CHAPITRE I^'. — L'ALGÉRIE. — GÉNÉRALITÉS, LE TELL
lions sont, comme nous le verrons, ceux de Mers-^l-Kébir, d'Alger^ de Bougie et du Fort Génois près de Bône.
Nous allons maintenant étudier plus en détail les diverses parties de la côte.
Nemours. — Le premier port qu'on rencontre sur la côte ouest de TAlgérie est Nemours; ce n'est pas à proprement parler un port, mais une plage d'échouage for" mant le fond d'une petite anse complètement ouverte aux vents du large, à proximité de laquelle on a créé un centre de population qui pourrait servir d'appui à des opérations dirigées contre le Maroc. Le mouillage y est dangereux et impraticable dès qu'il existe un peu de boule; il est pourtant défendu par une batterie de côte. Les iles Zapharines qui ne sont qu à 50 kilomètres à Touest fournissent un abri aux navires en cas de mauvais temps ; elles permettraient de remédier en partie aux dangers du mouillage de Nemours si elles nous appartenaient ; malheureusement les Espagnols les occupent depuis 1847. Nemours sert de débouché aux produits de la petite plaine de Sidi-Brahim et à ceux de Lalla-Maghnia ; c'est encore actuellement le port le plus près de Tlemcen.
Emboaclrape de la Taftia. — Ile de Raoli^oiui. — A Test de Nemours, la côte est escarpée jusqu'à l'embouchure de la Tafna, qui est située en face de l'île Rachgoun entre deux pointes de la côte. La pointe du Môle qui ferme cette anse à Test, fournit un assez bon abri en arrière duquel on peut débarquer.
L'ile de Rachgoun d'origine volcanique est située à 2 kilomètres au large, elle a 60 mètres de relief et protège un bon mouillage contre les vents d'ouest. Il y existe un gisement de pouzzolane très-important, qu'on a utilisé pour les travaux du port d'Oran.
Pans les premières années de la conquête on établit un camp fortifié à l'embouchure de la Tafna et cette position servit de base à nos opérations contre Tlemcen et contre Abd-el-Kader. C'est de la Tafna que partit Bugeaud pour ravitailler Tlemcen en 1836. Il a été plusieurs fois question de créer un port dans l'anse de la Tafna; c'est là que viendraient s'embarquer les produits des belles campagnes de Tlemcen qui, aujourd'hui, doivent faire un long trajet par terre jusqu'à Oran. Malheureusement ce projet a été ajourné. La compagnie des mines de Souma et de la Tafna fait actuellement travailler à l'établissement du port de Beni-Saf dont elle a obtenu la concession.
Baie d'Oran. — MerB-el-Kébiry Oran» Arseeu^ Moataganem» — Au
nord de l'embouchure de la Tafua, les falaises sont continues jusqu'au golfe d*.Oran qui s'ouvre entre le cap Falcon et le cap Ivi. Ce golfe comprend deux baies séparées par la saillie du cap Ferrât : l"" à l'ouest la baie d'Oran bordée de falaises escarpées, 2'' à Test la baie d*Ariea ou de Hostaganem aux rivages plats et au débouché de
riches plaines. L'une semble destinée aux établissements de la marine militaire, Tautre sera préférée par la marine marchande.
La baie d'Oran entre le cap Falcon et la pointe de tÀiguille a une largeur de 25 kilomètres et une profondeur de 12 kilomètres, elle ne reçoit aucun cours d'eau et s'ouvre en mer par de grands fonds ; les caps qui la forment sont formés de schistes crétacés et ne sont pas entamés par les vagues. La houle du large y pénètre sans obstacle et bat en plein les falaises du fond de la baie. La seule partie bien abritée de la grosse mer est Yanse de Mers-el-Kébir située sur la rive occidentale à 5 kilomètres au nord-ouest d'Oran.
Le mouillage de Hers-el-Eébir est Tun des meilleurs de TAlgérie, il peut abriter les plus gros navires, il a de 15 à 25 mètres d'eau et le fond y est de bonne tenue, n a une très-grande importance militaire, parce qu*il est à proximité de Gibraltar et qu*il oftrirait à nos flottes un abri facile à atteindre; malheureusement la rade est très-ouverte et par suite très-vulnérable. Une bonne route qui serpente sur les flancs escarpés de la montagne relie Mers-el-Kébir à Oran et par suite met cette station maritime en relation avec tous les centres d'action de Tintérieur du pays. Mers-el- Kébir ne possède encore ni port fermé, ni arsenal de réparation. Les batteries qui défendent la rade sont insuffisantes eu égard à la grande importance stratégique de cette position qui, si elle tombait entre les mains des Anglais, leur permettrait avec Gibraltar d'intercepter toute communication de TOcéan à la Méditerranée.
Oran est une grande ville de 27,000 habitants, la plupart espagnols ; elle s*étage sur les falaises qui ferment le fond de la baie et ses quartiers sont séparés par de profonds ravins. Cette ville n'a été occupée que peu de temps par les Turcs, depuis la fin du siècle dernier jusqu'à 1831 ; on y trouve des traces nombreuses de la domination espagnole qui s'y est maintenue à peu près sans interruption pendant trois siècles, mais qui ne s'est pas étendue sur le pays voisin. Le fond de la baie où est situé Oran, est battu en plein par la houle du nord qui y atteint une violence extraordinaire ; aussi même en été les navires étaient-ils forcés d'aller mouiller dans la rade de Mers-el-Kébir. Les tempêtes détruisirent plusieurs fois les jetées construites pour abriter les navires, mais aujourd'hui on crée un nouveau port au moyen d'une jetée de 1,000 mètres partant du fort de Lamoune, à l'ouest de la ville, et de deux autres jetées transversales ; le bassin a 24 hectares de superficie ; la gare du chemin de fer d'Alger est sur le quai même et le commerce de ce port devient chaque année plus important.
Oran est défendu du côté de terre par une enceinte, dont une partie date encore de la domination espagnole, et par 9 forts construits également par les Espagnols et remis en état de défense depuis qu'ils nous appartiennent. Du côté de la mer, Oran et la rade de Mers-el-Kébir sont défendus par ^ix batteries de côte dont deux sont seulement en projet ; ce sont : les batteries de Mers-el-Kébir ^ du Santon^ en projet ; du fort Saint-Grégoire^ du fort Lamoune^ du Chdteau-Neuf^ du Ravin-Blanc^ en projet ; ces deux derniers sont à l'est de la ville et du port.