‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 229 sur 288 · L*ALGÉRIE. — GËNËRALITÉS, LE TELL · texte numérisé non relu

L*ALGÉRIE. — GËNËRALITÉS, LE TELL

Sommalro i — Situation. — Limites. -— Divisions naturelles. — Climat, pluies et vents.

DESCRIPTION ET RELIEF DU SOL. — Constitution géologique du sol. — Configuration générale du sol. — Montagnes et cours d'eau du Tell. — Le Chélif. — Le Dahra. — Djebel Zakkar. — La Milidja et les chaînes qui la limitent. — L'Ysser. — Djebel Dira. — La grande Kabjlie et le Djurjura.— Roule d'Alger à Constantine, les Biban. — L'Oued Sahel. — L'Ouennouglia, le Djebel Dreaf. — La Mcdjana. — La plaine de Sétif. — Les Babor. — Massif montagneux entre Constantine, la Tunisie et la mer. — L'Ouod-el-Kébir, Constantine. — La Seybouse.

— Routes entre Constantine et la cOle. — La Modjerda. — Massifs montagneux à l'ouest du Chélif. — Monts de Malmala. — L'Ouarensenis. — L'IIabra et le Sig. — Montagnes de Tlemcen.

— Plaine de Sidi-Brahim.

COTES DE L'ALGÉRIE. — Caractères généraux. — Propriétés militaires. — Nemours. — Embouchure de la Tafna. — Ile de Rachgoun. — Golfe d'Oran : Mers-el-Kebir, Oran, Ârzeu, Mostaganem. — Tenès, — Cherchel. — Baie d'Alger. — Golfe de Bougie : Bougie et Djidjelli. — Golfe de Philippeville : Collo et Stora. — Golfe de BOne : Rade du Fort-Gônoia et Bône. » La GaUe.

Situation. — L'Algériô tire de son étendue et de sa position une importance considérable. Ses côtes, qui ont un développement do 1,100 kilomètres, font face à l'Espagne andalouso et catalane, aux côtes du midi do la France, à celles de la rivière de Gènes, de la Toscane, do Naplcs et de la Sicile. La mer intérieure circonscrite dans ces limites et d'où émergent la Corse, la Sardaigne et les Baléares, communique : 1° avec TAtlantique par l'étroite déchirure du détroit de Gibraltar, 2° avec le Levant et TAsic par la brèche qui existe entre le cap Bon en Tunisie et Marsala en Sicile. L'Angleterre, maîtresse de Gibraltar et de MaUCy garde ces deux issues. Oran est à 100 lieues de Gibraltar et Bône à 150 lieues de Malte; en cas de guerre avec

r Angle terre, les ports de l'Algérie pourraient nous rendre de grands services, s'ils of&aient de meilleurs abris à nos flottes.

L'Algérie est à 700 kilomètres de Marseille, Le point de la côte de France qui en est le plus rapproché, est Port-Vendres. La distance entre Marseille et Alger est franchie aujourd'hui en 40 heures, ce qui met Alger à 60 heures de Paris. L'Algérie se trouve donc rattachée de très-près à la France et doit être considérée comme faisant partie intégrante du sol français.

Limites. — Nos possessions ne sont séparées que par des limites purement conventionnelles à Test de la Tunisie et à Touest du Maroc : à l'est la frontière est formée par la petite rivière de YOued-^l-Zaïne et par les montagnes qui bornent au nord le bassin de Medjerda, elle traverse ensuite ce bassin, coupe VOued Mellègue et aboutit aux Chotts; à l'ouest elle traverse la Tafna et suit Y Oued Kis avant d'atteindre la Méditerranée. Ce dernier tracé fut fixé par le traité qui suivit la bataille d'Isly, alors qu*on ne connaissait pas bien le pays; la limite naturelle est plus à l'ouest marquée par le cours de la Malouia; c'était au temps des Romains la ligne de séparation des deux Mauritaniés Césarienne et Tingitane. Au sud les confins se perdent dans les sables du désert qui sont plus difficiles à traverser que la mer; nos postes les plus avancés sont Géryville, Laghouat et Biskra, ceux de Tougourt et (ÏOuargla ayant été évacués depuis quelques années; mais notre influence s'étend jusqu'à El-Goléa, oasis de Chambaa, sous le 30** degré de latitude, et même jusqu'au Touat.

L'Algérie comprend la plus grande partie de ce que les anciens appelaient Berbérie, région qui s'étendait du détroit de Gibraltar au golfe de Gabès. Sous la domination romaine, ce pays formait quatre provinces dont les limites étaient marquées par de grandes failles transversales dans le massif montagneux qui recouvre le pays ; elles se sont perpétuées jusqu'à nos jours et répondent aux grandes divisions de la race berbère. Ces provinces étaient : 1^ l'Afrique proprement dite où se trouvait Carthage (la plus grande partie de la Tunisie actuelle); 2<^ la Numidie (partie de la Tunisie et province de Constantine) ; 3^ la première Mauritanie comprenant l'Algérie jusqu'à la Malouïa et plus tard divisée en Mauritanie Sitifienne et en Mauritanie Césarienne; 4^ la Mauritanie Tingitane (le Maroc actuel).

Les Arabes appelaient ce même pays le Moghreb (couchant), et ils distinguaient le Moghreb-el' Ouest (le couchant du miUeu), l'Algérie actuelle; le Moghreb-el-Adna {le couchant le plus rapproché), la Tunisie; et le Moghreb-el-Aksa (le couchant le plus éloigné), le Maroc. La dénomination actuelle dérive de celle de la capitale du pays; Alger (el-Djezaïr, les îles). Ce nom lui vient de quelques îles situées autrefois en avant de son port, et aujourd'hui réunies à la terre ferme. Le véritable nom de ces îles était el-Djezaïr heni-Mezghenna ; les béni Mezghenna formaient une tribu qui habitait le massif d'Alger. Avant la conquête, le pays s'appelait la Régence d'Alger, c'était l'un des quatre États Barbaresques (Maroc, Alger, Tunis et Tripoli); on lui

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