‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 196 sur 288 · CHAPITRE III. - COTES DE LOCËAN ATLANTIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - COTES DE LOCËAN ATLANTIQUE

a même proposé de créer sur ce point un port de refuge ou viendraient s'abriter les navires chassés par les tempêtes de la mer de Biscaye; c'est en effet le point qui parait le plus favorable à cette création.

A la fin du quatorzième siècle, une tempête obstrua la barre et le fleuve, se faisant jour plus au nord, remonta jusqu'à Vieux-Boucan; ce hameau aujourd'hui presque désert au bord d'un estuaire à sec à basse mer, devint momentanément un port considérable qui pouvait encore en 1630 recevoir des vaisseaux de guerre ; pourtant dès 1571 les habitants de Bayonne, aidés par une crue du fleuve, avaient réussi à percer l'isthme de dunes qui sépare leur ville de la mer et avaient ainsi créé un nouveau lit à YAdour, celui qu'elle a encore aujourd'hui. A Tentrée existe une barre dangereuse qui se déplace constamment et qui obstrue quelquefois les passes; pendant la mauvaise saison le passage est impraticable pendant des semaines entières. On exécute depuis longtemps d'importants travaux pour faciliter l'entrée du fleuve. On chercha d'abord au moyen d'une haute digue à rejeter vers le nord le cours du fleuve qui descendait du c^ité de Biarritz. En 1808, on entreprit de réduire la largeur de son embouchure espérant ainsi approfondir et faire disparaître la barre; les résultat^ furent tout autres et ne servirent qu'à rendre la mer encore plus mauvaise sur la barre. On eut ensuite recours aux jetées basses, puis aux jetées à claire-voie; après bien des essais et bien des déboires, on semble aujourd'hui en fondant les jetées sur piliers métalliques être arrivé à des résultats à peu près satisfaisants, c'est-à-dire à maintenir une profondeur moyenne de 5 mètres sur la barre.

Le commerce de Bayonne est depuis longtemps paralysé parla difficulté de la navigation à l'entrée de l'Adour, toutefois il a pris un peu plus d'extension dans ces dernières années, lorsque la guerre civile ravageait les provinces frontières de l'Espagne et empêchait toute communication par la voie de terre ; le mouvement du port a été en 1875 de 1,460 navires jaugeant 165,000 tonneaux. Bayonne, comme nous l'avons vu, est bien fortifié et est le principal boulevard de notre frontière des Pyrénées occidentales; du côté de la mer les obstacles de la barre d'entrée de l'Adour le protègent suffisamment.

Au sud de l'embouchure de l'Adour, il n'y a plus que de petits havres de pêcheurs que leurs belles plages de sable ont surtout rendu célèbres comme stations de bains de mer : Biarrllz^ Guettanj^ Saint- Jean- de -Lu z. Cette dernière ville, située au fond d'une baie de 1,500 mètres de largeur et de 1,000 mètres de profondeur qui s'ouvre entre la pointe de Sainte-Barbe et les jetées de Socoa^ a été jadis un port très-prospère qui avec Ciboure^ sa voisine, armait de nombreux bâtiments pour la pêche de la morue et de la baleine sur les bancs de Terre-Neuve. Par suite de l'aflaissement de la côte, la mer, empiétant sur la terre, a rongé les pointes qui fermaient la baie, en a élargi l'ouverture, a bouleversé la moitié de la ville et a détruit à plusieurs reprises les travaux entrepris pour remédier au mal. Aujourd'hui, on travaille au prolongement de la jetée de Socoa jusqu'au banc sous-marin rfc CArta qui jadis faisait l'office de brise-lames à l'entrée de la baie, mais qui s'est abaissé depuis deux siècles; on

344 LIVRE m. — FRONTIÈRES MARITIMES.

espère ainsi abriter la rade des fortes lames du large. Saint-Jean-de-Luz ne fait plus aucun commerce et ne possède plus que quelques barques de pdche. Dans la haute mer, en avant de la baie, se trouve un large plateau soiis-marin dangereux pour les navires par un fort coup de vent du large, bien que la profondeur soit telle qu'ils n'aient pas crainte de toucher.

Le mouillage de Saint-Jean-de-Luz, qui est destiné lorsque la jetée sera terminée à recevoir les plus gros navires, est défendu par le fort de Socoa, construit par Richelieu en 1640; sur la pointe nord on doit construire une batterie qui du nom de la pointe s'appellera batterie Sainte-Barbe,

Sur les grèves de la rive droite de la Bidassoa, Hendaye^ dernier village français, a repris dans ces derniers temps une grande prospérité grâce au passage des voyageurs et des marchandises, mais Hendaye n'est pas un port de mer; à Tembouchure même de la Bidassoa et à Tabri du cap du Figuier existe un assez bon mouillage,

La côte espagnole, depuis le cap du Figuier, se retourne à l'ouest, elle est formée de caps élevés qui terminent les derniers contreforts de la chaîne pyrénéenne et à l'embouchure des rivières se trouvent des ports où les navires peuvent trouver k s'abriter : le Passage^ Saint-Sébastieriy Gueiaria^ Bilbao^ Santander, etc.

Page 1