‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 253 sur 288 · CHAPITRE II. — L'ALGÉRIE. ^ HAUTS PLATEAUX ET SAHARA · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — L'ALGÉRIE. ^ HAUTS PLATEAUX ET SAHARA

Eu 1857, les habitants dln-Çalah voyant les Français maîtres de Laghouat et redoutant de se voir annexer à la France envoyèrent à Alger des mandataires chargés de négocier un traité analogue à celui qui avait été accordé au Mzab en 1853 et qui leur eilt conservé leur autonomie, mais on ne put s'entendre. Peu après, en 1861, le commandant Colonieu ayant été reconnaître les oasis du Gurara, des gens du Touat semblèrent croire aux préliminaires d'une conquête et, voulant avoir une situation légale vis-à-vis de la France, se mirent sous la protection de l'Empereur du Maroc. Depuis aucun voyageur français n*a pu pénétrer à In-Çalah.

Routes. — La plupart des routes de rAlgérie ont été construites par la main d*œuvre militaire; elles forment un réseau qui a déjà 6,400 kilomètres de développement en comptant les chemins de grande communication.

Les routes, qui parcoui*ent le Tell sont : les unes parallèles, les autres perpendiculaires à la côte.

Celles qui sont parallèles à la côte, relient les principaux centres du pays entre la frontière du Maroc et la frontière de Tunisie. Les routes qui suivent cette direction sont :

La route de Nemours à Tlemcen et à Oran;

La route d*Oran à Alger par la vallée du Chélif, OrUansmlk et Miliana ;

La route d'Alger à Constantine par le col des Béni-Aîcha, la haute vallée de rOued Sahel, les Beni-Mançour, les Portes de Fer et Sétif; la route d'Alger à Constantine par Aumale n*est pas encore achevée entre Aumale et Mansourah ;

La route de Philippeville à Bône et à La Galle;

La route des Hauts Plateaux qui part de Sebdou, passe par Daïa^ Saïda^ Fr&nda^ Tiaret^ puis rejoint le Chélif après avoir longé la vallée d'Ammi- Moussa.

Les routes qui ont le plus dMmportance au point de vue du commerce, sont celles qui sont perpendiculaires à la cote et qui pénètrent dans Tintérieur du pays jusqu'au Sahara. Ce sont :

La route d'Oran à Tlemcen, à Sebdou, à El-Aricha et à Thiout;

La route d'Oran à Géryyille par Maskara et Saida;

La route de Hostaganem à Géryville par Tiaret et Frenda ;

La route d'Alger à Laghouat;

La route de Bougie à Sétif et Bou-Saada ; 7

La route de Philippeville à Constantine et à Biskra ;

La route de Constantine à Tébessa ;

Enfin la route de Bône à Guelma et à Souk-Arhas.

Chemins de fer. — Les chemins de fer ont au point de vue du développement de la colonisation et de la richesse du pays une importance plus grande encore que les routes. De même que ces dernières, ils faciliteront la prompte répression des révoltes qui pourraient encore se produire.

Les voies ferrées qui existent à l'heure présente sont :

1« La ligne d'Alger à Oran par Blida et Orléansville (420 kil.);

2* La ligne de Tlélat à Sidi-Bel-Abbès (52 kil.);

3^ La ligne de Philippeville à Constantine (87 kil.) ;

4® La ligne de Bône à Guelma (88 kil.) par Duvivier;

5* La ligne de Bône aux mines d*Aîn-Mokra (30 kil.).

La ligne de Bône à Guelma doit être prolongée par Hammam-Meslihoutine ']\isq\i''à. Constantine, puis de là jusqu'à Sétifet plus tard jusqu'à Alger. Les travaux sont commencés entre Constantine et Sétif.

Un embranchement partant de Guelma doit desservir Souk-Arhas; un autre doit rejoindre El-Guerrat à Batna, ce dernier est concédé.

Dans la province d'Alger, les masses montagneuses qui entourent la Mitidja, empêchent la construction d'un chemin de fer qui rejoigne Alger à Médéa. On a décrété l'exécution d'un chemin de fer ô!Alga' à Tizi-Ouzou et on a concédé la partie de cette ligne comprise entre la Maison-Carrée et le col des Beni-Aicha, Un chemin de fer d'intérêt local du Gué de Constantine à VArha et à Rovigo est également concédé. On a projeté un chemin de fer de Tizi-Ouzou à Dellys et un autre d* Orléansville à Tenès. On examine les projets des tronçons de Beni-ilançour à Bougie et de Bouïra à Alger.

Dans la province d'Oran, la ligne industrielle qui rejoint Arzeu à Saïda (212 kil.) sera bientôt achevée ; une autre doit rejoindre Tiaret à Mostaganem et va être concédée; une troisième* prolongera jusqu'à Tlemcenet 'à Lalla-Maghnia la ligne qui s'arrête aujourd'hui à Sidi-bel-Abbès.

En résumé on voit que, quand tous les chemins de fer en projet seront exécutés, nous aurons en Algérie une ligne centrale, allant de la frontière de Tunis à celle du Maroc, traversant la zone de colonisation intérieure et portant partout la vie et le progrès; elle sera jalonnée par les villes de Souk-Arhas, Guelma^ Constantine, Sétif ^ Bordj'boU'Arréridj, Aumale, Miliana, Orléansville, Relizane, Saint-Denis du Sig, Sidibel'Abbès, Tlemcen et Lalla-Maghnia. Cette ligne centrale sera mise en communication avec les ports de la côte par les lignes de Duvivier à Bône, de Constantine à Philippeville, de Setifet de Beni-Mançour à Bougie, de BouiraàAlger, de MouzaiaàAlger, d'Orléansville à Tenès, de Tlelat à Oran et de Tlemcen au port en construction de Beni-Saf. Enûn les deux lignes industrielles de Saïda à Arzeu et de Tiaret à Mostaganem rejoindront aussi cette ligne centrale à la côte.

Transports maritimes. — Quatre compagnies de transports maritimes mettent les principaux ports, Oran, Alger, Philippeville et Bône en communication avec Marseille, la ligne d'Oran faisant escales à Port-Vendres et à Cathagène.

Enfin il existe un service de paquebots le long de la côte depuis Alger jusqu'à la frontière de Tunis avec escales à Dellys, Bougie, Collo et Bône.

Avant 1870, un service semblable existait d'Alger à Oran ; il a été supprimé depuis l'ouverture de la voie ferrée.

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