‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 250 sur 288 · CHAPITRE IL — L'ALGÉRIE. — HAUTS PLATEAUX ET SAHARA · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — L'ALGÉRIE. — HAUTS PLATEAUX ET SAHARA

difficile, car les cliotts sont séparés de la mer par une montagne rocheuse de 50 mètres de hauteur environ occupant un seuil de 22 kilomètres; de plus les chotts sont séparés entre eux par des seuils de 10 à 15 kilomètres de large ayant une élévation de 45 mètres pour Tun et do 10 mètres pour l'autre; enfin le fond du chott Djerid est plus élevé que le niveau de la mer et est formé de boues où il semble difficile de creuser un canal. On dit, il est vrai, qu'en dessous de la croûte molle et peu épaisse qui forme la surface de ce chott et où on ne peut cheminer que sur des chaussées étroites et soigneusement jalonnées, il existe une nappe d'eau assez profonde avec courants rapides. Si le projet, malgré toutes ces difficultés, était exécuté, et si les canaux de communication étaient suffisamment larges et profonds, la mer viendrait se répandre dans ces bas fonds ; mais il est douteux qu'il puisse en résulter un changement appréciable pour le climat de l'Algérie et que la navigation puisse profiter d'un semblable travail; aucun fleuve n'alimenterait cette mer intérieure, les rivages seraient déserts, les côtes seraient fort plates et ne se prêteraient à l'établissement d'aucun port. 11 faut néanmoins constater l'utilité et le bon efiet de ces études qui font voir la France autrement qu'en armes sur le territoire de Tunis et dans les tribus arabes.

Oasis des Ziban. — Les premières oasis qu*on rencontre au sud de Constantine sont celles des Ziban. Les ravins qui descendent du Djebel Aurès leur donnent de l'eau pour l'irrigation ou bien des sources alimentent leurs cultures. La plus importante parmi ces oasis est Biskra, où on compte 150,000 palmiers. La population arabe est de 7,000 habitants et il n'y a que 280 européens. La ville est dominée au nord par le fort Saint-Germain qui contient les citernes et tous les établissements militaires : casernes, hôpital, magasins, etc. La route qui fait communiquer Biskra avec le Tell, passe par la trouée d'El-Kantara à l'ouest de TAurès, traverse Batna et aboutit à Constantine.

Un grand nombre d'oasis dépendent de Biskra; les plus connues sont celles de Tolga, ancienne ville romaine, de Zaatcha aujourd'hui presque abandonnée, de Sidi-Obka, la ville sainte des Ziban, et d'El-Amri.

Zaatcha fit, en 18i9, une longue résistance à nos troupes. Les tribus révoltées à l'appel de l'ambitieux Bou-Zian et sous le prétexte d'une augmentation delà taxe des palmiers s'y étaient réfugiées, il fallut faire un véritable siège de l'oasis. Ce siège dura 52 jours et nous fit subir des pertes cruelles. Les palmiei's furent coupés et le village rasé.

L'oasis d'El-Amri servit également de refuge aux tribus révoltées en 1876.

Les ruines qu'on rencontre dans les Ziban, prouvent que du temps des Romains ce pays jouissait d'une prospérité qu'il est loin d'atteindre encore aujourd'hui, nyais qu'il sera facile de lui rendre en aménageant mieux les sources, en entretenant et en perfectionnant les conduites d'eau, enfin en creusant des puits artésiens ce qu'on a commencé à faire.

Oasis de l'Oued Iti||ph. -^ Au sud du Zab, les oasis de TOued Righ sont situées dans une vallée.sablonneuse qui s étend du chott Mel-Righ à Tongourt sur une longueur de 120 kilomètres et sur une largeur de 20 kilomètres. Au-dessous du sol court une immense masse d*eau souterraine gui fournit Teau néœssaire à la croissance des palmiers. Les oasis sont nombreuses et très-rapprochées ; mais, il y a une vingtaine d'années, beaucoup de puits étaient obstrués et plusieurs oasis étaient abandonnées ; nos méthodes de forage introduites dans ce pays par le général Dervaux en ont augmenté beaucoup la prospérité et y ont étendu la zone de culture. Le cheflieu de rOued Righ est Tougourt à 60 mètres d'altitude et à 205 kilomètres de Biskra; cette oasis qui possède, dit-on, 400,000 palmiers, fut occupée par nos troupes en 1854 et est depuis cette époque administrée en notre nom. La petite garnison de Turcos qui y résidait fut massacrée dès le début de la grande insurrection de 1871 par la bande de Bou-Choucha, mais tout rentra dans Tordre au bout de peu de temps. Un bach-agha, ofKcier dejspahis indigène, y réside et administre les oasis en notre nom.

Un peu au sud de Tougourt, à 20 kilomètres, se trouve Temacin résidence d*un des principaux marabouts de la confrérie des Tedjedjena et où se trouve la grande zaouïa des TedjinL Une zaouïa est à la fois une mosquée, une école, un lieu d'asile, un hôpital, une] hôtellerie, un of&ce de publicité, une bibliothèque et un centre d'influence d'un des ordres religieux répandus dans le nord de l'Afrique.

Oasis du Souf.— Â l'est de l'Oued Righ, les sept oasis de l'Oued Souf sont situées au milieu de dunes mobiles, dans une région ingrate et sans eau courante, sous un climat terrible, meurtrier pour les arabes eux-mêmes dont une partie est borgne ou aveugle. Les jardins de ces oasis présentent une disposition particulière : ils sont creusés à une certaine profondeur de manière à ce que les racines des palmiers atteignent la nappe d'eau souterraine. Malheureusement le niveau de l'eau s'y abaissait continuellement, lorsqu'on songea à y creuser des puits artésiens; c'est grâce à l'établissement de ces puits que ces oasis, qui allaient être abandonnées par leurs habitants, sont encore occupées aujourd'hui.

El-Oued est le chef-lieu du Souf et compte plus de 7,000 habitants ; Tensemble des oasis du Souf en possède 22,000.

Ouargla, El-Ooléa. — Au sud de l'Oued Righ se trouve Toasis d'Ouargla, où nous entretenions jusqu'à ces derniers temps un poste de spahis, qui a été récemment supprimé. Ouargla est l'oasis qui compte le plus de dattiers du Sahara, il y en a plus de 500,000 de recensés; elle est située sur VOued ^yadans un bas fond où l'eau afllue, elle est entourée d'une muraille précédée d'un fossé plein d'eau stagnante. La ville était autrefois très-prospère, c'était un centre commercial important et on y comptait, il y a un siècle, plus de 100,000 habitants ; il n'en reste aujourd'hui que 2,000 de sang mêlé : noirs, Chaamba et Mzabites. Le courant commercial s'est

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