DESCRIPTION ET RELIEF DU SOL
Cotuitltatlon i^lo^^qoe du sol. — Au point de vue géologique, les terrains qui recouvrent le sol, sont généralement sédimentaires. Les plaines ou les lits des anciennes rivières sont des alluvions; mais la masse des terrains de sédiment appartient presque toute à l'époque tertiaire. L'âge du gypse associé au sel marin y est très-dëveloppé. Un caractère général du sol est la quantité de sels, chlorures et sulfates de sodium et de magnésium, qu'il contient. Dans beaucoup de localités, les eaux potables en hiver sont mauvaises et {purgatives en été ; les plaines alors se couvrent d'efflorescences.
Les montagnes sont formées de terrains jurassiques et crétacés. A Touest de Philippeville, les falaises de la côte sont formées par un schiste argileux dont les débris forment un sol très-fertile, comme le prouve la belle végétation de cette côte; puis tout à coup, à l'est de la ville, la nature du sol change et à une lieue à peine de distance on trouve les belles carrières de marbre du cap Filfila. Les schistes argileux se retrouvent à hauteur de Batna et sur les pentes nord de VAurès, Les pentes sud au contraire sont granitiques, ainsi que quelques parties du Djurjura. Les roches calcaires sont celles qui dominent dans l'ensemble. Dans le Sahara, le calcaire domine dans les parties élevées dites hamadaa et le sable dans les parties appelées El'Areg.
Nous ne pouvons donner sur ce sujet que des indications assez vagues; car la nature du sol ne pourra être indiquée avecoertitude que quand une exploration géologique complète de la colonie aura été faite, ce qui exigera beaucoup de temps et beaucoup d'observations, car la nature du terrain change souvent très-brusquement.
• Confi^nration i^nérale du sol. — Les trois États dits Barbaresques de
Tunis, d* Alger et du Maroc forment un massif bien lié et parfaitement limité, comme nous l'avons déjà vu, par la Méditerranée au nord, la Syrte à Test, Y Atlantique à Touest et la mer Saharienne au sud. C'est l'Afrique du nord. Ce massif est unique^ il ne renferme pas de grande chaîne distincte et c'est bien à tort que certains géographes ont perpétué jusqu'à nos jours la division en grand, moyen et petit Atlas qui n'a rien de fondé. Il n'existe pas dans cette contrée de plissements parallèles continus comme dans le Jura, de chaîne distincte marquant une Cordillière isolée, mais seulement des accidents locaux : dépressions ou relèvements du sol. Les montagnes qui accidentent surtout la région du Tell forment des groupes tantôt isolés, tantôt liés à d'autres groupes; chacun de ces groupes est un petit monde indépendant des autres.
Comme ensemble, on monte par des pentes modérées de l'est, du nord et de l'ouest, jusqu'à la région des hauts plateaux^ caractérisée par un grand nombre de dépressions en fond de cuve, les chotts d'Oran, les sbakh (pluriel de sebkha) d'Alger, les lacs de Constantine. Le versant sud est abrupt, une pente très-raide rachète «la différence de niveau des hauts plateaux avec le Sahara, Au sud de Boghar et de Djelfa, ce fait général est moins marqué; la région des hauts plateaiu se termine là au Djebel Amour d'où descend la plus longue branche du Cbélif, et cefte montagne détache vers le sud des ramifications ou de hautes terrasses qui se prolongent jusqu'au Mzab et même jusqu'au Touat en séparant en deux versants les sables du désert.
Tel est l'ensemble du relief du sol, il nous reste maintenant à décrire les accidents locaux de l'Algérie et tout d'abord les nombreux massifs du Tell.
Monta^pnes et <m»iifs d'eau du Tell. — Les montagnes du Tell donnent naissance à de nombreuses sources; mais souvent les eaux qui en sortent se perdent dans les plaines et n'atteignent pas la mer. Les lits des cours d'eau ne contiennent donc en été que de simples filets d'eau et ne sont remplis qu'après les pluies.
Aucune de ces rivières n'est navigable; mais les eaux fournies par des retenues permettent, pendant la saison sèche, d'irriguer les champs que ces rivières traversent.
n est indispensable de savoir que le mot arabe oued signifie rivière, djebel montagne, a:in source, ténia (tizi en kabyle) col, hammam eaux chaudes; cela donne la signification d'un grand nombre de noms propres.
Le Cbiélif. — Le seul cours d'eau considérable du Tell est le Chélif. Il reçoit, durant son cours, comme presque tous les cours d'eau de l'Algérie, des dénominations diverses qui varient avec les tribus qu'il traverse, avec la nature des rives, avec la couleur de ses eaux, etc.
L'une des branches du Chélif descend du Djebel Amour , elle traverse la région des hauts plateaux et prend le nom d'Oued Taguin; ce nom lui vient du village de