GOUVERNEMENT ET ADMINISTRATION
GoaTernement de rAlgérle. — L'Algérie est gouvernée aujourd'hui par un Gouverneur général civil, qui peut être en môme temps commandant des forces de terre et de mer. Il est assisté :
l"" D'un directeur général des affaires civiles chargé de l'expédition des affaires civiles et financières;
2« D'un conseil du Gouvernement composé des chefs des principaux services;
3** D'un conseil supérieur composé des membres du conseil du gouvernement et de 15 conseillers généraux, 5 par département.
Administration française. — Au point de vue administratif, l'Algérie forme trois provinces et chacune d'elles comprend deux territoires distincts, l'un administré par l'autorité civile, l'autre par l'autorité militaire.
Le territoire civil de chaque province constitue un département; les chefs-lieux des trois départements sont : Algei*, Oran et Constantine, et les sous -préfectures :^ Miliana, Dellys et Orléansville pour le premier; Mostaganem^ Tlemcen, Masliara 6^^ Sidi'Bèl'Abbès pour le second; Dunc^ Guelma^ Philippeville, Sétif ei Bougie pour le troisième. A la tête de chacun d'eux est un préfet assisté d'un conseil général com-
posé de membres français élus et d^assesseurs indigènes au nombre de six nommés par le Gouverneur. Il[existe de plus dans chaque département un certain nombre de districts administrés par des commissaires civils ayant à peu près les attributions des sous-préfets ; la population de ces districts est surtout composée d'indigènes.
Pour la région des Hauts Plateaux^ pour le Sahara^ pour la Grande Kabylie et ponr quelques autres parties du Tell^ on a conservé l'administration militaire. Elle est exercée par les généraux de division^ un par province résidant au chef-lieu, et parles généraux de brigade, dont les quartiers généraux sont Alger, Fort-National , Médiaf Jfîfiana pour la province d'Alger; Oran, Maskara et Tlemcen pour celle d'Oran ; Constantine, Batna, Bâne et Sétif pour celle de Gonstantine. Il y a dans le territoire militaire des communes mixtes, des communes subdivisionnaires et des communes indigènes. Chaque année quelques parties du territoire militaire sont annexées au territoire civil.
Pour les Arabes et les Kabyles du territoire militaire, on a conservé Vadministration indigène qui fonctionne sous l'autorité du général de division commandant la province et sous la surveillance des bureaux arabes, institution qui date de 1844.
Admlniatratloii avAbe, impôts. — L'Administration arabe comprend les échelons suivants :
Le douar, qui obéit au chef de famille;
La ferka, qui obéit au cheikh^ nommé par le commandant de la subdivision sur la proposition du kaïd ;
La tribu, formée par la réunion des ferkas, qui est commandée par le kaïd, nommé par le commandant de la division sur la proposition du commandant de la subdivision.
Les échelons successifs s'arrêtent souvent à la tribu ; celle-ci est soumise directement à Tautorité des bureaux arabes; il y a un bureau arabe et un.commandant supérieur par cercle.
D'autres fois les tribus sont groupées en kaîdats ou aghaliks qui obéissent à Vagha. Un certain nombre de kaîdats peuvent former un khalifat qui obéit au khalif ou au bachragha. L'agha ou le bach-agha est nommé par le ministre ; ce sont des fonctionnaires à la solde du gouvernement français. Cette solde varie pour Tagha de de 1 ,200 à 3,000 fr., pour le bach-agha elle est de 5,000 et pour le khalif de 1 2,000 fr. Ce dernier a droit en outre à une partie des amendes qu'il prononce; cette amende ne peut excéder 100 fr. Les aghas prononcent des amendes allant jusqu'à 50 fr.
Dans chaque' tribu, la justice est rendue par le kadi, nommé par le général commandant la subdivision sur la production d'un certificat de capacité ; il y en a un attaché à chaque bureau arabe et d'autres dans les villes. Dans chaque subdivision, il existe-un tribunal d'appel, la medjlôs.
L'organisation de la société arabe est tout aristocratique. 11 y trois sortes de noblesse :