FRONTIÈRES MARITIMES. — COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE
Somiiuiire t Aspect général des côtes de la Méditerranée au sud-est de la France. — Étude des côtes du golfe du Lion entre le cap Cerbère et le cap Couronne; Port-Vendres, Cette, Aigues-Mortes, golfe des Saintes-Mariés, golfe de Fos et étang de Berre. — Étude des côtes de Provence du cap Couronne au cap Sicié; Marseille, Cassis, la Ciotat. — Étude des côtes de Provence du cap Sicié au cap Lardier ; Toulon, presqu'île de Gions, iles et rade d'Hyères. — Étude des côtes de Provence du cap Lardier à Tembouchure du Var; golfes de Saint-Tropez, deFréjus et de la Napoule,*îles de Lerins et golfe Jouan, Anlibes. — Côtes du comté de Nice du Var à Tembouchure de la Roya; Nice, Villefranche, Monaco, Menton. — lie de Corse; description générale, Saint-Florent, Bastia, Ajaccio. — Résumé général des défenses de terre et de mer de la France.
Aspect général des côtes de la Méditerranée an snd-est de la France. — Nous avons décrit, en nous occupant de la frontière des Alpes et de celle des Pyrénées, la Provence et le Roussillon ; nous décrirons le Languedoc en étudiant le plateau central de la France ; pour le moment nous nous en tiendrons à la description des côtes de la Méditerranée.
La Méditerranée offre un aspect tout autre que TOcéan Atlantique; les marées y sont insensibles, c est-à-dire que, sur les côtes de France, elles ne produisent qu'un changement de niveau de 0*^,30 au plus en sorte que dans les ports il n'est pas besoin de bassins à Ilot, il suffît de créer des quais dans des endroits bien abrités où la profondeur d'eau est suffîsante. Les vents régnants le plus habituellement sur la côte de France sont : le mistral qui vient du nord-est, il est très-violent, très-froid, mais peu dangereux pour les navires parce qu il ne les pousse pas à la côte et qu'il rend rarement la mer très-grosse; 2^ les vents du sud-est^ très-redoutables parce qu'ils rendent la mer très-mauvaise et parce qu'ils poussent les navires qui se laissent surprendre vers la côte basse du golfe du Lion où il n'y a ni abri, ni refuge.
Le Rhône, la grande artère du sud-est de la France, vient aboutir vers le milieu de la côte française de la Méditerranée et, des deux côtés de son embouchure, les côtes présentent un contraste frappant. A Touest, la côte très-régulière et peu découpée dessine un immense rentrant, elle est basse et formée de longues plages de sable siliceux. A Test au contraire la côte est saillante, très-déchiquetée, formée de promontoires très-marqués et de falaises à pic; les anses sont nombreuses, profondes
et bien abritées. D'un côté il n'y a pas de ports naturels et toute la vie de la contrée s'est portée vers l'intérieur, les grandes villes : Perpignan, Béziers, Montpellier^ Nimes^ ne sont pas sur la mer ; de l'autre au contraire les ports sont nombreux et florissants, toute la vie de la Provence s'est concentrée vers le rivage et c'est là que se trouvent ses grandes villes : Marseille et Toulon, ou ses belles stations d'hiver : Hyeres, Cannes, Nice et Menton.
Au point de vue de la défense, on n'a presque rien à protéger et presque rien à craindre dans le golfe du Lion, tandis que les batteries de côte sont très-nombreuses sur les côtes de Provence pour y défendre les excellents mouillages ou les magnifiques ports qu'on y trouve. Du reste la défense des côtes de la Méditerranée se rattache par ses deux extrémités aux offensives des Pyrénées et des Alpes, qui, pouvant donner lieu à des agressions bien plus dangereuses que celles qui résulteraient d'expéditions maritimes, ont déjà fixé tout particulièrement notre attention. La partie centrale, au fond du golfe du Lion, est la seule qui puisse être l'objet d'une attaque isolée, et nous allons voir qu'il n'existe guère de frontière mieux défendue par la nature que celle-là.
Étude des côtes du g^olfe du Liion entre le cap Cerbère et le cap Couronne; Port-Tendres, Cette, Aig^ues-lllortes, golfe des Saintes- Maries, golfe de Fos et étang de Berre. — La côte de Catalogne est généralement élevée et présente des anses dont plusieurs sont bien abritées. Au sud du cap de Creus, le golfe de Rosas est bordé de plages de sable avec des fonds de 10 à 20 mètres, la partie septentrionale où se trouve le port de Rosas, est bien protégée par les collines qui forment l'extrémité de li chaîne de San Pedro de Roda. Plus près du cap de Crcus, se trouve le poiH de Cadaquès; enfin, au nord-ouest du même cap, le port de Sanla-Cruz de la Selva est parfaitement situé au fond d'une baie profonde qui s'ouvre au nord et où le mouillage est bon.
Le cap Cerbère qui termine la chaîne des Albères, marque la limite de la France et de l'Espagne; au nord, la côte est découpée et hérissée de promontoires qui forment l'extrémité de cette même chaîne. Entre le cap Cerbère et le cap Béar les anses sont ouvertes à l'est et on ne trouve que le petit port de Banyuls-sur-mer, célèbre par les vins de ses coteaux, par sa belle plage et par la douceur de son climat, mais il n'a que quelques barques de pêche et ne reçoit que quelques caboteurs.
Au nord du cap Béar, Port-Vendres, l'ancien port de Vénus, situé au fond d*une baie étroite et bien abritée est un point de relâche excellent pour les navires surpris par la tempête. Les plus grands bâtiments peuvent y entrer, car la profondeur de la passe est de 19 mètres; la rade intérieure, protégée par une digue qui s'appuie sur de petits îlots, a 12 mètres de fond environ; enfin le port vieux ou port marchand a 4 à 5 mètres de profondeur et le long bassin du port neuf ou port militaire est dragué à 8 ou 9 mètres. Comme port de commerce, Port-Vendres n'a pas grande importance parce qu'il n'est pas situé au débouché d'un grand bassin ou d'une riche