‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 200 sur 288 · DIAPITRE IV. — COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE · texte numérisé non relu

DIAPITRE IV. — COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE

embrassent ïîU de la Camargue elle grand étang deVaccarès; ils sont endigués depuis Arles, peut-être à tort, car ces digues empêchent les alluvions apportées par le fleuve dans les grandes crues de se répandre sur Tlle à peine formée de la Camargue et de combler ses marais; cette lie est également séparée de la mer par une digue.

Entre les marais salants d'Aigues-Mortes et le petit Rhône, plusieurs dérivations du fleuve, le Bhâne mort, le Rhône vif, viennent aboutir soit dans les élangs, soit à la mer. La petite Camargue est comprise entre le canal de Silvcréal et le petit Rhône, il y existe une grande foret, celle de la Pinède.

Entre le grau d'Orgon où se termine le petit Rhône eildi pointe de sable de Beauduc s'ouvre le golfe des Saintes-Haries du nom du petit port de pécheurs et de douaniers qui se trouve sur la côte septentrionale; dans la partie orientale du golfe se trouve le mouillage de Beauduc où les navires ont de 9 à 11 mètres de fond.

A Test des marais do Beauduc débouche le i^ieux Rhône; la côte sablonneuse qui s'étend ensuite jusqu'au grau de Peygoulier, embouchure du grand Rhône^ est celle de l'île du Plan du Bourg ; cotte île est comprise entre le bras dit cariai du Japon et le grand bras du llouve; le grand plan du Bourg se trouve sur la rive gauche de ce dernier et s'étend jusqu'au canal d'Arles au port de Bouc. Tout ce littoral des bouches du Rhône a beaucoup varié depuis la période géologique actuelle et môme varie constamment par suite des alluvions apportées par le Rhône. La grande Ijouche du Rhône a gagné plus de 20 kilomètres depuis l'époque romaine; elle s'avance aujourd'hui de 57 mètres environ par an; au fond du golfe des Saintes- Mariés, c'est au contraire la mer qui gagne sur la terre. Les alluvions apportées par le fleuve se déposent devant les bouches et contribuent à exhausser les barres qui s'y trouvent et qui gênent tant la navigation. Sur labarre du grand Rhône il n'y a que 3 mètres 50 et même quelquefois seulement 2 mètres d*eau. C'est pour éviter cette barre dangereuse qu'on vient de construire un canal de grande navigation entre la Tour Saint'Louis et Yanse du Repos dans la partie occidentale du golfe de Fos. Ce canal a 60 mètres de largeur et de 6 à 7 mètres de profondeur ; il est destiné à permettre aux gros navires d'atteindre les grands bassins qu'on a établis auprès delà tour Saint- Louis d'où les marchandises pourront ensuite être chargées, soit sur les wagons si on construit un chemin de fer pour desservir ce nouveau port, soit sur des bateaux ne calant pas plus de 3 mètres qui les remonteront jusqu'au port d'Arles. Lorsque la navigation intérieure sera améliorée les chalands pourront être remorqués sans décharge de Marseille à Paris ou même au Havre par ce canal et par les canaux intérieurs.

A l'est des Ijouches du Rhône, la côte dessine une profonde concavité qui embrasse le golfe de Fos, où il existe deux mouillages celui de Fos à l'ouest, à l'entrée de Yanse du Repos, et celui d'Aigues-Douces au nord-est, auprès des villages de Bouc et de la Lègue»

Le rivage du golfe est d'abord bas et l)ordé de (heys ou îles d'alluvions et de ma-

rais, comme celui de la Camargue, mais à Test il change d'aspect, les dernières collines des montagnes de la Provence viennent y mourir. Les étangs qu'on trouve au milieu de ces collines ne forment plus des nappes d'eau au contour vague et changean t comme celles que nous avons rencontrées tout le long de la côte du golfe du Lion , ils ont leur forme définitive et appartiennent au relief de la contrée. Les étangs de CEstomaCj de Lavalduc et (fEngrenier dont les eaux fournissent du sel en abondance, n*ont pas de communication directe avec la mer; les deux derniers sont même à un niveau inférieur à celui de la Méditerranée. L'étang de Barre forme un magnifique golfe de 20 kilomètres de profondeur; il communique avec la mer par les canaux de Martigues^ par l'étang de la Garante et par le port de Bouc; il renferme une étendue de 6000 hectares d'excellent mouillage avec des fonds de 9 à 10 mètres. On aurait donc pu y créer un magnifique port de refuge où nos flottes, nos navires de commercé auraient été à l'abri de toute attaque et de tout bombardement; il eut fallu pour cela creuser à une profondeur suffisaute le canal maritime de Bouc à Martigues et enlever les roches qui se trouvent en avant du port de Bouc; Y étang de Caronte n'a pas plus d'un mètre de profondeur et les passes qui le relient au port de Bouc seraient comblées par les alluvions si elles n'étaient entretenues à un mètre de profondeur par les riverains. Sur la cote septentrionale de Tétang de Berre se trouve SaintrChamas qui possède une grande poudrerie. Un canal navigable creusé par ordre de Napoléon I** relie Arles au port de Bouc^ mais il ne peut donner passage qu'à des navires d'un faible tonnage. Le golfe de Fos est fermé au sud-est par la pointe Riche ou cap Couronne.

La batterie des Léques au nord de l'entrée du port de Bouc et le fort de Bouc au sud du chenal sont conservés provisoirement.

Étude des côtes de Provence du cap Couronne au cap Siciéi Marseille, Cassis, la Ciotat. — Entre le cap Couronne et le cap Croi^ette s*ouvre la vaste baie de Marseille au fond de laquelle se trouve la grande cité provençale et le premier port de commerce de la France. La côte est rocheuse, découpée, dominée par des hauteurs qui sont les derniers contreforts des chaînes des Bouches-du-Rhône ; dans la partie nord il n'y a pas de plage de débarquement, mais seulement de petits ports naturels : le port de Carri, le port de Gignac, le port de Mejean, le port de Niolan, le port de Figuerolle; la côte orientale est moins escarpée et forme deux plages au nord et au sud du port de Marseille. Au sud de la ville, le groupe isolé de hauteurs que domine la chapelle de Notre-Dame de la Garde, formç une saillie assez prononcée dans la baie et se termine à la pointe d'Endoume; ces collines se prolongent en pleine mer par les îles d'Endoume et le rocher de la tour Ganouvier qu'on a le projet de relier ensemble par un môle qui protégera l'anse des Catalans; plus au large se trouvent l'île du château d'If, Tile Ratonneau et l'Ile Pomégues, ces deux dernières sont reliées ensemble par une digue qui abrite le pori du Friouloù les navires, arrivant des contrées infestées par des maladies épidémiques, purgent leur quarantaine.

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