvert du côté du large par une jetée de un kilomètre de longueur. Cette ville était bien plus importante au XVIP siècle que de nos jours; les guerres de la fin du règne de Louis XIV et la révocation de l'édit de Nantes portèrent un coup fatal à sa prospérité; aujourd'hui, elle exporte encore quelques millions de kilogrammes de sel, malgré l'abandon des marais salants et la ruine des paludiers; elle arme aussi quelques barques pour la poche de la sardine. Les deux batteries qui défendaient l'entrée du port viennent d'cHre déclassées.

Étude de la eôte du Croisic à la pointe de Saint-Gildas; bassin de la liOlre, embouchure de la Loire, Nantes, Saint-Nazaire. — lÀ côte au sud entre la pointe du Croisic et la Loire présente une configuration particulière. Au nord de l'embouchure de la Loire et au sud-ouest du Sillon de Bretagne^ se trouvent de vastes tourbières entrecoupées de flaques d'eau que dans le pays on nomme brières. Certaines parties des brières ont été assainies et forment de belles prairies; mais la Grande-Brière, immense marécage dont les eaux s'écoulent vers la Loire par Yestier de Mèan^ recouvre une étendue de 150 kilomètres carrés d'où les briérons extraient chaque année plusieurs milliers de tonnes de tourbe qu'on brûle dans le pays et dans les villes de l'ouest. En avant de ces tourbières s'étend un plateau granitique sur le bord duquel se trouve l'ancienne ville de Guérande et au pied

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duquel de nombreux marais salants rattachent la péninsule de Bats et du Croisic à la terre ferme. Les gens de Batz ont longtemps rormô une population à part et aujourd'hui encore ils ont conservé leurfe anciennes mœurs et leurs pittoresques costumes. Toute la largeur de la presqu'île (700 ou 800 mètres) est formée de dunes de sables où on a creusé des citernes pour se procurer de l'eau douce ; la côte occidentale ouverte et hérissée de rochers n'est pas accessible aux navires, mais derrière la pointe rocheuse qui forme Texlrémité méridionale de la presqu'île la petite baie du Pouliguen, célèbre par ses belles plages, est assez bien abritée et possède le petit port du même nom. De l'autre côté de la baie, la grève est bordée de dunes mouvantes qui ont englouti en 1779 le vieil Escoubac^ mais qui aujourd'hui sont fixées par des plantations de pins; puis les rochers se montrent de nouveau et se prolongent jusqu'à la pointe de Chemouliny qui limite au nord l'embouchure de la Loire. En avant de cette baie, l'ancienne côte qui prolongeait au sud celle de Batz est marquée par de nombreux écueils : les Leven entourés de bancs de sable, le Bagueraud, la Pierre-Percée à l'aspect si pittoresque, les grands et les petits Charpentiers.

L'entrée de la Loire est nettement marquée entre la pointe de Chemoulin et celle de Saint-Gildas. Ce grand fleuve prend naissance dans la partie centrale desCévennes et traverse, parallèlement à son premier ^rand aflluent VA Hier ^ les granits du plateau central où il arrose ainsi que ce dernier plusieurs plaines jadis lacustres; la réunion de ces deux cours d'eau se fait au bec d'Allier au-dessous de Nevers ; la Loire traverse alors les divers étages du terrain jurassique et la partie méridionale de l'ancienne mer tertiaire du bassin parisien; puis dans son cours inférieur, à partir d'Angers, elle retrouve les schistes du terrain de transition où s'exploitent de belles ardoisières et elle perce les granits de la Bretagne et du Poitou.

Les débordements de la Loire sont extrêmement dangereux et fréquents; pendant les sécheresses au contraire, il ne coule dans son lit qu'un mince filet d'eau ce qui ôte au fleuve presque toute importance comme voie commerciale. Son régime est très-inégal et son débit au bec d'Allier varie de 30 à 10,000 mètres cubes. Cette irrégularité énorme du débit tient à ce que ce fleuve n'est pas alimenté par des glaciers, mais par les eaux pluviales, et à ce que les roches quL forment la plus grande partie de son bassin sont imperméables. Des digues de sept mètres de hauteur enserrent son lit dans un espace trop étroit et sont continuellement rompues lors des crues exceptionnelles ce qui cause souvent des accidents plus terribles et des dommages plus considérables que si les eaux pouvaient se répandre sans gêne dans leur lit naturel.

Les trois principaux affluents de gauche de la Loire, le Cher, VIndre et la Vienîie descendent du plateau central et viennent se jeter dans le fleuve à peu de distance les uns des autres entre Tours et Saumur, dans ce beau et riche pays de la Touraine aux coteaux verdoyants et aux paysages tranquilles; ils laissent» toutefois entre eux et le fleuve de vastes terrains marécageux au sous-sol imperméable, la Sologne et la

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