‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 252 sur 288 · CHAPITRE II. -* L'ALGÉRIE. — HAUTS PLATEAUX ET SAHARA · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. -* L'ALGÉRIE. — HAUTS PLATEAUX ET SAHARA

rey-Monge, puis prise d*assâut et déûnitivement conquise en 1852 par le général Pélissier. Laghouat, notre principal poste au sud, est entouré de murs en maçonnerie non terrassés avec des bastions qui peuvent être armés de canons; ces murs sont suffisants pour résister aux Arabes qui ne possèdent pas d*artillerie et c'est ainsi que sont fortifiées toutes nos villes d'Algérie. L'enceinte contient les établissements militaires nécessaires pour le ravitaillement des expéditions : hôpitaux, magasins, manutention, casernes. La population indigène est de 3,000 âmes. Une ville moitié arabe, moitié européenne, élégamment construite en briques au milieu des palmiers de Toasis, s*est élevée depuis notre occupation entre les deux collines que couronnent les forts Morand et Bouscarin, noms de deux officiers, le commandant Morand et le général Bouscarin, morts des blessures reçues à la prise de Laghouat.

On entretient sous les murs de Laghouat un camp occupé par une colonne de 2,000 hommes qui surveille le pays et qui est toujours prête à se porter sur tous les points où une révolte vient à se produire.

Laghouat est à 460 kilomètres d'Alger et à 780 mètres d'altitude; cette grande élévation rend le climat sain et permet de cultiver les arbres et les plantes d'Europe, mais certaines années les régimes de dattes y mûrissent mal. La surface du territoire irrigué est de 200 hectares; la création d'un barrage établi entre deux collines dans rOued permettrait de cultiver au moins 1 ,000 hectares de plus.

A faible distance de Laghouat, se trouvent plusieurs ksour entourés de jardins : El'Assafia, Rsar-el-AïraJi, Tadjemout^ etc.; mais le plus célèbre de ces ksour, au sud du Djebel-Amour est Ain-Hadhi, la ville sainte où naquit au siècle dernier le fameux marabout Ahmcd-Teâjini^ fondateur de Tordre des Tedjedjena. Les Kouansou frères affiliés à cet ordre sont répandus dans tout le nord de TAfrique, au Maroc et dans tout le Sahara.

En 1838, Abd-el-Kader qui avait besoin d'une place forte et d'un lieu de dépôt dans le Sahara vint assiéger Aïn-Madhi ; ne pouvant enlever la ville de force, il usa de ruse, s'en empara par trahison, la ruina et dévasta les jardins. En 1839, Tedjini releva les murs de la ville, replanta ses jardins et, en 1843, ût sa soumission à la France.

Oasis des Ouled-Sidi-Cheikh. — Dans le Sahara oranais, se trouvent à la limite des hauts plateaux des ksour et des oasis qui se jalousent, se surveillent sans pourtant en venir à une hostilité ouverte et se gouvernent chacun indépendamment des autres par sa djemâ ou conseil municipal. Ces ksour sont situés sur des cours d*eau qui descendent du nord au sud et qui vont se perdre dans des daya et dans les sables. Les ksour de Test : Brczina^ Tadjerouna^ El-Ahiod-Sidi-Cheikh^ iî(W5ou/ relèvent direc*tement de la tribu des Ouled-Sidi-Cheikh; ceux de l'ouest : Ain-Sèfisifa, AinSefra^ Morjhar-Tatani, Tiout sont des lieux de dépôt pour les nomades de la puissante tribu des Hamian Garaba. Ces oasis sont surveillées par le poste fortifié de Geryville.

Un lien religieux relie toutes ces tribus, c'est l'autorité morale des Ouled-Sidi-

Cheikh, tribu de marabouts très-vénérés qui passent'pour descendre en ligne directe du prophète. Sidi-Cheikh^ le marabout ancêtre vivait au dix-septième siècle et est enterré à El-Abiod, lieu de pèlerinage très-fréquenté où se trouve une zaouïa trèsriche. La confrérie des Sidi-Gheikh compte des kouans ou frères non-seulement dans toute TAfrique, mais encore en Arabie et jusque dans Tlnde; elle est beaucoup plus puissante que celle des Tedjini.

Nos colonnes expéditionnaires pénétraient déjà en 1845 et 1847 chez les Ouled- Sidi-Cheikh, mais les populations remuantes de ces contrées et les tribus fanatisées par leurs marabouts se sont révoltées à plusieurs reprises sous la conduite de leurs chefs Si'Hamza et Si-Kaddour; la répression de ces rébellions a nécessité plusieurs expéditions en 1864, 1865, 1868 et 1870.

Celle de 1868 fut dirigée par le colonel de Sonis, commandant supérieur de Laghouat, qui battit complètement les rebelles sous les murs d'Àïn-Madhi^ un peu à l'ouest de Laghouat..

L'année suivante, les incursions sur notre territoire de la tribu marocaine des Douï-Menia qui relève des Ouled-Sidi-Cheikh amenèrent Texpédition du général de Wimpfen au printemps de 1870. Nos troupes réunies aux puits à'Aïn-ben-'KhéUl pénétrèrent sur le territoire du Marocet poursuivirent les tribus insoumises jusqu^à El-Bahariat sur la grande rivière de TOued Guir, au sud-ouest de Figuig^ entre le 31® et le 32* parallèle par 5 degrés de longitude ouest. L'Oued Guir est le principal cours d'eau où viennent se réunir tous les oueds qui descendent des montagnes du Maroc, il coule vers le sud-est et atteint le T<mat. On trouva le long do cette rivière un pays beaucoup plus riche et plus fertile qu'on ne le soupçonnait, il est presque partout cultivable. L'oasis d'Ël-Bahariat est très-vaste et très-bien arrosée par des canaux dérivés de TOued Guir, elle est à 17 jours de caravane du Touat.

Lie Touat. — Au sud du Sahara algérien, sous le 28* degré de latitude, le Touat renferme 300 ou 400 villages répandus dans cinq groupes principaux d'oasis savoir : Gourara^ Augerout^ Timmiy Touat et Tidikelt. Ces groupes constituent des petites républiques fédératives ; leur population totale doit être d'au moins 300,000 âmes; les habitants du Touat vivent de commerce et de la culture des oasis qui sont situées entre la rive gauche de TOued Guir et les derniers contreforts du Djebel Samani et du plateau de Tedmait. Les villes du)Touat sont échelonnées sur un espace de 300 kilomètres du nord au sud]et de 160 de Test à Touest ; elles sont sur la route directe d'Alger au Niger moyen.

La principale oasis du Touat, In-Çalah, dans le Tidikelt, a une grande importance parce qu'elle est à égale distance d'Alger, de Tombouctou, de Mogador et de Tripoli; c'est un point central où se croisent les routes qui font communiquer le nord de l'Afrique avec le Soudan occidental. C'est un lieu d'étape pour les caravanes et un point de transit pour les marchandises qui vont à Tombouctou ou qui en viennent.

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