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CHAPITRE II. — DÉFINITION ET VALEUR RELATIVE DES OBSTACLES

tient rassemblée la plus grande partie de ses forces et d*où elle peut se porter rapidement avec une grande supériorité de nombre vers les débouchés des montagnes, qui de plus sont souvent gardés par des forts d'arrêt.

Les vallées divergentes sont celles qui rayonnent d'un même point, elles engagent lassaillant à adopter des lignes d'opérations divergentes toujours dangereuses, telles sont les vallées du Tyrol italien qui, dans la campagne de 1796, firent commettre tant de fautes aux généraux de rAulriche; cependant la possession de l'origine commune de ces vallées donne de grandes facilités pour menacer en môme temps plusieurs points et pour choisir la ligne d'opérations la plus convenable, c'est ainsi que l'Autriche maîtresse du Tyrol menace à la fois la Lombardie etlaVénétie.

Steppes et Déserts. — Les steppes, les déserts sont de vastes étendues de terrains incultes, inhabiles, oi^i on ne trouve aucune ressource. Ils sont au moins aussi difficiles à franchir que les montagnes et peuvent très-bien couvrir une partie delà frontière d'un grand État. Mais s'ils sont avantageux au point de vue de la défensive, ils gênent l'offensive et un pays qui serait tout entier entouré de déserts serait tout-à-fait étranger au reste du monde. C'est le Sahara qui empêche l'influence française de s'étendre au sud de l'Algérie et qui rond si difficiles les expéditions dans le sud. Les Russes dans leur expédition contre Khiwa ont eu à surmonter les mômes périls et à triompher des mêmes obstacles : sables, chaleur suffoquante et manque d'eau.

Maraiii, lacs, forêts, bois. — Les marais, les lacs, les bois favorisent la défensive et couvrent bien les portions de frontières qui les traversent; il suffit seulement de les surveiller.

Les marais ne peuvent être généralement franchis que sur un très-petit nombre de digues qu'on peut même couper ou barrer ; les vastes marais de Pinsk séparent véritablement la Russie de l'Autriche et ce n'est certes pas sur cette partie de la frontière que les armées des deux puissances viendront s'aborder. C'est dans ces marais qu'est venu se perdre et s'épuiser Charles XII, avant la bataille de Pultawa.

Le lac de Constance, celui de Neufchâtel, celui de Genève protègent parfaitement les parties delà frontière suisse auxquelles ils correspondent, il suffirait d'y civoir quelques chaloupes canonnières pour les surveiller et rendre toute tentative de débarquement impossible.

Les bois, les forêts, s'ils sont occupés, s'ils ne sont traversés que par un petit nombre de routes et s'ils sont suffisamment épais et étendus, donnent aussi une lx)nne défense; la frontière du Nord de la France qui ne correspond à aucun obstacle naturel, est du moins couverte en certains points par les forêts de la Thiérache et des Ardennes.

FrontièrcMi maritimes. — Les frontières maritimes sont trèd-bonnes. Les

débarquements ne peuvent se faire qu'en un certain nombre de points où se trouvent des plages ouvertes et ils deviennent de plus en plus difficiles avec les nombreuses années qu on est forcé d*amener aujourd'hui, avec les télégraphes et les chemins de fer, moyens de communication rapides qui enlèvent presque tout espoir de surprendre Tennemi et d'eflecluer le débarquement avant que les troupes de la défense n'aient eu le temps de se rassembler.

Pour une nation qui a des ports et de nombreux vaisseaux, la mer n'est pas un obstacle à l'offensive, et au lieu de mettre le pays en dehors des autres peuples comme les steppes, elle le met en communication facile avec toutes les parties du monde, en contact avec toutes les autres terres, et ne fait qu*augmenter son influence, sa richesse et sa puissance. L'Angleterre en est un exemple.

Les mers sont bien moins difficiles à franchir que les steppes, ou môme qu'une vaste étendue de pays sans chemin de fer. La guerre de Crimée en est la preuve : les armées alliées étaient facilement réapprovisionnées et renforcées par mer, tandis que la Russie s'épuisait pour ne faire arriver à Sébastopol que de maigres ressources.

Pays neutres. — La frontière d'un grand État peut êti*e protégée par des territoires neutres, c'est-à-dire par des Etats plus petits dont la neutralité est garantie par toutes les grandes puissances de l'Europe. Mais cette protection n*est pas absolue, car cette neutralité peut être violée; quand on se préoccupe de la défense d'une frontière, il faut examiner les diverses hypothèses qui peuvent se présenter de neutralité violée ou respectée.

On doit d'autant moins se fier à cette neutralité que l'État en question est plus faible et moins capable de la faire respecter. Il est vrai que si elle est violée par l'ennemi, on aura probablement pour allié le petit État en question et ses forces pourront être d'un certain poids dans la balance, ainsi la Suisse, la Belgique peuvent mettre chacune sur pied en temps de guerre une armée de 200,000 hommes.

OBSTACLES ARTIFICIELS. — Les obstacles artificiels qu'une armée peut rencontrer en campagne et qui peuvent entraver ses mouvements, sont les fortifications et les destructions de ponts, de routes, ou de chemins de fer, qui interceptent les communications.

Places fortes, forts. — L'emplacement des forteresses, des camps retranchés, est déterminé par des considérations stratégiques et topographiques, dont l'examen détaillé demanderait une étude spéciale. Il nous faut pourtant dire quelques mots de cette question, pour pourvoir apprécier le rôle des places fortes.

On semble admettre aujourd'hui qu'il faut peu de places, mais qu'il les faut bonnes et grandes. On fortifiera de préférence les points importants situés sur les grandes voies de communication, les nœuds de chemins de fer dont la possession a une si grande importance qu^on empêchera toute expédition sérieuse de l'en-

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