CHAPITRE III. — COTES DE L'OCÉAN ATLANTIQUE
de la Gironde est très-découpée par de profondes baies vaseuses qui s accroissent sans cesse aux dépens de la mer; elle est tantôt bordée de dunes, tantôt de marais salants et tantôt de véritables polders. Au large elle est protégée par les îles de Ré et d*01éron.
A Tabri de la pointe de V Aiguille, se trouvent les Sables-d'Oloniie, qui sont à la fois une ville de bains très-fréquentée grâce à sa belle plage et un port de commerce important, principal débouché de la Vendée. Un bassin à flot y a été creusé sous le règne de Louis-Philippe, malheureusement le chenal qui y donne accès esi long et difficile ; les écluses de chasse, les dragages, sufiQsent à peine à enlever les s^les qui s'y accumulent. 11 est enfilé par les vents du sud-ouest, mais abrité dr ceux de Touest et du nord-ouest. En avant du port une petite rade est couverte pai lai pointe de C Aiguille j parles Barges d'Olonne, rochers qui prolongent celte dernière du côté du large, et par de hauts fonds. Cette rade et l'entrée du port sont battues par le fort Saint-Nicolas, à droite du chenal et au sud du faubourg de la Chaume, et par la batterie de V Estocade située au sud de la ville.
Des SahleS'd'O tonne à la pointe du Grouin-du-Cou, la côte se dirige vers le sud-esl et est encore presque partout bordée de dunes; ce rivage a été soulevé graduellement, et, ce qui le prouve, c est qu*au temps de Henri IV on expédiait encore de Tartillerie par eau de Talmont qui est maintenant dans Tintérleur des terres.
Entre la pointe du Grouin-du-Cou et celle des Baleines qui termine au nord Vile de Ré, se trouve rentrée du Pertuis breton; on désigne ainsi le bras de mer compris entre la côte et Tile de Ré, vers le milieu de ce détroit existe une fosse profonde, celle de Chévarache,
Au nord du Pertuis breton, le golfe du Poitou pénétrait jadis très-avant dans la terre, mais ses marécages ont été conquis à la culture et c'est là que se trouve la région du Marais habitée par les huttiers; la côte est très-basse, bordée de plages vaseuses où viennent se répandre les eaux du Lay, de la Sèvre-Niortaise et de plusieurs des canaux qui ont servi au dessèchement des marécages. L*anse de TAiguillon est tout ce qui reste de l'ancien golfe du Poitou; elle peut servir d'abri aux navires surpris par le mauvais temps dans le Pertuis; 1e rivièj^e de Luçon y débouche et donne à ce port une certaine activité commerciale, la Sèvre-Niortaise s'y jette dans l'ange de Brand où viennent aussi aboutir les principaux canaux de la partie occidentale du Marais; c'est par un canal maritime à grande section qui vient aboutir au môme point que les navires de 200 à 300 tonneaux peuvent remonter jusqu'à Harans qui est le grand entrepôt et le régulateur du commerce des grains de la contrée. L'anse de TAiguillon est connue pour le développement qu'y a pri^ l'élève des moules ; les bouchots, ou pilots supportant des clayonnages sur lesquels se développent les moules, y occupent un espace considérable surtout dans la partie orientale.
Au sud du Pertuis breton, se trouve Tile de Ré qui a une longueur de 30 kilomètres et une largeur de 4 à 5 en moyenne ; elle est formée de calcaire jurassique Géographie. 22
comme TAunis ; les deux phares de la Tour-des-fialeines à la pointe nord signalent au loin ses écueils. Sa côte sauvage est bordée de rochers et inabordable, il ne s'y trouve ni havre, ni port ; mais le rivage tourné vers le nord-est possède plusieurs ports en avant desquels existent de bons mouillages; l'île est laide et dépouillée d'arbres, mais très-riche, bien cultivée et très-peuplée, ses marais salants sont encore d'un bon rapport et ses parcs à huîtres sont au nombre de 3,000. Les fureurs de TOcéan rongent sans cesse les rivages de Ré et lauraient séparée en deux îles à risthme étroit de Martray sans les travaux qui ont été faits pour protéger cette langue do terre de soixante-dix mètres de largeur. Au nord de Tisthme de Martray, la mer forme la profonde découpure, appelée la Fier-d'Ars, dont le fond est rempli de vase et dont les rives sont protégées par des digues; un grand nombre de canaux de dessèchement viennent y aboutir. La principale ville de l'Ile est Sâint- Hartin-de-Ré, elle est entourée de fortifications élevées par Vaubau, elle possède un port et une rade bien abritée; un peu plus au sud, existe un bon mouillage, celui de la Flotte^ en face de la commune de ce nom ; la ville la plus peuplée de Tlle est Àrs-en-Bé dans la partie située au nord de Tisthme de Martray.
La rade et le port de Saint-Martin sont défendus par les fronts de mer de la citadelle de Saint'Martin et par la batterie de la pointe de Loix au nord de Saint-Martin; cette dernière n'est conservée que provisoirement. La passe entre l'île et le continent, qui fait communiquer le Perluis breton avec le Pertuis d'Anlioche, est battue d'un côté par la batterie du fort de la Prée et par celle des Sablanceaux situées sur l'île et de l'autre par les batteries de Saint-Marc et de Chef-de-Bay construites sur les pointes extrêmes de la terre ferme.
Le Pertuis d*Antioche est compris entre les 1/^5 de Ré et d'Oléron et donne accès dans la rade de Vile d'Aix; son nom lui vient de l'ancienne ville à'Àntioche gui était située sur la côte méridionale de l'île de Ré et qui aurait été engloutie par les eaux de la mer Sauvage^ de même que Monmeillan et Chdtelaillon qui s'élevaient jadis sur la lande de terre qui joignait Vile d'Aix au continent; les restes de cette dernière ville ne furent engloutis, qu'en 1709.
Au fond d'une anse qui s'ouvre entre la pointe de Chef-de-Baie et celle des Minimes^ se trouve la Rochelle. Cette ville qui possède un des meilleurs ports du golfe de Gascogne acquit au moyen âge un haut degré de prospérité et c'est de son port que Jean de Béthencourt partit en 1402 pour aller découvrir les Canaries. La Réforme fit beaucoup de prosélytes dans cette ville qui devint un des centres les plus influents de la nouvelle doctrine et une des places de sûreté des protestants. Au lendemain même de la Saint-Barthélémy, elle eut à soutenir un siège que les catholiques furent forcés de lever après six mois et demi de luttes et une perte de 20,000 hommes. Sous le gouvernement modéré de Henri IV, les haines sa calmèi*ent; mais, quand Louis XIII eut rétabli la religion catholique dans le Béarn, les Rochellois se mirent à la tête d'une révolte générale du parti huguenot. Battus à deux reprises, ils signèrent deux fois des traités; mais, en 1627, encouragés par