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CHAPITRE III. — L'ALGÉRIE. — CONQUÊTE, POPULATION, GOUVERNEMENT

sailles terribles et donna à la guerre un caractère d'atrocité qu'elle n'avait pas encore eue. Le colonel de Monlagnac, attiré avec 450 hommes dans une embuscade, auprès du marabout de Sidi-Brahim, y fut tué avec presque tous les sieus; 14 hommes seuls purent s'échapper. A la même époque 500 prisonniers français que l'Émir gardait depuis longtemps, furent massacrés par ses réguliers.

Les années de 1846 et 1847 virent de nombreuses expéditions. Le système des razzias, appliqué dans toute sa vigueur, portait ses fruits et, de tous côtés, les Arabes réduits à la misère demandaient l'aman. Abd-el-Kader était sans cesse poursuivi, il fut encore une fois forcé de chercher asile au Maroc. Le prestige de TÉmir était bien tombé; déjà l'année précédente (1846), ayant voulu chercher un refuge dans la Grande Kabylie, il avait été éconduit. Au Maroc, il se &t de nouveaux adhérents et chercha à soulever les populations ; mais l'empereur envoya des troupes contre lui et fit massacrer les tribus qui voulaient le rejoindre. L'Émir lui-même fui battu et repoussé sur la frontière où campaient nos avant-postes. Traqué de tous côtés, il fit sa soumission au général Lamoricièrc, au môme point de Sidi-Brahim, qui, deux deux ans auparavant, avait été témoin de l'un de ses succès. Abd-el-Kader avait demandé à être transporté à Alexandrie ou à Saint Jean-d' Acre; le duc d'Aumale qui avait succédé comme gouverneur au maréchal Bugeaud, avait ratifié à ce sujet les engagements pris par le général Lamoricière, mais le ministère refusa d'exécuter cette promesse. Embarqué à Nemours, l'ancien sultan fut interné au château de Pau et ensuite à Amboise. Quand le Président de la République lui eut rendu sa liberté en 1852, il alla à Brousse, puis à Ck)nstantinople, et enfin k Damas. C'est là qu'il sauva un certain nombre de chrétiens dans la lutte que les Maronites eurent k soutenir contre les Druses. Il fut fait à cette occasion (1860) grand ofiicier de la Légiond'honneur; il reçoit encore de la France une pension de 25,000 francs.

Révoltes et expédition» de 1848 A 1876. — La dernière période de la conquête est remplie par un certain nombre de révoltes, les unes locales, les autres générales. En 1848, l'Algérie pouvait être considérée comme conquise; cependant certaines parties de la Kabylie et plusieurs tribus du sud n'étaient soumises que de nom. Plusieurs colonnes parcoururent les hauts plateaux et les ksour de la province d'Oran. En 1849, la révolte d'une partie des Ziban se termina par la prise el la destruction de Zaatcha. En décembre 1852, Laghouat était enlevée d'assaut par le général Pélissier.

La conquête la plus difficile à faire fut celle de la Kabylie ; les montagnes situées le long de la côte enti^e le col des Beni-Aïcha et Philippeville comprenant le massif du Djurjura et les Babor étaient d'un difiîcile accès et fournissaient de fortes posi-' lions aux tribus fières de leur indépendance qui les habitaient et qui jusqu'alors n'avaient été soumises ni par les Arabes ni par les Turcs. Le maréchal Bujeaud avait déjà plusieurs fois parcouru la Kabylie; en 1851, le général de Saint- Arnaud dirigea une nouvelle colonne contre les Kabyles fanatisés par un intrigant Bou-Bargla; Géographie. 29

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en 1852 le général de Barrai fut tué dans une affaire entre Bougie et Sétif. Enfin quatre expéditions furent faites en 1853, 54, 56 et 57 parle maréchal Randon; la dernière amena la soumission du pays en 1857, après les rudes combats d*Imaïsercn et à*Ichériden. La création de Fort-Napoléon et d'une route reliant ce point à Alger pacifia définitivement la Grande Kabylie.

Depuis cette époque, il nous faut mentionner trois soulèvements des tribus arabes ou kabyles :

1^ La grande révolte 1864-1865, qui prit naissance sur les hauts plateaux à Tinstigation des^Ouled-Sidi-Cheikh et qui se répandit dans le Tell ;

2° Une nouvelle insurrection des Ouled-Sidi-Cheikh, qui nécessita les expéditions du colonel de Sonis à Aïn-Madhi en 1869 et du général de Wimpfen sur ÏOued Cuir en 1870;

3^ L'insurrection de 1871 qui, partie de la Medjana, se répandit sur les territoires kabyles des provinces d'Alger et de Constantine et jusqu'au sud dans les tribus du désert.

Défenselde rAlg^érie. — L'Algérie est aujourd'hui conquise et les révoltes sei^ont de moins en moins fréquentes, grâce aux progrès de la colonisation, à une meilleure administration et au grand nombre^ de voies de communication qui sillonnent le pays.

Le système de défense de TAlgérie repose sur un certain nombre de places créées successivement à mesure que nous nous emparions des centres de population ou que nous en fondionside nouveaux. Presque toutes les villes de l'Algérie ont été entourées de murs ayant souvent un très-grand développement, mais parfaitement suffisants, comme l'a montré la dernière insurrection, pour résister aux Arabes et aux Kabyles |Elles renferment les établissements militaires nécessaires à de nombreuses garnisons : casernes, magasins, hôpitaux, manutentions, etc.

En fait de] [fortification terrassée et bastionnée, il n'y en a que sur les cotes, à Oran, à Alger et à Bône. Enfin il existe un certain nombre de batteries de câte^ que nous avons énumérées précédemment.

Sur la frontière du Maroc, nos principaux points d'appui sont les postes de Lalla- Maghnia, de Sebdou, d'El-Aricha.

Sur la frontière de Tunisie, il existe plusieurs postes Importants, bordjs et smalas, créés sur la frontière môme; ce sont le bordj Dra-Kreroun, le bordj des Fedy Mirahou^ le bordj de Sidi-Yousef, le bordj des Hammama^ la smala (t Aïn-^Guettar, la smala d'El-Méridji; mais le centre de défense est Souk-Arhas en arrière de ces postes. Plus au sud nous possédons encore Tébessa.

Du côté du désert, la ligne des postes avancés se compose de Géryville, La-^ ghouat et Biskra; Djelfa sert d'intermédiaire entre Laghouat et Boghar. Gomme seconde ligne à la limite du Tell, nous avons reconstruit les anciens postes d'Abd-el** Kaderi auxquels on en a ajouté d'autres de création plus récent^.

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