CHAPITRE IV. - COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE
d*Agde situé à 4 kilomètres de la mer. Cette ville fort antique au centre d'une plaine fertile possède quelques tartaues de pêche et reçoit quelques navires di» cabotage, malgré la difficulté de rentrée de son port. Au sud-est entre la mer et la ville s'élève un ancien volcan couronné de cinq cônes dont le plus élevé, le pir Saiîit-Loup, atteint 115 mètres au-dessus de la mer et porte un phare de première grandeur. Au sud, une coulée de lave suit les pentes de la montagne d'Agde el forme sur la mer le cap d'Agde en avant duquel se trouve la petite île volcanique de BrescoQ. Richelieu avait voulu créer à Tabri du cap d'Agde et de Tile de Brescou un port de refuge et avait fait commencer la construction d'un môle d'abri entre le continent et l'île; mais ces travaux furent abandonnés après la mort du cardinal et les sables ont rempli en partie la baie à l'ouest de la digue. La batterie du grau d'Agde et le fort Brescou, dont les batteries étaient creusées dans le roc, viennent d'être déclassés.
Entre le cap d'Agde et le cap de Cette^ s'étend une longue plage régulière qui sépare l'étang de Thau de la mer. Cet étang forme une véritable mer intérieure de 7,500 hectares, il est bordé à l'est par les montagnes de la Gardiole qui dominent la plage de Frontignan, et il ne reçoit pas d'alluvions en sorte qu'on y trouve des fonds de 8 à 10 mètres.
Le canal du midi débouche à son extrémité occidentale entre deux belles jetées; sur la plage entre Tétang et la mer s étendent de vastes salines. Mèze et Marsnllan sont les deux principaux ports de l'étang de Thau et sont au point de vue commercial des annexes de Cette.
Le cordon de plages de l'étang de Thau est coupé en deux parties par la montagne de Cettc^ hauteur isolée de 180 mètres d'élévation. A l'est de cette montagne et du cap qu'elle projette dans la mer se trouve le port de Cette qui doit sa création et sa prospérité à ce qu'il a été choisi par Ricquet pour le débouché du canal du midi.
En 1710, les Anglais qui avaient combiné, comme nous l'avons vu, une descente sur les côtes de Languedoc en même temps que les Austro-Sardes pénétraient en France par la vallée de la Durance, s'emparèrent de Cette par surprise; mais le maréchal de Noailles leur reprit les forts et la ville cinq jours après. En 1809, une de nos flottes^ poursuivie par une escadre anglaise, trouva un abri dans le port de Cette.
Le port de Cette se compose de plusieurs bassins mis en communication par des canaux maritimes de grande section ; il communique avec l'étang de Thau et par suite avec le canal du midi par un grau écluse; le canal de la Peyrade qui est un embranchement du canal des étangs vient y déboucher dans Tancienne darse. 11 est couvert du côté de la mer à l'ouest par le mole Saint-Louis, jetée de 600 mètres de long, et à Test par lai jetée de Frontign<in longue de 500 mètres; de plus pour empêcher le port de s'ensabler et, pour rendre le mouillage meilleur, on a construit en avant de ses tnôles une digue ou brise-lames curviligne de 500 mètres de longueur. Malgré ces travaux les passes s'ensablent et exigent chaque année un curage coûteux. La profon-
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deur normale de la rade est de 7 mètres, les bassins ont 27 hectares de superficie et de 5 à 6 mètres de profondeur. Cette est une Tille d'industrie en même temps qu'une ville de commerce; elle fabrique des vins de toutes sortes, construit des navires et possède de nombreuses sécheries de morue. Son commerce qui s'exerce, à l'entrée, sur les bqis, les blés, les denrées coloniales, les morues, et, à la sortie, sur les sels de ses étangs, les vins, etc., produit un mouvement total de près de 600,000 tonneaux par an.
Cette était jusqu'à ces dernières années défendue par de§ batteries établies sur les musoirs de ses môles et sur les pentes de sa montagne; on vient d'en déclasser plusieurs, on n'a conservé que le fort Richelieu qui domine la ville et la rade et le fort Saint'Pierre situé un peu plus bas à l'entrée du môle Saint-Louis, toutefois ce dernier sera abandonné quand le réduit Saint -Clair qu'on doit construire au sommet de la montagne sera achevé.
De Cette à V embouchure du Pctil^nhone, le rivage toujours plat forme une étroite bande de sables entre les étangs de Vie, de rArnel, de Perols, de Mauguio^ du Repausset et la mer, il se recourbe à son extrémité pour former le golfe d' Algues-Mortes,
Le canal des Étangs dragué à 1,50 au milieu des étangs permet aux bâtiments de rivière de suivre la ligne du rivage depuis Cette jusqu'à Aigues-Mortes. Les cours d'eau qui débouchent sur cette côte sont le Les et la Vidourle ; le premier qui passe à Montpellier traverse les étangs au-dessus d'une chaussée d'alluvions qu'il a formée, mais son embouchure au gi'au de Palavas est encombrée de sables, il ne s'y trouve qu'une plage de bains et pas de port ; le second, célèbre par ses crues subites et terribles, a rempli partiellement l'étang du Repausset où il se jette par un lit canalisé.
La rade d'Aigues-Hortes est abritée des vents du sud-est par la pointe de l'Espiguette, mais n'offre aux navires poussés par la tempête qu'un refuge assez précaire. Contrairement à ce qu'on croit généralement, ce rivage ne s'est pas déplacé depuis des siècles et il est aujourd'hui prouvé que ce n'est pas à Aigues-Mortes même, distante de 6 kilomètres de la mer, que Saint-Louis s'embarqua pour ses deux croisades; ses vaisseaux étaient mouillés au fond du golfe à l'abri d'un banc de roches calcaires et au débouché du canal comblé aujourd'hui qui mettait Aigues- Mortes eu communication avec la mer. Le chenal actuel qui débouche au grau du Roi a été creusé sous Louis XV. Malgré les avantages de sa situation, au point de croisement de quatre canaux et à proximité de la grande cité de Nîmes, l'antique ville d'Aigues-Mortes est bien déchue de son ancienne grandeur et son port ne reçoit plus que des bateaux de pêche ou quelques navires de cabotage qui viennent y chercher le sel des marais voisins.
Au cap de TEspiguette et même au canal du grau du Roi, commence le delta dii Rhône, qui s'étend jusqu'à la plaine de la Crau. La côte est basse et bordée de petites dunes de sable, en arrière se ti*ouvent des marais, des étangs, des landes humides, des steppes. Les deux bras principaux du Rhône, le petit Rhône et le grand Rhéne^