CHAPITRE V. — DESCRIPTION DU PLATEAU CENTRAL
d*arrôt ; ces routes débouchent ensuite sur la Dore à Thiers ou à Âmbert et elles n'ont de communication entre elles que par les déûlés gui fermeut la petite plaine du Livradois. On pourrait encore défendre la chaîne entre la Dore et la Limagne» puis enfin le passage souvent diflicile de l'Allier. La réserve placée à Clermont serait à môme de se porter en temps voulu sur tous les points menacés.
lie plateau de Millevaches. — Ijes monts du Liimousin. — A Touest des mouls d'Auvergne et séparés d'eux par les vallées de la Dordogne et de la Sioule, s'étend encore un immense plateau de terrains cristallisés, qui recouvre le Combrailles, la Marche et le Limousin, qui est le prolongement de la base granitique des montagnes d'Auvergne et qui forme l'extrémité occidentale du plateau central de la France. Nulle part le sol n'atteint l'altitude de 1 ,000 mètres, mais plusieurs points s'en rapprochent beaucoup dans le plateau de Millevaches aux sources de la Creuse^ de la Vienne j de la Vézère et de la Corvèze; l'ôlévatiou diminue e!, les i)lateaux s'abaissent doucement au nord, à l'ouest et au sud.
Le plateau de Millevaches est élevé, nu, aride, couvert en partie de bruyères; c'est une région pauvre et triste. Son point le plus élevé atteint 98 i mètres au mont Besson^ auprès du Signal de Meymac (978 mètres) ; le mont Odouze plus au nord a 954 mètres d'altitude. Il est traversé par la route d*Ussel à Aubiisson et par celle de Tulle à Aubusson ; cette dernière conserve une altitude de plus de 800 mètres sur toute la traversée du plateau.
Au sud-ouest entre la Vézère et la Corrèze, la montagne des Monédières atteint encore 920 mètres d'altitude à son point le plus élevé.
Les monts du Limousin forment la ligne de partage des eaux de la Dordogne et de la Loire à l'ouest du plateau de Millevaches, ils s'étendent jusqu'aux sources de la Charente oii les calcaires succèdent bientôt aux granits. Ils ont des formes douces et arrondies, les escarpements de granit y sont rares et la roche nue perce rarement la couverture de gazons ou de bruyères qui la revôt. Ce i»ays ne possède qu'une trèsmince couche de terre végétale, mais il a beaucoup d'eau ; aussi est il très-vert ce qui l'a fait comparer à l'Ecosse, bien que les lacs qui embellissent cette dernière contrée n'y soient remplacés que par de pauvres étangs. Les plateaux sont couverts d'herbes ou de bruyères, les versants sont garnis de chAtaiguiers et de chênes, les fonds possèdent de belles prairies. Ces montagnes ont 781 mètres d'élévation au mont Jargean^ elles n'ont plus que 300 mètres vers les sources de la Charente et vers Noutron où finissent les terrains granitiques. Plus à l'ouest s'étend la vaste plaine de calcaires jurassiques du Poitou qui sépare les granits du plateau central de ceux du Bocage Vendéen.
Au sud du petit bassin houiller de Brives, s'étendent de vastes plateaux calcaires profondément entaillés par des rivières sinueuses, ce senties causses de Quercy entre le Lot et la Dordogne, causses dont nous avons déjà parlé.
Monts de la Marche. — Collines de Combrailles» — Plateau de Bonssao. — Au nord des monts du Limousin, les affluents de la Loire coulent encore sur un sol de terrains oristallisés généralement granitique. Entre la Vienne et la Creuse, se trouvent plusieurs lignes de collines qui dominent faiblement le plateau granitique, on les appelle dans leur ensemble monts de la Marche du nom de l'ancien pays qu*ils recouvrent. Le sol y est plus ingrat encore que dans les monts du Limousin tout en présentant les mêmes caractères; le bétail y est assez nombreux et est un des meilleurs produits de la contrée.
Ces monts prennent diverses dénominations. Au nord du plateau de Millevaches, entre les cours supérieurs de la Vienne et de la Creuse, ils forment le plateau de Gentioux haut de 800 à 900 mètres; vers Guéret le Signal de Haupuy atteint encore 686 mètres ; mais au nord-ouest de la Souterraine la hauteur diminue rapidement et les calcaires jurassiques ne tardent pas à succéder au granit. Entre Limoges et la Souterraine, le Fuy de Sauvageac a 701 mètres d^élévation; plus à Touest à Textrémité occidentale de la Basse-Marche^ les monts de Blond au sud du village de Blond n'ont que 400 à 515 mètres d altitude; enfin les terrains cristallisés se terminent de ce côté aux Terres froides du Confolennais,
Entre les vallées de la Creuse et de la Sioule, le plateau granitique conserve une élévation assez considérable : 500 à 600 mètres; il est profondément découpé par le Cher et par ses nombreux affluents. Le plateau de Saint^Avit se rattache aux monts d'Auvergne et au plateau de Millevaches, il se prolonge au nord-ouest, parallèlement, au cours de la Sioule , par une ligne très-marquée de collines hautes de 700 à 800 mètres qui prennent le nom du pays qu'elles dominent : collines du Combrailles. Elles sont en partie couvertes de forêts et renferment plusieurs des petits gisements houillers que nous avons déjà indiqués comme formant une ligne trèsnette à louest des monts d'Auvergne. Le plus important de ces gites de houille est celui de Commeninj et de Bézenet qui fournit le combustible à de grandes usines métallurgiques et à la ville industrielle de Montluçon. Là, comme en tant d'autres endroits, des sources minérales naissent à Textrémité des terrains cristallisés ; Néris auprès de Montluçon était déjà connu des Romains. Les eaux thermales de Bourhon-VArchambaut sortent un peu plus au nord, du terrain de transition.
Entre le Cher et la Creuse, les collines au sud de Boussac ont 655 mètres d*altitude ; le plateau d'où descend V Indre, au nord delà même ville, a encore 500 mètres d*élévation; puis à la limite du terrain cristallisé on rencontre une bande de terrain de transition à laquelle succède presque immédiatement le terrain tertiaire souvent sans intermédiaire de terrain jurassique.
Au nord du plateau central, s'étend jusqu'à la Loire une vaste plaine qui présente des caractères différents suivant la nature du sol; elle comprend le Berry au centre, le Bourbonnais à l'est, la Touraine à l'ouest et la Sologne au nord. Les principales régions naturelles de cette contrée sont : la Brenne, pays sablonneux au sous-sol argileux, couvert d'étangs, de marais et de landes comme Tétait ancien-