CHAPITRE IV. — COTES DÉ LA MÉDITERRANÉE, LA CORSE
fiant dans la défense de la fi*ontière de terre; le bastion l de la place et le fort carré que Vauban éleva sur un promontoire en face de la ville de l'autre côté du port, seront armés de fortes pièces de la marine et protégeront l'entrée.du port.
Au nord d'Antibes, le rivage jusqu'à l'embouchure du Var dessine une belle plage presqu en ligne droite, d'où on jouit d'un panorama magnifique sur les Alpes et les environs de Nice, mais qui est fort exposée aux vents du large. A Textrémité de cette plage, le Var vient se jeter dans la Méditerranée par une embouchure de près d un kilomètre de large; les alluvions et les galets apportés par ce torrent ont formé un peu à Test des hauts-fonds au milieu d'une mer où la sonde atteint de suite 60 et même 100 mètres. Le Var, dont la partie inférieure servait jadis de limite à la France et au comté de Nice, coule maintenant au milieu du département des Alpes-Maritimes formé par l'annexion de l'arrondissement de Grasse au comté de Nice; le département du Var ne touche plus aucun point du bassin du torrent qui lui a donné ton nom.
Côtes du comté de I^ioe du Var à, rembouchupe de la Royaf IVice^ Villeflraneliey Monaco et Menton. — Entre l'embouchure du Var et Pembouehure du Paillon^ la côte décrit une vaste courbe qui forme le fond de la baie de Nice; les collines s'en éloignent à une certaine distance, les villages et les nombreuses villas qui la bordent sont déjà des dépendances de la grande ville de Nice.
Depuis son annexion à la France, annexion demandée par la presque unanimité de ses habitants, Nice n'a cessé de s'accroître et de s'embellir; elle compte aujourd'hui environ 55,000 âmes et est divisée entre trois parties par le Paillon et le monticule rocheux que couronne l'ancienne citadelle. Le Paillon n'est qu'un torrent à sec pendant la plus grande partie de l'année. Sur sa rive droite, auprès de la gare du chemin de fer s'étendent les nouveaux quartiers de la ville ; sur la rive gauche, la vieille ville occupe la péninsule déforme rectangulaire jusqu'aux pentes de la colline du château; enûn de l'autre côté de ce monticule la ville maritime est construite autour des deux bassins du port de iAmpia^ on ne l'aperçoit même pas des vieux quartiers de Nice.. Ce port d'une superficie de 4 à 5 hectares est bien abrité contre tous les vents, mais il ne peut recevoir que des navires d'un tirant d*eau de 4 mètres. Il fait un commerce assez important qui s'exerce surtout sur les denrées agricoles du pays; le mouvement du port est environ, pour la grande navigation, de 1 ,000 navires et 52,000 tonnes à l'entrée ou à la sortie; pour le cabotage de 900 navires et 42,000 tonnes à l'entrée ou à la sortie. Des services réguliers de bateaux à vapeur mettent Nice en communication avec les principaux ports de la Provence, de l'Italie et de la Corse.
De l'autre côté du promontoire du Mont-Boron qui limite la baie de Nice, s'ouvre la profonde rade de Villefranche où les navires de guerre trouvent un excellent abri. Elle est entourée de hautes montagnes qui la préservent mieux que Nice du mistral; la difficulté des communications avec l'intérieur a toujours empoché qu'elle
ae s(X^ fKquentée par les navires de commerce, mais elle a toujours été une station militaire lw«-importante. C'est dans cette rade que stationnait la flottille de guerre qt.» jadis le Piémont entretenait continuellement pour défendre ses côtes contre les corsaires barbaresques. Elle a 2 kilomètres de longueur sur 4 kilomètres de largeur moyenne, sa superficie est de 350 hectares environ et sa profondeur varie de 20 à fO mètres. Au fond de la baie, la sombre ville de Villefranche est resserrée entre la mer et la montagne, en avant se trouve une darse qui peut recevoir deux ou trois frètes; les Russes y ont, il y a quinze ans, fait construire un môle pour la commodité de leurs vaisseaux de guerre qui relâchent souvent à Villefranche. Entre la tille et le port, une citadelle occupe toute la base de la colline. Pour défendre cette rade, on doit construire deux batteries sur les sommets des promontoires qui en ferment rentrée; celle du Monl-Boron à l'ouest et celle du Cauferrat à Test ; dans la baie elle-même on a d'un côté le front de mer de la citadelle de Villefranche et de Tautre on doit construire une batterie dite du Soleillat ou du Colombier. On conserve provisoirement plusieurs des anciennes batteries basses : celle' de Rascasse^ sur la pointe de l'ouest, et celle du Phare^ auprès du phare de la pointe orientale.
A Tist de ïisthme de Beaulieu qui relie au continent la péninsule du Cauferrat ou de Saint-Jean, on conserve encore jusqu'à nouvel ordre la batterie de Beaulieu construite il y a une dizaine d'années sur une pointe entre deux petites baies arrondies. Elle protège le mouillage du golfe de Saint-Hospice, que couvre du côté sud la péninsule du même nom détachée de la grande péninsule de Saint- Jean.
A l'est de Beaulieu, la côte est bordée d'escarpements rocheux, ce senties extrémités des contreforts de la grande chaîne des Alpes qui recouvrent tout le comté de Nice et toute la Ligurie. Le rivage est longé par le chemin de fer qui passe sous un grand nombre de tunnels; jusqu'à Roquebrune, il est dominé à une grande hauteur par la route pittoresque de la Corniche,
Honaco, dominée par la position de la Turbie et au pied des escarpements de la Tête-du-Chien, est construite sur un rocher isolé, taillé à pic et recouvert d'une végétation tropicale. Entre le rocher de Monaco et la colline où s'élève le Casino de Monte-Carlo avec ses vastes jardins, s'ouvre une baie qui forme le port naturel de Monaco, c'est l'ancien Portus Herculls: il n'est plus fréquenté que par des pêcheurs et par quelques navires de cabotage qui viennent y chercher les produits agricoles du pays.
Au delà du cap Saint-Martin et au milieu de bois de citronniers et d'orangers, apparaît Menton, ville d'hiver au climat encore plus doux que celui de Nice; son petit port fait un commerce important d'oranges, de citrons et d'autres fruits; mais il est mal protégé et la rade est complètement ouverte aux vents du large.
La frontière est à deux kilomètres de Menton, au pont Saint-Louis jeté sur un petit ravin ; à 5 kilomètres plus loin à Tembouchure de la Roya se trouve Vintimiglia petite ville italienne dominée par une citadelle. La côte italienne présente les mêmes caractères que celle du comté de Nice; généralement bordée d'escarpements formés