CHAPITRE I•^ — L*ALGÉRIE. — GÉNÉRALITÉS, LE TELL
3** Le sentier arabe qui, passant à Test du Djebel Mouzaïa, au Col de Fer, relie Médéa à la Mitidja et qui fut si souvent disputé dans les premières années de la conquête; il est aujourd'hui à peu près abandonné pour la nouvelle route.
4® La route de Blida à Médëa, qui passe aux gorges profondes de la Chiffa et s'élève sur le plateau où est construit Médéa, Tancienne capitale des beys de Titery, La route se prolonge à l'est en suivant les crêtes des montagnes qui séparent les sources de Tisser du Chélif, elle descend le flanc da Mont Gorno, remonte le Chélif et passe entre les deux montagnes sur lesquelles sont situés Boghar^ le fort français, et le Kzar Boghari, l'ancienne ville arabe. Elle se continue à travers les steppes et les sables jusqu'à La(//iouâ(.
S"" La route d'Alger à Âumale par le col de Sakkamoudi.
6® La route d'Alger à la Grande Kabylie par le col des Beni-Aicha, position militaire des plus importantes.
La rivière principale de la Mitidja est le Ha-Zafran (eau jaune) qui va se jeter dans la mer entre les deux Sabels de Kolea et d'Alger. Ce petit cours d'eau est formé de trois autres : l'Oued Djer qui descend du Zakkar et dont une des branches passe à Harnmam-Righay célèbre par ses eaux thermales ; le Bou-Roumi qui naît un peu à l'ouest de Médéa, et enfin la Chiffa le plus considérable des trois dont les eaux servent à l'irrigation de la Mitidja. Après les pluies, ces torrents sont sujets à de trèsfortes crues souvent dangereuses.
A l'est d'Alger, l'Oued Harrach sort des montagnes à Hammam-Mèlouan^ source thermale fréquentée par les indigènes, et se dirige ensuite du sud au nord jusqu'à la mer.
L'ITsser. — Djebel Dira. — La vallée de l'Ysser est située à l'est du col des Beni-Aïcha. L'Oued Ysser traverse dans sa partie supérieure la plaine des Beni- Sliman, parfaitement cultivée, mais où la colonisation ne s'est pas encore établie. Cette plaine est limitée d'une part par les montagnes qui circonscrivent la Mitidja au sud-est, et d'autre part parcelles qui séparent Aumale de la région des hauts plateaux; la principale de ces dernières est le Djebel Dira qui atteint 1,800 mètres et dont les flancs possèdent encore quelques forêts. L'Oued Ysser sort de cette plaine par un défilé très-étroit qui commence au village de Palestro, construit auprès de l'ancien pont de Benini. En 1871, les Kabyles révoltés s'emparèrent de ce village, le détruisirent et massacrèrent la moitié de la population ; aujourd'hui, complètement relevé de ses ruines, il est devenu un des centres les plus florissants de la colonisation alsacienne très-nombreuse dans cette contrée. La plaine du bas Ysser commence à se coloniser, mais elle est encore fiévreuse.
La Grande Kabylie et le Djurjura. — La Grande ^Kabylie 'est limitée à l'ouest par la vallée inférieure de V Ysser et au sud par la vallée de Y Oued Sahel.
Ce massif, habité par une population très-flère et très-attachée au sol, n'a été soumis que par nous et seulement en 1857.
Pour réduire le pays, on fut amené à y construire un centre militaire, Fort-Hational, élevé dans une position éminemment stratégique au milieu du territoire de la tribu remuante des Beni-Ratten et d'où on domine tout le pays. Une route joint Fort-Natioual au col des Beni-Aïcha et à Alger. La construction de cette route, depuis Tizi-Ouzou jusqu'à Fort-National^ a été effectuée en 20 jours pendant les opérations mêmes de la campagne de 1857.
Au sud de la Grande Kabylie, les montagnes du Djurjura atteignent 2,000 mètres eu moyenne et 2,308 au Tamgout de Lella Khedidja, c'est-à-dire à l'aiguille de Lella Khedidja, car tamgout signifie en kabyle aiguille. Ce massif est le plus considérable et le plus élevé du Tell. Il détache vers le nord de hauts cont^-eforts et il se termine en pentes très-raides au sud sur la vallée de l'Oued Sahel.
Le Sebaou, qui est le seul fleuve de la Grande Kabylie, n'est en réalité qu'un torrent sujet à des crues subites qui y rendent les gués très-dangereux. Il coule de lest à l'ouest, puis se retourne vers le nord pour aboutir à la mer un peu à l'ouest de Dellys. Entre la vallée du Sebaou et la mer, s'étend une chaîne continue, le Djebel Tamgout, de 1,270 mètres d'élévation environ.
L'entrée de la Grande Kabylie est gardée du côté d'Alger par le poste militaire du Bordj de Tizi-Ouzou, séparé de la vallée du Sebaou par le massif du Bou-Kalfa. Après avoir dépassé le col oh est situé le village de Tizi-Ouzou^ la route qui vient d'Alger est encore en pays plat jusqu'à Sikh-ou-Meddour \ au delà de ce village, la montée commence jusqu'à Fort-National. La route se prolonge au delà du fort; elle contourne la position dUcheriden on les Kabyles nous arrêtèrent et firent subir de si rudes pertes aux zouaves en 1857, mais d'où ils furent enfin tournés et délogés; elle est achevée jusqu au col de Tirourda, où on avait commencé l'exécution d'un tunnel, qui, en partie détruit pendant Tinsurrection de 1871, n'est pas encore terminé aujourd'hui ; un simple sentier descend aux Beni-Mançour dans la vallée du Sahel.
Une seconde dépression existe dans la chaîne du Djurjura un peu au nord du col de Tirourda, c'est celle du col d'Akfadou; elle n'est suivie que par un mauvais chemin qui descend de la haute vallée du Sébaou à Bougie.
Sur la grande route d'Alger à Fort-National, s'embranche, au caravansérail de l'Azib-Zamoun qui est devenu un centre important de colonisation alsacienne, la route qui aboutit à Dellys après avoir traversé le Sebaou. Dellys est le seul port et deviendra le principal débouché du massif du Djurjura, c'est une petite ville parfaitement située.
Route d'Aller à, Constantine. — Lten Biban. — Sur la même route de Kabylie, au pied du col des Beni-Aïchia, s'embranchent vers le sud : 1® la route d'Alger à Constantine^ 2® un peu plus bas, celle de Dra-el-Mizan prolongée jusqu'à Bordj'Boghni.