CHAPITRE II. — COTES DE BRETAGNE
Brenne que les canaux d assèchement et les plantations de conifères n'ont pas encore entièrement assainis.
Les trois principaux affluents de droite de la Loire : le Loir, la Sarihe et la Mayenne dont la réunion forme le Maine, viennent se jeler dans le fleuve auprès des Pontsde-Cè à peu de distance en aval de Saumur. Les Ponts-de-Cé forment un des plus anciens et des plus célèbres passages de la Loire; les ponts s'appuient sur trois grandes îles et forment un défilé de 3 kilomètres; cette position stratégique fut disputée avec acharnement par toutes les races et tous les partis qui eurent à lutter sur la Loire du temps des (îaulois et des Romains, pendant les guerres de religion, pendant la Ligue, sous Louis XIÏI, pendant la Fronde et pendant la Révolution.
Le bassin de ces trois rivières, le Loir, la Sarthe et la Mayenne, a été le théAtre des opérations de la deuxième armée de la Loire commandée par le général Chanzy dans la campagne de 1870-71 . Après la série de revers qui amena la reprise d'Orléans par l'armée allemande au commencement de décembre 1870, les 15", 17*" et 21' corps séparés du reste de l'armée prirent position au nord de Beaugency entre la Loire et la foret de Marchenoir et résistèrent pendant quatre jours à toutes les attaques de l'ennemi. La retraite s'effectua sur le Mans après plusie irs combats sur la ligne du Loir à Fréteval et à Vendôme. L'armée, après s'être réorganisée au Mans, allait se porter en avant et occuper de nouveau par des colonnes mobiles la ligne du Loir, quand le G janvier le prince Frédéric-Charles prenait lui-même Toflensive et, après sept joui*s de luttes continues dans un pays mamelonné et coupé de haies, repoussait toutes nos colonnes sur le Mans que nous dûmes évacuer le 12 janvier. L'armée faiblement poursuivie vint prendre position en arrière de la Mayenne où elle ne fut pas attaquée.
Si nous nous reportons à l'étude nu cours inférieur de la Loire, nous voyons que les îles y sont très-nombreuses et que les derniers ponts se trouvent à Nantes où déjà le flot de la marée se fait fortement sentir.
Nantes, ville fort ancienne située à un point de passage de la Loire analogue à celui des Ponts-de-Gé, est un centre très-actif de commerce et d'industrie, bien que l'emploi de navires de plus en plus profonds, la suppression de la traite des nègres, les ensablements de la Loire et la création du port de Saint-Nazaire lui aient fait perdre le rang qu'elle occupait parmi nos ports de commerce. Elle n'a plus que la onzième place pour l'importance du commerce avec l'étranger et la marée ne peut y faire remonter que des navires d'un tirant d'eau de trois mètres. Elle reçoit encore une grande quantité de sucre étranger que purifient ses raffineries, la houille alimente ses nombreuses usines métallurgiques, et ses chantiers de construction pour les navires sont en pleine activité. Le mouvement commercial y est de 235,000 tonnes et la valeur des échanges de 125 millions de francs. La population de la ville qui tend toujours h s'accroître est de 120,000 âmes.
En aval de Nantes, en face du village industriel de Bassc-lndrc et dans une île qui n*est reliée à la rive gauche que par une digue, se trouve l'usine dlndret où la
marine construit ses machines à vapeur; puis, à partir du Pellêririy Taspecl du fleuve se modiûc, sa vallée s'élargit, bientôt les îles disparaissent et la largeur de la. nappe liquide en fait un véritable bras de mer. Sur la rive gauche, c'est-à-dire sur la côte du pays de Retz, Paimbœuf était jadis l'avaut-port de Nantes; dès 1650 les sables s'étaient accumulés dans la Loire au point de rendre la remonte jusqu à Nantes impossible aux gros bâtiments, aussi ceux-ci mouillaient-ils à Paimbœuf pour y attendre des vents favorables ou les allèges qui venaient prendre une partie de leur gargaison ou y apporter leur chargement. La perte de la Dominique qui ruina momentanément le commerce nantais, porta un premier coup à la prospérité de Paimbœuf; aujourd'hui son mouillage jadis excellent est en partie comblé et la création du port de Saint-Nazaire lui a porté le dernier coup. Quelques navires viennent encore se faire réparer à son bassin de carénage.
Sur la rive droite de la Loire et à la pointe même qui, avec celle de Mindin au sud, forme un étranglement à l'embouchure de ce fleuve et sépare Testuaire luimême de son golfe extérieur, est situé Saint-Nazaire, port de création nouvelle qui est mis en communication avec le grand centre de population de Nantes par un chemin de fer et qui est appelé à concentrer à l'embouchure de la Loire tout le commerce du centre de la France. En avaht de Saint-Nazaire, sp. trouve une rade exposée à tous les vents mais où les navires ont de dix à seize mètres de profondeur d'eau à basse mer. Lors de la création des nouveaux ports de Saint-Nazaire il fut question de les creuser dans les marais de la Grande-Brière qui avoisinent la ville au nord; les navires y eussent trouvé un refuge parfaitement sûr contre les tempêtes et les attaques de l'ennemi. Il ne fut pas donné suite à ce projet; et le premier bassin à flot, commencé en 1842 et achevé en 1857, fut creusé dans l'anse située au nord et à l'abri de la pointe qui ferme l'estuaire intérieur de la Loire. Le bassin de Saint-Nazaire a une contenance de dix hectares soixante ares et une profondeur suffisante pour recevoir les plus gros navires de commerce; toutefois ce bassin étant insuffisant, il a fallu en construire un second dans l'anse de Penhouët au nord du premier. Ce second bassin, dit bassin de Penhouët, a une capacité presque double du premier et est muni de cales pour la réparation des navires. Saint-Nazaire est le point de départ des grands paquebots transatlantiques qui font le service du Mexique et des Antilles. Le total des entrées et des sorties dans les dernières années y a été de 650,000 tonnes et la valeur des importations et des exportations de 400 millions de francs.
L'entrée de la Loire est assez difficile et ne peut s'opérer que par deux chenaux séparés par les roches et les bancs de la Banche et de la Lambarde; le chenal du Nord qui suit la côte de Batz et le grand chenal viennent se réunir à hauteur de la pointe de Chemoulin et de la pointe de l'Eve sur une barre où la profondeur n'est que de quatre mètres à mer basse; la passe suit ensuite jusqu'à Saint-Nazaire la rive droite où s'ouvrent deux anses de chaque côté de la pointe de la Villrz-Martin, Au nord du pays de Betz, entre la pointe de Saint-GUdas et Ylle de Noiimovtier, la baie de Bourg-