CHAPITRE V. — DESCRIPTION DU PLATEAU CENTRAL
nemenl la Sologne ; le Bois-Chaud, an sud de Cbàteauroux, pays caillouteux, stérile et couvert de forùts ; la Champagne, au nord de Châteauroux, dont le sol calcaire et fertile produit de belles moissons; la Sologne au sous-sol imperméable et par suite marécageuse, mais que de grands travaux et des amendements transforment peu à peu ; enfin les plaines fertiles du Bourbonnais. Le seul relief de terrain qu'on rencontre dans cette vaste plaine est formé par les collines du Saucer^ roîî, à l'ouest de Sancerre; elles atteignent l'altitude de 434 mètres' et sont en partie couvertes de vignes. Les terrains tertiaires du Berry, au nord-ouest et au sudest de Bourges^ sont très-riches en minerais de fer ; le Cher est un des départements qui en produit le plus et c'est surtout pour donner un débouché économique à ces minerais qu'a été creusé le canal du Berry,
Au point de vue militaire , nous n'avons que peu de chose à dire de cette partie nord du plateau central que nous venons d'étudier et des plaines qui le précèdent. Qu'il nous suffise de signaler que ces plaines situées en arrière du grand fossé circulaire que forme la Loire peuvent se prêter à la réorganisation d'une armée battue; c'est ainsi que pendant la dernière guerre, après l'occupation d'Orléans par les Allemands, en octobre 1870, la première armée de la Loire fut organisée par le général d'Aurelles de Paladine au camp de Salbris sur la ligne de Vierzon à Orléans. C'est de là qu'elle partit pour gagner la victoire de Coulmiers.
Bourges, chef-lieu du 8* corps d'armée, pourrait aujourd'hui devenir un objectif important pour les armées ennemies à cause de la fonderie de canons et du grand arsenal d'artillerie qu'on y a établis depuis une quinzaine d'années. L'ennemi serait donc engagé à se porter au sud de la Loire dans le but de se rendre maître de tous les approvisionnements que contient cette grande ville. La Loire n'est une protection que quand les eaux sont hautes et qu'elle ne peut être passée à gué; pendant l'été, quand les eaux sont basses,- elle peut être facilement franchie en un grand nombre de points de son cours moyen, soit à gué, soit sur des ponts de bateaux faciles à établir; mais, à certains moments, dans lés hautes eaux ou quand la rivière charie, il est important de s'y ménager des points de passage et de les interdire à Tennemi. Les points qu'il serait le plus important de garder sur le fieuve et où on aurait intérêt à organiser des têtes de pont au moment du besoin sont évidemment Orléans^ Gien et Nevers ; ces villes possèdent des ponts permanents, se trouvent au point de convergence de nombreuses routes et, de plus, renferment de nombreuses ressources de tout genre qu'on se ménagerait au moyen de ces ouvrages défensifs.
Après une bataille perdue dans ces plaines du Berry, c'est, comme nous l'avons vu, en Auvergne et particulièrement dans la Limagne que l'armée battue trouverait un refuge et pourrait encore résister à l'assaillant.
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