CHAPITRE III. — COTES DE L'OCÉAN ATLANTIQUE
nombre des ruisseaux profondément encaissés qui forment des barrières de bonne défense. En avant de ces hauteurs, c'est-à-dire à Test, Sainl-Florenl, Chemillé et Jallais où naquit la révolte, Cholct, Mortagne, Chatillorij BressuirCy Tlioiiam, Partheixaij fuirent plusieurs fois pris et repris par les deux partis. Ce pays est couvert de bouquets de bois comme tout le reste de la Vendée, il ne s'y trouve ni grande ville, ni industrie; les villages sont distants les uns des autres, Télève des bestiaux, dos chevaux et surtout des mulets forme la principale occupation des habitants.
La Basse-Vendée est située au nord-ouest de la GAtine, c'est dans ce pays qu'opérèrent les bandes de Charette; legé^ Vieille-Vigne^ Machecoul et Nantes furent leurs principales positions ou leurs principaux objectifs.
A l'ouest des hauteurs de la Gatine, les granits et les gneiss forment une région légèrement accidentée; c'est le Bocage vendéen. L'aspect du Bocage est tout particulier : il est sillonné en tous sens de fossés souvent pleins d'eau et de parapets qui séparent les champs; ces talus sont surmontés de haies ou plantés d'arbres qui cachent les habitations et qui empêchent qu'on puisse s'orienter; les chemins sont tortueux, encaissés et servent souvent de lits aux ruisseaux. Ce pays est donc favorable aux embuscades et à la guerre de partisans; pendant les guerres de la Vendée il offrit aux royalistes un refuge inexpugnable; il était presque impénétrable pour les armées alors qu'il n'y existait pas de larges chemins et qu'on n'y pouvait circuler qu'à cheval ou avec des chariots à bœufs. Avant la Révolution il n'était traversé que par trois routes; depuis, sous l'Empire et sous la Monarchie de Juillet, on y a construit un grand nombre de routes dites stratégiques pour facihter la prompte et rigoureuse répression des révoltes qui pourraient y éclater encore.
Au sud du Bocage, la Plaine correspond aux couches de calcaires jurassiques qui s'étendent depuis le Lay jusqu'au delà de la Sèvrc-Mortaise ; les mêmes terrains se prolongent plus au sud encore jusqu'aux grès verts de la Charente; au nord de Fontenaif'k'Comte, à la limite des granits et du terrain jurassique, se trouve le petit bassin houillier de Vouvant. La Plaine forme un pays d'un parcours presque aussi difficile que le Bocage; les champs y sont entourés de haies très-épaisses, les chemins tracés sur un sol argileux sont impraticables pendant une partie de l'année.
Enfin les terres d'alluvions qui bordent la mer en plusieurs endroits et qui ont rempli d'anciens golfes marins, forment la région du Marais; elle s'étend sur les deux rives de la Scvre-Mortaise depuis Niort jusqu'à la baie de l'Aiguillon et jusqu'à l'embouchure du Lag; elle comprend aussi tout le littoral à hauteur des îles de Noirmoutier et d'Yen où se trouvaient jadis les grands marais de Saint-Jean-de-Mont, Ces marais sont aujourd'hui desséchés en grande partie au moyen de canaux d'écoulement qui les ont transformés en polders comme ceux de la Hollande. Les polders de Harans et ceux qui se trouvent en face de Noirmoutier ont été de même reconqiiis sur les eaux ; enfin des îles, comme celle de Bouin sur la baie de Bourg-neuf, ont été rattachées à la terre ferme par le dessèchement des marais qui les en séparaient. Le long de la plupart des canaux d'écoulement qui découpent le sol
9iès Livre ni. — frontières maritimes.
en champs de forme géométrique, sont établis, sur les deux bords, de hautes et larges digues; les fossés moins importants sont bordés de plusieurs lignes de haies vives et de saunaies. Les villages sont protégés par des levées de terre contre Tenvahissement des eaux ou construits sur des tertres isolés; dans les campagnes, les paysans vivent au milieu de leurs bestiaux dans des huttes de jonc du plus misérable aspect, ce qui leur a fait donner le nom de huttiers.
Le long de la côte, depuis la Loire jusqu'à l'estuaire de la Seudre, existaient adis un très-grand nombre de marais salants, qui étaient une des richesses du pays; mais les salines de TEst et celles de la Méditerranée ont tué les salines de rOuest qui, sous un climat plus froid et plus humide, ne peuvent soutenir la concurrence et se changent peu à peu en marais gâts^ bientôt transformés en beaux pâturages.
Entre l'estuaire de la Loire et la baie de Bourgneuf, se trouve un plateau formé en grande partie de terrains primitifs, c'est le pays de Retz. Le bassin lacustre du lac de Grand-Lieu rétrécit Tisthme qui réunit cette espèce de presqu'île à la terre ferme. Ce lac communique avec la Loire par le chenal de ÏAcheneau et les marées s'y font sentir par cet intermédiaire. La profondeur de cette nappe d'eau qui a une étendue de 7,000 hectares, n'est en moyenne que de 90 centimètres; on a proposé plusieurs fois de la dessécher pour rendre à la culture celte vaste étendue de bonnes terres, mais les riverains qui exploitent les eaux très-poissonneuses du lac s'y sont opposés.
A l'autre extrémité de la cote qui nous occupe, l'ancienne Saintonge comprise entre la Charente et l'estuaire de la Gironde est un riche pays dont les collines crayeuses sont couvertes de vignobles; le plateau qu'elle forme se termine souvent en brusques escarpements rocheux sur la Gironde entre Saint-Romain .et Royan,
Les ohemins de fer qui desservent les pays que nous venons de décrire, appartiennent à la Compagnie d*Orléans ou aux Compagnies de la Vendée et des CharenteSy il est question du rachat, soit par l'Etat, soit par la Compagnie d'Orléans, des lignes exploitées aujourd'hui par ces dernières Compagnies. La grande ligne à deux voies de Paris à Bordeaux réunit directement Tours à Bordeaux par Poitiers et Angoulême; de plus deux autres lignes parallèles à la côte mettent encore le cours inférieur de la Loire en communication avec l'estuaire de la Gironde, ce sont celle de la Possoîinière, embranchement situé un peu à l'ouest d'Angers, à Niort et de là à Rochefort, et celle de Nantes à La Roche-sur-Yon^ la RocJielle^ Roche fort, Saintes, Coutras et Bordeaux, Ces trois lignes sont réunies par des voies transversales qui sont : 1° la ligne delà Vendée, de Tours aux Sables-d'Olonne par Loudun, Bressuire et La Roche sur-Yon ; de plus un chemin de fer d'intérêt local met Poitiers en relation avec Loudun et une voie ferrée en construction doit rejoindre directement Poitiers à Bressuire; 2° la ligne de Poitiers à la Rochelle ou à Roche fort par Niort; 3*» la ligne, d' Angoulême à SaintesA Des embranchements se détachent vers Blaye^ vers Royan et vers Marennés; de plus des chemins de fer d'intérêt local relient Londun à Saumur^ Nantes à