COLONIES FRANÇAISES EN AMÉRIQUE
Généralités sur l'Amérique. — I^es Antilles. — L'Amérique fut découverte par Christophe] Colomb en 1492; mais son extrémité septentrionale avait été explorée dès le x^ siècle par les marins normands et Scandinaves qui appelèrent ces terres nouvelles Groenland (terre verte); les immenses amas de glaces qui recouvrent aujourd'hui ce pays montrent qu'un changement considérable s*est produit dans le climat de ces contrées depuis le x^ siècle.
Le Nouveau Continent, exploré par de nombreux navigateurs venus à la suite de Colomb, comprend deux parties bien distinctes présentant à peu près la même configuration générale par leur strucluie et la direction de leurs grands fleuves : l'Amérique du Nord, tout entière ouverte aux vents glacés venant du pôle, a été colonisée et est habitée en grande partie par les Anglo-Américains; l'Amérique du Sud, coupée par Téquateur, mais fertilisée par ses nombreux fleuves, a jadis appar-
tenu aux Espagnols et aux Portugais, elle fonne aujourd'hui des États indépendants habités par une population métis résultant du mélange des Européens, des Indiens indigènes et des Nègres, elle est encore le domaine des langues espagnoles et portugaises. Ces deux masses sont réunies par un isthme contourné et montueux, appelé TAmérique centrale, et par un chapelet d'Iles qui s'allonge de la pointe de la Floride à l'embouchure de VOrénoqiie, ce sont les Antilles.
Entre ces lies et le continent américain, s'étend une mer intérieure, véritable méditerranée du nouveau monde, qui comprend la mer des Antilles au sud et le golfe du Mexique au nord communiquant ensemble par le canal du Tucatan. G* est dans cette mer que vient se chauffer le courant èquatorial qui y pénètre entre la Trinité et Tahago et qui en ressort sous le nom de Gulf-Stream courant du golfe, entre l'île de Cuba et la Floride,
Les Antilles se divisent : l^'en Grandes-Antilles au nord, ce senties quatre grandes lies de Cuba, de Saint^-Domingue, de Porto-Rico et de la Jamaïque; 2^ en Petites-Anr tiUes au sud ; ces dernières comprennent les îles du Vent à Test de la mer des Antilles, c'est-à-dire les lies d'où viennent le vent pour les navigateurs de cette mer intérieure, et les iles-sotts-le-Vent ausudle long de la côte de Fénézue/a. Les Petites- Antilles ont d'abord été dédaignées parles navigateurs et les colons ; mais l'avantage de leur position, la douceur de leur climat et de leur ciel, les divers étages de végétation que les montagnes donnent à presque toutes, ne tardèrent pas à y attirer les Européens. Ces lies se trouvent en effet vis-à-vis de l'Europe méridionale et de l'Afrique et sur une des grandes routes de commerce du globe ; le percement plus ou moins prochain de Yisthme de Panama ou du Nicaragua accroîtra encore leur importance et détournera de ce côté les navires qui doublent encore le cap Hom. Elles fournissent des points de station et de ravitaillement aux flottes des divers Etats de l'Europe à qui elles appartiennent : Cuba et Puerto-Rico, deux des Grandes-Antilles, relèvent de l'Espagne ; Saint-Domingue est indépendante et partagée entre les deux républiques d'Haïti et Dominicaine ; la Jamaïque, un grand nombre des Uots des Petites- Antilles et l'archipel des îles Lacayes ou Bahama sont anglaises, là comme partout l'Angleterre a la plus belle part; Saba, Saint-Eustache, le tiers de Saint-Martin, Curaçao, Oruba etBonaire forment les Antilles hollandaises; Saint-Jean, Saint-Thomas et Sainte-Croix relèvent du Danemark; la Martinique, la Guadeloupe et les petites lies voisines, les deux tiers de Sainl-Martin et Saint-Barthélémy appartiennent à la France. Nous allons décrire rapidement ces dernières.
lia Martinique. — Ce n'est qu'en 1625, que les Anglais et les Français prirent pied dans les Antilles et s'établirent à Saint-Christophe; c*est de là que, dix ans après, les lieutenants du célèbre Pierre Belain, sieur d-Esnambuc, partirent pour fonder les colonies de la Martinique et de la Guadeloupe qui d*abord appartinrent à diverses compagnies, puis furent rachetées par le domaine royal. Les Caraïbes qui habitaient ces lies avant notre arrivée, ne tardèrent pas à être massacrés ou expul-