CHAPITRE IV. - COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE
En ayant du cap Croisette se dresse Yile Maire^ puis à une assez grande distance Xilot du Planter où on a construit un phare qui éclaire l'entrée du golfe.
Les profondeurs au nord des îles de Pomègues et du Ratonneau atteignent 70 à 80 mètres et au sud 30 à 50 mètres. La rade de Marseille se trouve au nord des lies et à l'ouvert du port; la rade d'Endoume est au sud de la pointe et de l'île de ce nom ; les vaisseaux mouillent entre la plage de Mont-Redon et Cîle de Pomègues.
Marseille, l'antique cité phocéenne, dont la population atteint 313,000 habitants, est resserrée entre les montagnes et la mer, et par suite n*a jamais dominé une vaste contrée, ni joué un grand rôle politique ; toute son extension s est faite vers la mer et elle est devenue la grande ville de commerce du bassin méditerranéen. Elle a presque le monopole des relations de la France avec le Levant, TÉgypte, l'Algérie et les Etats du sud de l'Europe, l'Espagne, l'Italie, TAutriche, la Grèce, la Turquie, la Russie; elle est sur la grande route des Indes et de l'Orient par l'isthme de Suez; elle fait aussi un commerce très-suivi avec l'Angleterre. Elle possède d'importantes usines métallurgiques qui utilisent le minerai d'Algérie; l'une des principales branches de son industrie est celle des savons; elle ne construit plus de navires, c'est à la Ciotat, à la Seyne et dans les immenses chantiers de la rivière de Gènes qu'on construit des navires pour Mai-seille. Son port est la tête de ligne de plusieurs services de messageries qui mettent la France en communication avec les principaux ports de la Méditerranée, il y existe aussi des services réguliers pour l'Inde et la Chine.
Le mouvement maritime, très-variable suivant les années par suite de l'importation plus ou moins grande des blés suivant l'état de nos récoltes, a été en 1875, à l'entrée et à la sortie, de 17,500 navires jaugeant plus de 5 millions de tonnes; la valeur des produits importés ou exportés a été de deux milliards environ.
Vancien j)ort de Marseille ou vieux port qui s'ouvre entre le fort Saint-Nicolas et le fort Saint- Jean et qui a une superficie de 28 hectares, est devenu insuffisant par suite du développement qu'a pris le commerce; en 1853 on a commencé la construction d'une longue série de ports extérieurs le long de la baie au nord du fort Saint- Jean; ce sont le port de la Jolietlc^ le port du Lazaret^ le port d'Arenc^ la gare maritime et le bassin national d'une superficie totale de 84 hectares. On doit prolonger ces bassins jusqu'au cap Pinède et môme jusqu'au cap Janel et y construire des formes de radoub; de plus, pour suppléer au manque d'avant-port suffisamment spacieux, on a le projet de créer à 1 ,300 mètres environ en avant du port de la Joliette un brise-lames de 2,800 mètres de long s'élcvant sur des fonds de 35 mètres. Lorsque ces grands travaux seront terminés, Marseille aura une étendue de quais et des ports abrités eu rapport avec les exigences de son commerce et sera l'un des trois ou quatre plus grands ports du monde.
Les batteries qui défendent les rades, les mouillages et le port sont très- nombreuses et vont être remaniées ou reconstruites comme beaucoup de celles de nos côtes. Sur la côte septentrionale du golfe les trois batteries de Niolan^ de la Corbière et du cap Janet doivent être construites complètement h neuf, l'ancienne batterie du cap Niolan
sera conservée jusqu'à rachèvement des batteries projetées. L'entrée du port et la rade de Marseille sont protégées par la batterie du cap Pinèdey les batteries de la Juliette, et le fort Saint'Jean qui seront déclassés quand les travaux des ports et du briselames seront terminés, puis par le fort Saint-Nicolas que Louis XIV fit construire d'après les plans de Vauban, par la batterie du Pharo et par celle de la pointe d*Endoume qui sont conservées. De plus dans les îles se trouvent plusieurs ouvrages : la batterie du cap MangCy le fort Ratonneau^ les batteries du cap de Bouc et du cap de Croix dans l'île Ratonneau, ces deux dernières seront déclassées plus tard; le fort Pomègues et la batterie projetée du cap Caveaux dans Tîle Pomègues ; enfin le château d'If qui ne sera pas conservé.
Au sud de Tlle d*£ndoume, les deux batteries du Roucas-Blanc et de Mont-Redon battent les mouillages et la plage de Mont-Redon ; cette dernière sera déclassée, la batterie de Roucas-Blanc sera reconstruite plus haut et enfin on établira une nouvelle batterie sur le sommet du Mont-Rose k l'extrémité méridionale de la plage et précisément au point où débouche le canal de Marseille.
Malgré tous les ouvrages ique nous venons d'énumérer, Marseille n*est pas à l'abri d'un bombardement qui ruinerait la ville, ses immenses docks et les navires contenus dans les ports; toutes ces batteries ne remédient qu'en partie à l'inconvénient pour la ville, au point de vue de la défense, d'être située directement sur la pleine mer.
A l'est du cap Croise tte^ la côte est bordée de montagnes rocheuses, de 400 à 500 mètres et est inabordable jusqu'à la baie au fond de laquelle se trouve le petit port de Cassis, connu pour ses vins ; il est protégé par un môle et renferme un petit bassin de 3 hectares et demi de superficie; les batteries qui le défendaient ont été déclassées. Une belle source d'eau douce jaillit au milieu de la mer à travers les rochers qui bordent l'entrée du port; le même phénomène se reproduit sur plusieurs points de cette côte à la Ciotat, à Saint-Nazaire, à Cannes, à Nice; ces eaux sous-marines proviennent sans doute des embues ou gouffres de la Provence. Une de ces sources très-abondante existe aussi à l'entrée du Port-Mihou^ port naturel situé sur la rive occidentale de la baie de Cassis ; les navires les plus gros y trouvent un mouillage parfaitement abrité.
La côte orientale de la baie de Cassis et celle qui la prolonge du cap Canaille au bec de V Aigle sont les plus élevées de la Provence, elles forment de hautes falaises de rochers qui plongent profondément dans la mer.
La baie de Ciotat s'ouvre entre le bec de V Aigle et la pointe Fauconnière ; dans la paftio occidentale de cette baie se trouvent deux rades situées à la suite Tune de l'autre : la rade de la Ciotat^ au nord de l'Ile verte et en avant du port, et la rade de Céreste qui prolonge une côte basse et bien cultivée. Ces deux rades offrent un bon abri contre le mistral par suite de l'élévation des hauteurs qui dominent le port à l'ouest.
Le port de la Ciotat est bien abrité par le bec de l'Aigle, et couvert par une