‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 233 sur 288 · CHAPITRE pr. . L'ALGÉRIE. — GËNËRALITËS, LE TELL · texte numérisé non relu

CHAPITRE pr. . L'ALGÉRIE. — GËNËRALITËS, LE TELL

Taguin situé à l'ouest du lac Zahrez et près duquel le duc d'Aumale en 1844 enleva la Smala d'Abd-el-Kader. L'autre branche descend de VOuarensenis et sépare le plateau du Sersou des montagnes du Tell, c'est le Nahr-Ouassel (fleuve naissant) que beaucoup de géographes considèrent comme la véritable source du fleuve. Après le confluent de ces deux cours d'eau, le Chélif se perd dans les marécages de la Daïa Kahnla, puis il pénètre dans la région montagneuse. A son entrée dans le Tell, son lit profondément encaissé entre deux dépressions à pic est dominé par la petite ville de Boghar, qui doit à sa position le surnom de Balcon du désert. Après avoir traversé la chaîne qui limite au nord les hauts plateaux, le Chélif se retourne vers l'ouest dans une plaine déjà en partie cultivée et va se jeter dans la mer un peu au nord de Mosiaganem.

La principale ville que Ton rencontre en suivant le cours du Chélif, est Orléansville, située dans une contrée naguère des plus malsaines de TAlgérie, mais dont on a depuis, par des travaux d'assainissement, amélioré le climat. Le chemin de fer i Alger à Oran qui double Tancieime route de terre, atteint le Chélif à Affrevilk^ et le suit pendant assez longtemps. La plaine du Chélif, dans cette partie, est bordée, au nord, de montagnes escarpées très-rapprochées du fleuve et d'où ne s'échappent que des torrents. Du côté du sud, au contraire, la créle qui sépare le Tell des hauts plateaux est assez éloignée du Chélif et donne naissance à des cours d'eau importants, qui permettent d'arroser, au moyen de retenues considérables, la plaine d'Orléans vil le ou la partie basse de la vallée. Les principaux de ces coui*s d'eau sont : rOued Fodda, l'Oued Riou qui 2iTi^o^QAmmi'}Soussay l'Oued Mina qui débouche dans la plaine à Relizane,

Toutes les rivières du Tell naissent comme ces afiluents de gauche du Chélif sur les pentes qui terminent au nord les hauts plateaux; le Chélif seul fait exception et traverse la région des steppes; sa vallée est donc la plus longue et la plus importante dépression qu'on rencontre dans le Tell, elle peut servir à diviser en deux parties l'étude du relief du sol de l'Algérie.

Nous étudierons d'abord les massifs montagneux qui se trouvent au nord et à l'est de la vallée du Chélif, puis ensuite ceux qui sont à l'ouest entre cette vallée et la frontière du Maroc.

LieDahra. — Entre la cote et la partie inférieure du cours du Chélif se trouve le Dahra dont le nom signifie contrée du nord. Les plus hauts sommets de ce massif ont 800 mètres d'altitude. C'est dans ces montagnes du Dahra qu'éclata, en 1845, l'insurrection que dirigeait le fanatique Bou-Maza, C'est là que se trouvent les grottes de Frechich, dans lesquelles le colonel Pélissier enfuma 500 Arabes de la tribu des Oulad-Riah, qui refusaient de se rendre.

Les montagnes du Dahra se terminent du côté du Chélif en escarpements abrupts, nus et grillés par le soleil. Vers le nord, au contraire, elles s'abaissent en pente douce ; ce versant est très-salubre et la colonisation s'y est établie dans ces dernières

années. Le Bâhra appartient à la province d'Oran, mais est sur la limite de celle d'Alger.

Djebel Zakkar. — A Test du Dahra, la chaîne se continue et atteint une élévation plus considérable; elle est traversée par la route (TOrléansville à Ténès. Puis la crête dont le relief augmente encore, s'épanouit en un massif imposant : le Djebel Zakkar. Ces montagnes crayeuses recouvrent toute l'étendue gui se trouve entre le Chélif et la mer; leur sommet le plus élevé a 1,631 mètres d'altitude ; elles se terminent sur la mer au mont Chénoua (900 mètres) à Test de Cherchel. La ville de Miliana est située sur le versant sud du Zakkar, que traverse dans toute son épaisseur la route de Miliana à Cherchel. Cette contrée, de même que presque toutes les montagnes du Tell, est habitée par les Kabyles, race entièrement distincte des Arabes. Ce sont les tribus kabyles des BenirMénasser qui résident dans le Zakkar. Le pays est cultivé et riche en minerais dé fer.

La Mitidija et les elialnes qui la limitent. -— A Test du ZaklJb, s'étend la Hitidja, plaine d'alluvions, autrefois très-malsaine, mais aujourd'hui desséchée et cultivée par nos colons. Boufarik, jadis connu pour ses fièvres, est devenu, grâce à eux, un des endroits les plus sains et un des villages les plus florissants delà Mitidja. La plus grande ville de cette plaine est Blida, célèbre par ses orangers et par la beauté de son site au pied des montagnes qui dominent la Mitidja au sud.

La Mitidja est limitée à Touest par le Djebel Chénoua (900 mètres). Elle est séparée de la mer par les collines du Sahel, qui ont 400 mètres d'élévation au plus et qui se divisent en Sahel de Koléa, à l'ouest, et Sahel d'Alger, à l'est; ce dernier se termine au mont Bou-Zaréa qui domine Alger de ses 402 mètres. Du haut de ce dernier promontoire, on découvre une vue superbe sur la baie d'Alger et sur toute la plaine. C'est sur le Sahel de Koléa que se trouve le Tombeau de la Chrétienne^ célèbre monument antique, immense pyramide de pierre qui fut sans doute le mausolée des anciens rois de Mauritanie. Sahel est un terme générique qui signifie plage ou rivage. Ces collines qui bordent le rivage de la Mitidja sont très-saines et renferment quelques-unes de nos meilleures colonies.

Au sud, les montagnes qui bordent la Mitidja, sont la chaîne du Contas, que franchissent la route et le chemin de fer d'Alger à Oran, le mont Houzaia (1,642 mètres) et les montagnes des Beni-Salah, dont le plus haut sommet est le Djebel Sidi- Abd-el^Kader (1 ,500 mètres) au sud de Blida. La chaîne qui domine YArba et le Fon-douk, se termine au nord au Col des Beni-Aicha où passe la route de Eabylie.

Ces montagnes, qui pendant longtemps ont limité l'occupation française et ont arrêté notre extension, sont traversées par les routes qui relient Alger avec l'intérieur. Les principales de ces routes sont les suivantes :

1^ La route d'Alger à Miliana.

2« La route d'Alger à Oran par le col du Gontas.

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