CHAPITRE IV. - COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE
longue jetée, il ne fait toutefois qu'un commerce ixisiguiflant, il n'a d'importance que par les immenses chantiers de construction qu'y possède la compagnie des Messageries maritimes. Les quatre batteries qui défendaient le port de la Ciotat el les deux rades viennent d*étre supprimées. Le chemin de fer longe la baie et permettra d'amener rapidement des troupes de Marseille ou de Toulon aussitôt que Teunemi sera signalé.
Entre la pointe du DelTend qui ferme au sud-est la baie de la Ciotat et le haut cap de Sicié, on trouve encore deux profondes anfractuosités du rivage : 1* la baie de Bandol qui possède une petite rade bien abritée au nord-est de YUe de Bandol et un petit port sans profondeur, celui de Bandol; 2'' la baie de Saint-Nazaire divisée en deux parties par la pointe Nègre; au fond de la première anse le petit port de Saint-Nazaire, protégé par deux moles, fait un commerce de cat)otage assez important et où on pèche une grande quantité de thons comme sur toute cette côte; à Test de la seconde anse, entre la cote et YUe des Embiers^^ la belle rade de Brusc est Tun des points de relâche los plus précieux de la côte de Provence à cause de la facilité de son accès et de la sûreté de son mouillage parfaitement abrité de presque tous les vents.
Le voisinage de Toulon donne à la baie de Saint-Nazaire une très-grande importance; en 1707, Saint-Nazaire i-ésista avec succès à une flotte Anglo-Sarde; aujourd'hui cette baie est défendue par les deux batteries de la Crideei du cap Nègre qui sont conservées jusqu'à complet achèvement et armement du fort de Six-Fours qui fait partie de Tenceinte extérieure de Toulon et qui domine toute la baie de Saint-Na/.aire.
Étude des eôte» de Provence du cap Sicié au cap Lardier $ Toulon, presqu'île de Giens, îles et rade d^Hyères. — Les escarpements des côtes de Provence étudiées jusqu'ici sont taillés dans les calcaires, dans les terrains crétacés ou jurassiques, mais au cap Sicié on voit déjà apparaître le granit et cette roche va maintenant dominer dans toute la partie proéminante qui forme Textrémité méridionale de la montagne des Maures; de l'autre côté de l'Argens au nord de Fréjus nous verrons apparaître les porphyres et les grès bigarrés. Cette côte du cap Sicié à Antibes est remarquable entre toutes par son aspect sauvage, ses sombres ravins, ses rochers abrupts, ses beaux promontoires et ses escarpements d*un rouge sombre recouverts de pins d'Alep et de pins maritimes.
A Vest du cap Sicié, la côte s'iniléchit pour former Tanse des Sablettes où les navires peuvent mouiller à Tabri du mistral et qui n'est séparée de la rade du Lazaret et de la grande rade de Toulon (jne par une étroite plage de sable ; cet isthme sépare du continent la presqu'île dn Sablettes ou presqu'île Cépet.
Entre le cap Cépet et la pointe de Querquerane s'ouvi*e la belle rade de Toulon, immense golfe parfaitement garanti des tempêtes, où l'Etat a établi notre grand établissement de marine militaire de la Méditerranée. La rade, comme nous l'avons
déjà dit, en nous occupant de la frontière des Alpes-Maritimes se décompose en deux parties : 1* la grande rade séparée de la mer par la presqu'île des Sabletus d'un côté et par les hauteurs du col Nègre de l'autre et comprenant elle-même : un mouillage à rentrée du creux Saint-Georges, la rade du Lazaret au nord des Sablettes, la rade des Vignettes au pied des hauteurs de la Malgue, entre le cap Brun et la pointe Pipady ; 2* la petite rade s'ouvrant entre la Grosse-Tour et la pointe de rAiguillettey abritée par tout le massif presqu'insulaire du cap Sicié et comprenant la rade de l'Aiguillette et la baie de la Seyne dans la partie occidentale; la profondeur y est de 10 à 15 mètres.
Les rivages de la petite rade au nord et à Test sont entièrement occupés par les bassins, les chantiers, les magasins de la marine de l'État; au fond de la baie occidentale se trouve la Seyne, centre de l'industrie important, peuplé de plus de 10,000 habitants et où la Société des forges et chantiers de la Méditerranée a établi ses immenses chantiers de constructions navales qui fournissent des navires au corn* merce, aux messageries et à l'État.
Toulon au fond de la baie orientale est une ville de 70,000 habitants, mais elle ne fait qu'un commerce insignifiant et n'a pas d'industrie, elle ne vit que par l'arsenal et par la marine de guerre. L'origine de Toulon est fort ancienne et elle devint un port de guerre dès le règne de Henri IV; Vauban y creusa la darse neuve et mit la ville en état de résister en 1707 à une attaque par terre et par mer des coalisés. Depuis le commencement du siècle de grands travaux ont été faits à Toulon ; de nouveaux bassins, des ateliers, des forges, des casernes, des établissements de tous genres y ont été construits. La darse vieille devant les quais de la ville est affectée pour les deux tiers à la marine marchande et le reste à la marine de TÉtat ; en outre, on a créé à Test de la ville et en avant du faubourg de la Rode im nouveau port marchand. La darse neuve est entourée de toutes les constructions de Tarsenal maritime; à l'ouest se trouvent le nouvel arsenal de Castigneau avec ses bassins de radoub, ses ateliers de machinerie, ses établissements de subsistances, puis la grande darse de Missiessy et les fosses d'immersion de Lagoubran au pied des pentes du fort Malboâsquet. Sur la côte orientale de la rade s'étend l'arsenal du Hourillon avec ses fosses d'immersion et ses nombreuses cales de construction. Sur la côte septentrionale de la presqu'île des Sablettes, dans la grande rade, existent encore deux grands établissements appartenant à la marine, le lazaret réservé aux passagers des navires en quarantaine et le bel hôpital Saint-Mandrier qui est une dépendance de l'hôpital de la marine de Toulon.
Pour défendre la rade et les abords du port militaire de Toulon, on a dû construire un grand nombre de batteries sur tous les promontoires du rivage. Pour battre le mouillage des Sablettes et défendre la côte sud de la presqu'île de ce nom, on doit construire deux nouvelles batteries^ celles de Pierredon et de Peyras; on possède déjà la batterie Saint-Elme, le fort Saint-Elme, la batterie des Coudoulières, conservée provisoirement seulement, et la batterie du cap Cepet, Sur la côte nord de