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CHAPITRE III. - COTES DE L'OCÉAN ATLANTIQUE

Charente, est le manque de profondeur de la rivière sur plusieurs points en aval : à la traverse de TAvant-Garde, à celle de Soubise et à la barre de Tembouchure de la Charente où il n*y a que 0,60 d'eau à mer basse. En 1864, il a été question de reporter au Vergerou le port et les ateliers de Rochefort pour éviter les deux premiers obstacles; on a aussi parlé de créer un canal à grande section de Rochefort à Tembouchure de la Charente ou du moins au Vergerou, mais ce projet, abandonné au point de vue de la marine mili»aire, ne sera exécuté que si le commerce de Rochefort et de Tonnay-Charente se développe et veut se soustraire aux servitudes que lui impose la traversée du port militaire de Rochefort. Le port de commerce de Rochefort, aussi appelé Cabane carrée, est situé en amont delà ville auprès delà gare du chemin de fer, il possède un double bassin à flot qui peut recevoir les plus grands navires.

Rochefort est le moins important de nos cinq ports militaires; cependant il contient tous les éléments nécessaires h la construction et à la réparation de nombreux vaisseaux, il possède des cales couvertes, des bassins de radoub, de grandes fosses aux mats et aux bois de construction , sou arsenal renferme les mêmes bâtiments que celui de Brest. Au bel hôpital de la marine situé en dehors de la ville est annexée Técole de médecine navale. Quoi qu'il en soit, Rochefort n'est qu un arsenal de construction ; les vaisseaux ancrés au milieu de la Charente y échouent sur la vase à mer basse, ils ne peuvent y recevoir leur armement et doivent être désarmés avant d'entrer dans le port, ces deux opérations se font dans la rade de Tîle d'Aix.

Rochefort n'a pour enceinte qn'un simple mur terrassé àreJansavec quelques mauvais bastions; les nombreuses batteries que nous avons énumérées et celles qui défendent l'entrée de la Gironde rendent un débarquement de l'ennemi dans les environs de Rochefort peu h craindre, c'est pour cela qu'on n'entoure pas la ville de forts détachés qui seraient nécessaires, si on voulait protéger contre un bombardement ou même contre une simple surprise par terre les richesses navales que renferme son arsenal.

Par suite du tracé des voies ferrées, c'est h La Rochelle ou à Rochefort qu'il faudrait réunir les troupes chargées de la défense mobile des côtes que nous venons d'étudier, depuis la Loire jusqu'à la Gii*onde.

Description du pays au sud de la Gironde. — Au sud de la Saintonge, s'étendent les anciennes provinces de Guyenne et de Gascogne, et au terrain crétacé qui produit les bonnes eaux-de-vie de Cognac succèdent les terrains de l'époque tertiaire, les uns recouverts de riches vignobles sur les rives de la Dordogne et de la Garonne, les autres, sables des Landes, encore incultes au sud de la Gironde et jusqu'à l'Adour. C'est à la limite de ces anciennes provinces, sur la Dronneei sur Vlsle, que se fait la séparation de la langue d'Oil et de la langue d'Oc.

Le pays au nord de la Gironde est mamelonné et couvert en partie de sombres bois de pins; certaines parties encore incultes sont de véritables landes, mais les planta-

tioQs de vignes séteûleut de jour en jour. Ces collines qui forment les derniers contreforts du plateau central, viennent souvent se terminer en falaises à pic sur le fleuve, car la Gironde, comme la Garonne dont elle prolonge le cours, ronge sans cesse sa rive droite et abandonne au contraire sa rive gauche où se trouvent des grèves plates et où se déposent les vases.

La Dordogne descend du plateau central, sa source est dans les terrains volcaniques des mo7its Dores; elle traverse d'abord des plateaux élevés et est resserrée entre les roches des terrains primitifs; elle coule ensuite au milieu de terrains d'alluvions, arrose de riches campagnes et est bordée de coteaux couverts de vignobles; ses principaux affluents sont la Vézère qui descend du plateau de Millevache et r/î/c, grossie de la Dronne. La Dordogne vient se réunir à la Garonne au bec cTAmbez et y double presque le volume de sa rivale. La réunion des deux cours d'eau, dont la largeur au confluent est pour chacun d'eux de 1200 mètres, forme le vaste estuaire de la Gironde. La presqu'île comprise entre les deux fleuves avant leur réunion forme le pays désigné sous le nom d'Entre deux-mers et produit d'excellents vins de Bordeaux ; les terres d'alluvionsqui recouvrent le fond des vallées produisent les vins de Palus; les vins de Cotes proviennent des collines de la rive droite de la Garonne et de la Dordogne; les Graves proviennent des coteaux de la rive gauche de la Gamune et les Mèdocs des coteaux peu élevés de la rive gauche de la Gironde.

Nous avons décrit le cours et le bassin de la Garonne *en étudiant la frontière des Pyrénées, nous ne reviendrons donc pas ici sur ce sujet.

Au sud de la Gironde s'étendent sur une immense surface (14,000 kilomètres carrés environ) les landes de Gascogne, qui sont un ancien lit de mer recouvert par les sables de l'époque pliocène et qui ont conservé l'uniformité, presque Thorizontalité, d'une nappe d'eau. L'immense plaine sablonneuse, couverte de pins et de bruyères, s'étend sur presque tout le département des Landes, sui: la moitié de celui de la Gironde et sur une partie du Lot-et-Garonne. L'aspect des landes s'est bien transformé depuis le commencement du siècle, et la lande rase avec son imposaute monotonie a presque partout disparu. Des fossés ont permis aux eaux de s'écouler; le banc d'a/io5, grès compact imperméable qui forme le sous-sol des landes et qui retient les eaux, a été percé sur plusieurs points; le pin maritime dont les racines ne descendent pas profondément dans le sol et par suite ne sont pas gênées par le banc d'alios, a recouvert presque partout la nudité de la lande et remplacé les grands genêts aux fleurs jaunes; la résine qu'on en tire fournit un i*endement assez considérable; aussi la valeur des terres a-t-elle beaucoup augmenté depuis qu'on a trouvé ce moyen de les utiliser. Dans le Maransin, qui est la partie sud des landes, on cultive aussi le chêne liège, et cet arbre y croit fort bien; le Maransin se termine aux collines de Y Armagnac et aux coteaux de la Chalosse qui forment au sud de l'Adour, et même au nord jusqu'à Capbreton où était l'ancienne embouchure du fleuve, l'extrémité des monts sous-pyrénéens.

Les Landes sont traversées par les chemins de fer qui mettent Bordeaux en com-

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