‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 242 sur 288 · CHAPITRE P'. — L*ALGÉRIE. — GiNÉRALITÉS, LE TELL · texte numérisé non relu

CHAPITRE P'. — L*ALGÉRIE. — GiNÉRALITÉS, LE TELL

La baie d'Arzeu ou de Hostaganem est séparée de celle d'Oran par le cap Ferrât ; elle s'ouvre entre le cap Carbon et le cap Ivi ; elle a 52 kilomètres de largeur et 2? de profondeur. Elle est battue en plein par la houle du large et on n*y trouve d'abri que dans la partie occidentale, dans Vanse d^Arzeu^ qui est bien protégée des vents du nord et de Touest par une pointe rocheuse ; la rive orientale, que domine Hostaganem^ est en plein exposée aux vents du nord*ouest. Au fond de la baie débouche la Macta dont Tembouchure est obstruée par une barre ; et plus au nord, entre Mostaganem et le cap Ivi , se trouve l'embouchure du Chélif .

L*anse d*Arzeu, très-bien abritée, constitue Tune des meilleures rades de l'Algérie, et, à l'inverse de ce qui a lieu souvent de cette cote rocheuse, Arzeu offre un bel emplacement de ville sur un terrain plan qu'aucun obstacle ne sépare de l'intérieur du pays. Aux siècles passés, alors qu'Orau appartenait aux Espagnols, ce port servait de débouché à toutes les contrées que traverve la vallée du bas Chélif, et aux plaines du Sig, de l'Habra et de la Mina; il a conservé aujourd'hui, par suite de son heureuse situation, presque toute son importance. Il est l'entrepôt naturel de Relizane, de Mascara, de Sidi-bel-Abbès, et c'est sur ce point que s'embarquent le dissei l'alfa qui viennent des hauts plateaux; ce dernier trafic a fait décréter la création d'un chemin de fer allant d^ Arzeu à Saïda. Arzeu est défendu par trois batteries de côte : celles de la Pointe^ du Sud et du fort Nord.

De l'autre côté du golfe, sur un plateau à 1,000 mètres de la mer, s'élève la ville de Hostaganem, séparée en deux par le ravin de l'Aïn-Seufra; c'est une ancienne ville arabe que nous occupâmes en 1833 et qui est restée un 4es points importants de notre domination. Au sud de Mostaganem se trouve la position de Mazagran, dont le réduit fut si intrépidement défendu par le capitaine Lelièvre et ses zéphirs au début de la levée de boucliers de 1840. C'est par le port de Mostaganem que Mascara fut ravitaillé pendant nos luttes contre les Arabes ; les produits des vallées de l'Oued- Mina et du bas Chélif s'exportent encore par lui ; mais ce port ne consiste qu'en une simple jetée débarcadère de 200 mètres de longueur et est tout-à-fait exposé aux vents du large; les débarquements y sont impossibles en hiver et il n'est guère susceptible d'être amélioré, aussi le commerce se porte-t-il de préférence à Arzeu. Une batterie défend ce mauvais mouillage.

Ténès. — Au-delà de Tembouchure du Chélif, la côte droite et escarpée, ne présente ni port naturel, ni abri. Le rivage est bordé de falaises peu élevées, formées de grès friables recouvrant une couche d'argile et minées par les vagues. Le seul port que Ton rencontre sur cette partie du littoral est Ténès; cette ville est placée au débouché du col par lequel la vallée centrale du Chélif communique avec la côte; elle sera reliée à Orléansville par un chemin de fer; une route met aujourd'hui ces deux villes en communication. Le mouillage en face de Ténès est dangereux et la plage difficile à accoster; mais de récents travaux ont créé un peu au nord de Ténès un port de refuge pour les navires surpris par le mauvais temps, et un port

de commerce pour la partie centrale de la vallée du Chélif . Ce port a une superficie de 24 hectares et est formé de trois grandes jetées dont deux perpendiculaires au rivage et dont la troisième se retrouve d'équerre sur la plus importante; cette dernière s'appuie sur un groupe d*îlots à 500 mètres au large. Une batterie de côte défend le port de Ténès.

dterohel. — La ville de Cherche! eut jadis une grande importance; c*était la capitale de la Mauritanie Césarienne et déjà à cette époque Césarée possédait un port artificiel très-grand, mais qui est ruiné depuis longtemps. Le port actuel est situé au fond d'une petite baie environnée de falaises ; la jetée qui le ferme à Touest s'appuie sur ïîlot Joinville, en avant duquel se trouve un mouillage assez dangereux Une batterie protège ce port qui est hien garanti, mais petit.

Sidl-Ferracli. — A l'est de Cherchel, commencent les côtes du Sahel^ desquelles se détache la presqu'île de Sidi-Ferruch. Elle est large de 6V0 mètres et se termine sur la mer par des escarpements rocheux; elle forme deux baies très-ouvertes, favorables au débarquement. C'est sur la côte sud de cette presqu'île que s'effectua le débarquement de Tarmée française en 1830. Elle est aujourd'hui défendue par un fort et deux batteries de côte. Le mouillage en avant de la presqu'île n'est nullement protégé contre les vents dangereux; une flotte ne pourrait pas y séjourner en hiver; il est même loin d'être sûr en été.

Baie d'Alner. — Au-delà s'ouvre la baie d'Alger entre la pointe Pescade et le cap Matifou; elle a 16 kilomètres d'ouverture et 8 kilomètres de profondeur. Elle est couverte à l'ouest par tout le massif granitique de la Bou-Zarèa^ mais l'hiver les navires qui y mouillent y sont partout exposés aux coups de vent du nord. C'est dans la région occidentale, à l'abri de la Bou-Zaria et du cap Caxine^ que se trouve la rade foraine d'Alger.

Kaîr-ed-Din et ses successeurs créèrent à Alger un port en rejoignant l'îlot de la Marine à la terre ferme ; mais cette darse des Turcs^ suffisante .pour les galères des pirates, ne pouvait abriter nos navires de guerre. Le port actuel est formé de deux jetées : Tune partant de l'ancien port turc mesure 700 mètres, l'autre partant du fort Bab-Azzoun a un développement de 1,235 mètres; elles laissent entre elles une passe de 350 mètres qui s'ouvre au nord-est , on doit en créer une seconde dans la jetée sud-est. La superficie du port est de 90 hectares, une partie située près de la digue de Bab-Azzoun est réservée à la marine militaire ; le reste est livré au commerce. Il y existe deux bassins de radoub.

Alger est le marché maritime de la Mitidja et de tout le pays entre Miliana, Aumale et Boghar; de nombreuses routes y aboutissent, le chemin de fer de Blidaet d'Oran a sa gare sur le quai même du port.

La ville d'Alger est construite en amphithéâtre sur les dernières pentes du Sahel.

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