CHAPITRE III. — COTES DE L'OCÉAN ATLANTIQUE
muoication avec Bayonne et avec Tarhes; un embranchement conduit de Bordeaux au Verdon par Pouillac, un autre dessert Arcachon.
Le long de la côte rectiligne de plus de 200 kilomètres de longueur où se terminent les Landes, s'étend une large zone de dunes, jadis mobiles, formant des monticules de sables dont quelques-uns atteignent 80 à 89 mètres de hauteur; ce sont les plus hautes qu on connaisse. Ces dunes étaient jadis fixes et recouvertes de bois comme tendent à le prouver les débris de forets qu'on a retrouvés sur plusieurs points ; après la destruction des bois elles se mirent à marcher sous l'action du vent en refoulant devant elles les nappes d'eau formées par les rivières dont elles barraient le cours. Plusieurs bourgades furent ainsi englouties depuis le moyen Age, soit par les sables, soit par les étangs ; à la tin du siècle dernier, les dunes gagnaient en moyenne de 20 à 25 mètres par an ; des l)ourgades même ont reparu ruinées à l'ouest du cordon de dunes après avoir été à lest, tel est vieux Soulac qui jadis était sur la rive gauche de la Gironde et qui aujourd'hui est devenu une station de bains sur la grande mer. Depuis près d'un siwle et gnlce aux efforts du célèbre ingénieur Brémontier, on a pu de nouveau fixer ces dunes au moyen d'oyats et d'autres plantes rampantes, puis on les a plantées de pins qui les recouvrent tout le long de la côte d'un sombre manteau de verdure. Sur certains points pourtant, le sable trop tenu n'a pu être fixé et le cap Ferrct qui ferme la baie iVAmirhon^ se déplace sans cesse sous l'action du vent.
La fixation des dunes a eu 4'avantage de donner de la stabilité au régime des étangs qui les bordent à l'ouest, et par suite a fait disparaître les fièvres et la pellagre qui décimaient les habitants. On a même pensé à utiliser ces étangs dont beaucoup communiquent déjà entre eux, pour créer en arrière des dunes une voie navigable de la Gironde à l'Adour.
Le bassin (T Arcachon est le seul de ces étangs qui ait une communication directe avec la mer ; quelques-uns s'y déversent par d'étroits canaux au cours tourmenté. Vélang d'Orx, près de Bayonne, a été desséché et rendu h la culture.
Étude des côtes depuis la pointe de la Coubre jusqu'au cap du Fi^ulepf la Gironde, Bordeaux, bassin d* Arcachon, Bayonne. — Le
golfe de Gascogne compris entre les côtes de France et celles d'Espagne est une mer dangereuse, où les tempêtes sont fréquentes et où les rives, surtout celles des Landes, n'offrent que de bien rares abris aux navires en détresse. A Tenlrée du golfe la profondeur est très-grande, 4,000 mètres et plus ; les vagues de fond ont une trèsgrande amplitude; puis elles se brisent avec une grande violence quand elles rencontrent les hauts fonds de la côte. Les courants y sont très-variables et souvent violents. Des changements considérables se produisent constamment dans la partie immergée des rivages ; des ])ancs se sont déplacés, d'autres qui avaient été parfaitement reconnus ont disparu ; ces perturbations dans le fond de la mer ont fait croire à Texistence de phénomènes volcaniques au Tond du golfe. La côU* des Landes est
sans cesse rongée par l'Océan et on est porté à croire qu'elle subit un afEaissement lent. La pointe de Grave a subi de grands déplacements depuis la période moderne et même depuis le commencement du siècle ; les travaux d'endiguement gui ont été entrepris pour la fixer, ont arrêté son mouvement de recul; mais au sud de cette pointe l'ancienne côte qui formait le prolongement de celles de l'île d'Oléron et de la Tremblade a complètement disparu ; le rocher sur lequel est construite la tour de Cordouan s'affaisse peu à peu sous les flots.
L'estuaire extérieur de la Gironde s'ouvre entre la pointe de la Coubre et le vieux Soulac et au milieu se trouve le beau phare de Cordouan qui éclaire les navires à 50 kilomètres; l'entrée de ïestuaire intérieur^ parfaitement limitée entre Royan et la pointe de Grave, a 5 kilomètres de largeur. On ne pénètre dans la Gironde que par des passes comprises entre des bancs de sable qui se déplacent souvent. Le grand banc sur lequel émerge le phare de Cordouan partage l'estuaire en deux; il se prolonge au.nord par le banc de la Mauvaise qui restreint de plus en plus la passe du nord, la meilleure et la plus profonde, car elle a 11 mètres d'eau aux plus basses mers ; au sud, entre le baiic de Cordouan et la côte des Landes, la seconde passe n'a que 7 mètres d'eau à marée basse. En amont se trouvent encore des bancs de sable, puis des îles ; le thalweg est presque partout plus rapproché de la rive gauche que de la rive droite. L'entrée en Gironde présente donc quelque difficulté bien qu'elle soit parmi les entrées fluviales les plus faciles du monde; malgré l'excellent balisage et l'éclairage des passes, la pointe de la Coubres et la barre à V Anglais^ banc de sable qui se trouve un peu à l'est de cette pointe et à l'entrée d'une anse, sont les témoins de fréquents sinistres.
Sur la côte septentrionale, à l'ouest de la barre à l'Anglais, se trouvent plusieurs conches ou plages sans importance, les plus grandes sont celles de Pontaillac et de Royan couvertes de sable fin et fréquentées par les baigneurs. Royan, la ville de bains des Bordelais, ne possède qu'un havre d'échouage et demande la création d'un port où puissent relâcher les navires à destination de Bordeaux. Au sud de la pointe de la Vallièrey qui ferme la plage de Royan, ïanse de Saint- Georges s'étend jusqu'à la pointe de Suzac.
Les défenses fixes de l'entrée de la Gironde comportent trois batteries, deui^sur la rive septentrionale : le fort de Royan et la batterie de Suzac, une sur la pointe méridionale, le fort du Verdon; la largeur de la passe abattre est environ de 5 kilomètres ; ces forts doivent être armés de canons de gros calibre pour remplir leur objet; pendant la dernière guerre contre l'Allemagne ils n'ont guère gêné les croiseurs ennemis et, malgré la supériorité de notre marine, on a vu la corvette VAugusta venir faire des prises jusque dans les passes de la Gironde.
Au sud de la pointe de Grave et le long de la rive gauche, il y a plusieurs bons mouillages où les vaisseaux venant de Bordeaux s'arrêtent par les mauvais
temps avant de prendre la mer. La rade du Verdon entre les Marguerites et le banc de Tallnis a 13 mètres d'eau à marée basse; la rade Richard, un peu plus en