CHAPITRE IV. — COTES DE LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE
la même presqu'île, pour défendre la grande rade on a ou on aura plusieurs ouvrages : la batterie du Gros-Baii (à construire), la batterie sud-est de la Carraque (à construire), la batterie de la Carraque, le fort de la Croix-des-Signaux et la batterie du iMzaret (à construire). Sur les contreforts de la colline que couronne le fort Napoléon, point d'attaque choisi par Bonaparte en 1793, les batteries Napoléon battent la rade du Lazaret et la grande rade, la batterie de l'Aiguillrtie défend l'entrée de la petite rade. En avant de la darse de Castigneau, la batterie de Castigneaxi bat la petite rade; puis la batterie de la Grosse-Tour défend rentrée de la petite rade et croise ses feux avec celle de l'Aiguillette. La batterie du fort la Malyue, la batterie de la basse }falgue (à construire), la batterie de la croupe la Malgue, la batterie basse du cap Brun et la batterie haute du cap Brun (à construire) sont destinées à battre la rade des Vignettes au noixl de la grande rade. Enfin la batterie Sainte -Marguei^ite et celle de Querquerane défendent l'entrée de la grande rade; au-dessus de cette dernière on construit en ce moment un fort au Col-Nègre qui est surtout destiné à protéger Toulon à Test contre les attaques par terre, mais ijui dominera aussi les abords de la grande rade et du golfe de Giens.
 Test de la rade de Toulon, la presqu*ile de Giens forme une saillie à peine rattachée à la terre par Yétang et les salins des Pasquiers. A l'abri de la poin!.e occidentale de cette presqu'île, la rade de Giens offre un excellent abri aux navires contre tous les vents excepté contre ceux du nord-ouest. A l'est de la presqu'île, à l'abri des îles d'Hyeres et jusqu'au cap Bénat, la rade d'Hyères forme une magnifique nappe d'eau toujours calme de 18 kilomètres de longueur sur II de largeur. Elle est une dépendance du grand établissemcMil maritime de Toulon, car elle sert de rendez-vous aux escadres d'évolutions de la Méditerranée, de champ d'exercice aux canouniers de la flotte, de point de départ et de ralliement aux grandes expéditions maritimes. La largeur des passes et la difficulté de les «léfendre ont empêché d'y établir des arsenaux maritimes. La facilité de l'entrée, l'étendue du mouillage hors de portée des batteries de terre peuvent même faire de la rade d'Hyeres la base des opérations dirigées par l'ennemi contre Toulon En 1707, la flotte Anglo-Hollandaise y a débarqué tout l'équipage desiégedes Impériaux; en 1793 les Anglais y ont mouillé avant, pendant et après le siège de Toulon. Cinq passes donnent accès dans la rade : la petite passe entre la presqu'île de Giens et l'île de Porquerolles. la grande passe entre PorqueroUes et l'Ile de Bagaud, la passe du sud -ouest entre l'île de Bagaud et celle de Port-Gros, la passe des Grottes entre Port-Cros et l'île du Levant, enfin la passe entre nie du Levant et le cap Bènat. Gette dernière et la grande passe n'ont pas moins de 8 kilomètres de large. La profondeur de la rade atteint î5 mètres sur plusieurs points, elle est en partie abritée de tous les vents par les îles et le continent. On peut y mouiller partout, cependant il existe dans le grand espace qu'elle embrasse, plusieurs mouillages auxquels on donne la préférence à raison de la tenue des ancres et de l'abri qu'on y trouve. Tels sont le mouillage des Vaisseaux et le mouillage des Salines au fond de la baie, près du village des Salines et de l'étang de Faubrégas ; la
rade de la Badine située au nord-est du cap Esterel, extrémité orientale de la presqu'île de Giens, le mouillage du Pradeau au sud du cap Esterel, la rade de Porquerolles sur la côte nord de l'île de ce nom, enfin la rade de Port-Cros.
Les lies d'Hyères, au nombre de trois principales, ne sont que des rochers à peine peuplés; elles sont plus boisées que cultivées; la plus accidentée est celle de Port'Cros^ son point culminant atteint 197 mètres. Elles étaient jadis défendues par un très-grand nombre de batteries, la plupart déclassées aujourd'hui. On a conservé provisoirement les trois batteries qui défendent la rade de Porquerolles, ce sont celles du Bon-Renaud, du Lion et de Lequin; on doit en construire une nouvelle, dite de Repentance, sur une colline de la côte occidentale de la même île. Dans Tile Port- Cros on a maintenu les deux batteries de la Vigie (184 mètres au-dessus du niveau de la mer), sur la côte sud, et de l'Eminence (131 mètres) vers le nord.
Les autres défenses de la rade d'Hyères sont sur le continent. Vers le milieu de la presqu*ile^de Giens, on doit construire un fort sur une hauteur de 60 mètres qui domine la rade de Giens, celle de la Badine et la cote méridionale de la presqu'île; à la pointe orientale se lit)uve la batterie de C Esterel qui bat les deux rades du Pradeau et de la Badine. Â l'autre extrémité de la rade, sur la côte nord-est qui est assez escarpée et qui dessine plusieurs promontoires, on maintient trois ouvrages : la batterie de VArgcntierc (à construire), la batterie de Leoube et le fort Bregançon.
A l'est de la presqu'île élevée qui se termine au cap Bénaty se trouve la rade des Bormes, au foud de laquelle le inouillage du Lavandou est bien abrité du mistral. Au-delà la côte est fort élevée jusqu'à la baie de Cavalaire qui s'ouvre entre le cap Cavalaire et k cap Lardier, il s'y trouve aussi un mouillage que des hauteurs de plus 500 mètres abritent du mistral. Ces rades exposées au vent du large et privées de communications faciles avec l'intérieur du pays n'ont pas besoin d'être défendues.
Étude des côtes de Provence, du cap Lapdier à. l'embouclraFe dn Vari g;olfes de Saint-Tropez, de Fr^us, de la IVapoulej Ues de Liérinii et s;olfe Jouan, Antibes. — Le cap Lardier est remarquable par sa hauteur et la teinte grise de ses roches dénudées de végétation ; il existe à l'ouest et à l'est de ce cap plusieurs pointes qui sont les derniers promontoires des montagnes des Maures et entre lesquelles les navires ont des mouillages plus ou moins bons. Au nord du cap Camarat existe une plage de sable*qui occupe le fond de l'anse peu profonde de Pampelanne dans laquelle les navires viennent souvent jeter l'ancre sur un lond de bonne tenue. A l'endroit où finit la plage de Pampelanne, du côté du nord, commencent des terres mamelonnées, boisées et de moyenne élévation dont les pentes descendent rapidement à la mer, mais sans former d'escarpement sensible; au-delà d'une dépression très-marquée où se trouve une plage de sable, le terrain se relève et la côte s'arrondit pour former une presqu'île qui se termine au cap de Saint- Tropez.
Le golfe de Saint-Tropez, aussi appelé golfe de Grimaud, du nom d'un village