CHAPITRE lY. — COLONIES FRANÇAISES
augmenter leur puissance coloniale depuis la révolution de 1688 et on peut dire d*eux, à bien plus juste titre que de TEspagne au seizième siècle, que le soleil ne se couche jamais sur leurs vastes possessions, puisque, sous des parallèles différents, rinde, TAustralie, la Nouvelle-Zélande, la partie septentrionale de TAmérique, leur royaume d*£urope, leurs comptoirs sur les côtes occidentales, méridionales et orientales de l'Afrique, forment une suite non interrompue de pays. Us tiennent les débouchés de toutes les mers et ont partout des stations.
Nous sommes bien loin de posséder hors d'Europe d'aussi vastes pays, nous n'avons que des comptoirs peu prospères, là où les Anglais possèdent des empires. Voici en quelques mots quelle a été l'histoire de nos colonies.
Au quatorzième siècle, les Dieppois commerçaient déjà avec les cotes occidentales de TAfrique; en 1364, les marins normands fondaient nos premiers établissements au Sénégal et sur la côte d'Or, Au seizième siècle, les Bretons et les Normands venaient pêcher la morue dans les eaux de Terre-Neuve où bientôt nous eûmes des points de relâche.
En 1608, Champlain fondait Québec au Canada; peu après Richelieu faisait occuper plusieurs des Antilles et enfin, dans la seconde moitié du dix-septième siècle, Colbert portait à son apogée la puissance coloniale de la France.
En Amérique, le Canada était colonisé par des Français et jouissait d'une grande prospérité; ÏAcadie et Terre-Neuve nous appartenaient; le célèbre voyageur Cavalier de la Salle avait reconnu la vallée du Mississipi et la France avait possession du bassin inférieur de ce fleuve auquel elle donna le nom de Louisiane; la partie occidentale de Saint-Domingue, Saint-Christophe, la Guadeloupe, la Dominiqu^e, la Martinique, Saint' Vincent, Tabago étaient des îles françaises, enfin notre drapeau flottait déjà à la Guyane,
En Afrique, nous avions des comptoirs sur la côte du Sénégal ainsi qu'à Madagascar^ nous possédions les lies Mascareignes, Bourbon et YUe de France,
En Asie, là Ck)mpagnie des Indes orientales avait plusieurs comptoirs dans l'Inde, entre autres Pondichéry et Chandernagor.
Pendant le dix-huitième siècle, les Anglais nous enlevèrent les plus belles de ces colonies. En 1713 au traité d'Utrecht nous leur cédions Terre-Neuve, ÏAcadie et VUe de Saint-Christophe, Sous Louis XV, Dupleix entrevit la possibilité de fonder un empire françéiis sur les ruines de l'Empire Mogol, ses efforts ainsi que ceux des Labourdonnaye, des Lally furent rendus stériles par la mauvaise politique du gouvernement et par l'abandon où on les laissa; les Anglais reprirent bientôt les grands projets de Dupleix et les réalisèrent à leur profit. Le traité de Paris en 1763 ne laissa dans rinde à la France que cinq comptoirs que nous n'eûmes pas le droit de fortifier : Pondichéry y Karikal, Yanaon, Chandernagor et Mahé; il donna de plus à TAngleterre le Canada, la partie de la Louisiane à Test du Mississipi, la plupart des petites Antilles et le Sénégal-, la partie de la Louisiane à l'ouest du Mississipi fut cédée à TEspagne, notre alliée, pour l'indemniser, elle nous fut rétrocédée en 1800 par le
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trailê de Saint-Ildefonse; mais Bonaparte désespérant de la défendre contre les Anglais la vendit aux Etats-Unis moyennant une somme de 80 millions.
Le réveil de notre marine sous Louis XVI et les succès qu^elIe remporta nous firent recouvrer le Sénégal et quelques-unes des Antilles. Pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, nous perdîmes toutes nos colonies, mais elles nous furent rendues en 1815, moins Vile de France, Sainte-Lucie, Tabago et les Seychelks que les Anglais gardèrent et la partie française de Saint-Domingue qui conserva son indépendance. /
Sous le gouvernement de juillet la France fit, comme nous l'avons vu, la conquête de V Algérie; en 1841 elle occupa les îles de Nossi-Bé et de Mayotte près des cotes de Madagascar où nous ne possédions plus que Tîle de Sainte-Marie; en 1842 on fonda les établissements d'Assinie, de GrandnBassan et du Gabon ; à la même époque, la France prit possession des îles Marquises; puis, à la suite des débats de l'atTaire Pritchard,la France établit son protectorat sur Taïti et sur les îles voisines (îles de la Société, îles Basses, îles Tubuài); enûn en 1844 les îles Gambier se mirent aussi sous le protectorat de la France.
Sous le second Empire, on prit possession en 1853 de la Nouvelle-Calédonie et en 1862 fut signé à Saigon le traité qui nous céda la Busse Cochinchine.
Actuellement un traité vient d*étre signé avec la Suède pour la rétrocession à la France de ïîle de Saint-Barthélémy, Tune des Iles du Vent dans les Petites Antilles; cette île avait été cédée à la Suède en 1784 en échange de certains avantages faits au commerce français, entre autre de la concession de l'établissement d'un entrepôt à Gothembourg.
Nous allons rapidement passer en revue ces diverses colonies.