‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 251 sur 288 · CHAPITRE II. — L*ALGÉRIE. - HAUTS PLATEAUX ET SAHARA · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — L*ALGÉRIE. - HAUTS PLATEAUX ET SAHARA

déplacé, les noirs importés du Soudan ne viennent plus renouveler la population et les dattes sont à peu près le seul objet d'exportation de Toasis. Ouargla est à plus de 300 kilomètres au sud-est de Laghouat, c'est la résidence d'un agha.

Le pays compris entre Ouargla, le Mzab et El-Goléa est la terre de parcours des Chaamba, tribus nomades du Sahara dont la richesse consiste en chameaux, moutons, chèvres .et ânes. MeUiliy Ouargla et El-Goléa sont les principales oasis et les principaux ksour des Chaamba.

C'est par Ouargla qu'en 1873 le général Gallifet a pénétré jusqu'à El-Goléa, oasis située [k près de 400 kilomètres su sud de Laghouat et visitée pour la première fois en 1857 par M. Duveyrier.

L'expédition avait pour but la poursuite de tribus insoumises qui s'étaient réfugiées dans le sud. En 1872, ces tribus avaient déjà été pourchassées par le général Lacroix, que les chaleurs de l'été avaient forcé à s'arrêter à Ouargla. La colonne dont le général de Gallifet prit le commandement à la fin de 1872, se composait d une compagnie du 3° bataillon d'infanterie légère d'Afrique, de trois compagnies du 3* régiment de tirailleurs, d'un escadron du 3" régiment de spahis et d'une pièce de montagne, environ 700 hommes.

Les chefs indigènes procurèrent gratuitement tous les chameaux dont on avait besoin pour le transport. On partit deBiskra le 20 décembre. Le 30 du même mois, on arriva à Tougourt et, le 8 janvier 1873, à Ouargla. Au-delà de ce point, toute l'infanterie dut être portée sur des chameaux. La colonne se remit en marche le 11 janvier avec 40 jours de vivres, un équipage d'eau de 1,000 tonnelets d'une contenance moyenne de 50 litres, enfin 1,400 guerbas (outres) de la contenance de 15 à 20 litres. Chaque chameau monté par un fantassin transportait deux de ces guerbas. On fut forcé de faire un détour vers le nord en passant par Hassi-Beghaouiy point où se trouvent des puits ; on y stationna un jour et on arriva à El-Goléa le 24 janvier.

A El-Goléa, on trouva une oasis beaucoup plus considérable qu'on ne s'y attendait. Les dissidents, repoussés par les populations du Touat qui craignaient de se compromettre en leur donnant asile, vinrent demander Taman, c'est-à-dire faire leur soumission ; ils payèrent l'ameade et toutes les contributions arriérées. L'impôt à payer par les habitants de l'oasis fut assis sur le chiffre de 16,500 palmiers. On reçut la soumission de tribus établies bien plus au sud et des protestations d'amitié d'in- Çalah, oasis du Touat.

Pour revenir à Ouargla, le général de Gallifet suivit la route directe par Hassi-el" Hadjar, plus courte que la précédente d'environ 60 kilomètres. Il quitta El-Goléa le !•' février et rentra à Ouargla le 7, ayant franchi en sept jours les 307 kilomètres qui séparent ces deux points. Il s'est môme coavaincu de la possibilité de transporter des troupes en cinq jours d'une ville à l'autre.

L'oasis d'El-Goléa est formée de vergers et de jardins dispersés sur un espace de 8 kilomètres de côte environ ; ces jardins sont arrosés au moyen de puits à bascule, l'eau se trouvant partout à un ou deux mètres du sol. L'oasis est traversée par

les caravanes des gens d'In-Çalah et de Timimoun qui se rendent au Mzab et par celle des Chaamba qui se rendent au Tildîkelt et au Gourara, oasis du Touat. El- Goléa a été jadis un centre important de populations et comprenait de nombreux ksour ; mais l'oasis fut détruite et ruinée par un empereur du Maroc, jaloux des richesses accumulées par ses habitants.

Oasis des Beni-lllzab. — A Touest de Tougourt et d'Ouargla, on rencontre des pays tout difTérents de ceux où sont situées ces oasis; au lieu de bas-fonds sablonneux, le sol y est formé de rochers calcaires; c'est le plateau du Mzab où sont disséminés dans quatre oasis les sept ksour ou villes des Beni-Hzab ou Hzabites. Ces Mzabites forment un petit peuple de Berbères Berbérisants de 50,000 à 60,000 âmes qui, jusqu'à présent, a su conserver son autonomie et s'est garanti de toute ingérance étrangère. Ils se sont mis sous la protection de la France et nous payent en revanche un tribu annuel de 45,000 francs. Ces Berbères jadis chrétiens, ariens, divisés en un grand nombre de sectes ennemies, se sont lors de Tinvasion des Arabes convertis à la religion de Mahomet; mais vers le dixième siècle ils furent chassés du Tell à cause de leurs doctrines hétérodoxes. Ils ont conservé dans le désert des vestiges de la civilisation de Carthage et de Rome : ils ont encore Tusage de Tannée solaire, ils possèdent une organisation municipale très-complète, la famille est fondée chez eux sur des principes analogues à ceux des occidentaux.

Les Mzabites ont transformé à force de travail le terrain ingrat où ils sont établis. En relevant les eaux au moyen de barrages, en creusant des puits, ils sont arrivés à mettre en culture quelques parties de leur triste pays ; mais presque tous émigrent, vont chercher fortune ailleurs, puis comme nos Auvergnats reviennent dans leur pays natal avec le pécule qu'ils ont amassé. Ils vont dans les villes du Tell où ils exercent certains métiers, tels que ceux de potiers, de tisserands, de porteurs d'eau. Tous les Mzabites s'occupent ou se sont occupés de commerce ; leur indus* trie est assez développée.

Le principal ksar des Beni-Mzab est Gardaïa, à 525 mètres d'altitude et à 180 ki« lomètres au sud de Laghouat; on y compte 14,000 habitants; les autres ksour des Beni-Mzab sont Berrian, à 40 kilomètres au nord; Ben-Isguen, Hellika, Bou-Noura qui sont à proximité de Gardaïa; El-Ateuf, un peu à Test, et Guerrara, à 60 kilomètres au nord-est.

Au nord du Mzab, jusqu'à Laghouat et jusqu'à Djelfa, s'étend la terre de parcours des Laarba, tribu nomade qui ût sa soumission au général Marey-Monge en 1844 et qui ne s'est pas révoltée depuis, en sorte qu'elle n'eut jamais à payer l'amende, qu'elle ne fut pas exposée aux razzias et qu'elle accumula de grandes richesses.

Oasis des Ksour, Liag^houat. — Au nord-ouest du Mzab et à la limite des hauts plateaux sont les oasis des Ksour. La principale est Laghouat qui doit sou existence à la prise d'eau de Y Oued Mzi; elle fut visitée en 1844 par le général Ma-

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