‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 277 sur 288 · CHAPITRE IV. — COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — COLONIES FRANÇAISES

ses comme dans toutes les Antilles; puis, comme les bras manquaient pour cultiver les terres, la traite des esclaves noirs venus d*Afrique prit une grande extension. Au commencement du siècle dernier, le commerce et l'agriculture de la Martinique étaient très-prospères ; Tlle devint le marché des Antilles. Pendant nos luttes avec l'Angleterre, c'était de ses ports que partaient les corsaires les plus redoutés du commerce de nos ennemis: aussi, après une tentative infructueuse en 1759, les Anglais s'emparèrent de Tlle en 1762; le traité de Paris la rendit à la France après un an d'occupation étrangère.

En 1774, pendant la guerre de l'indépendance américaine, la Martinique fut le centre et la base des opérations maritimes de nos flottes.

Les Anglais l'occupèrent pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire de 1794 à 1802 et de 1309 à 18U.

La superficie de la Martinique est de 987 kilomètres carrés; l'île est montagneuse et volcanique ; son plus haut sommet atteint 1 ,350 mètres.

La côte orientale est bordée de roches madréporiques et est dangereuse; au nord et à l'ouest, la mer est dominée par des escarpements à pic sur quelques points et il existe plusieurs baies et rades où les navires trouvent de bons abris. Les principales sont la baie du Marin ^ la baie de Fort-de-France et la rade de Saint-Pierre. Saint-Pierre est la ville la plus populeuse de l'île, elle renferme 23,000 habitants , sa rade est très-fréquentée par les navires de commerce ; mais , dans la saison des pluies, ils vont chercher un abri dans la rade de Fort-de-France qui est la meilleure des Antilles. Fort-de-France, la capitale de File, ne renferme que 12,000 habitants ; son port sert d'escale aux paquebots transatlantiques de la ligne de Saint-Nazaire au Mexique, des travaux considérables ont été entrepris pour Tapproprier à sa nouvelle destination et on y a construit un bassin de radoub.

11 pleut beaucoup à la Martinique, le climat est très-chaud et malsain pour les Européens du moins sur les rivages de la mer ; dans l'intérieur, par suite de l'altitude, l'air est sain et vivifiant. La principale culture est là canne à sucre; viennent ensuite, mais à grande distance, le café et le cacao; les montagnes sont encore recouvertes de forêts impénétrables. L'île a eu plusieurs fois à souffrir d'ouragans, de ras de marée et de tremblements de terre.

Le commerce de l'île était dans ces dernières années de 68 millions partagés à peu près également entre l'exportation et Timportation.

Le nombre des habitants est de 158,000; depuis la libération des esclaves, c'està-dire depuis 1850, pour suppléer au manque de bras on a favorisé par des primes plus ou moins fortes l'importation des Indiens, des Nègres d'Afrique et des Chinois ; ces immigrants de diverses provenances sont au nombre de 18,000. Il y a en outre 900 hommes de troupes.

lia Guadeloupe et dépendances. — La Guadeloupe et les lies voisines furent découvertes par Colomb en 1493; les Caraïbes en restèrent tranquilles pos-

«esseurs jusqu'en 1635, époque à [laquelle nous y débarquâmes. Cette colonie subit à peu près les mômes vicissitudes que celle de la Martinique; pendant nos luttes contre l'Angleterre au siècle dernier et au commencement de ce siècle, elle fit subir grâce à ses corsaires de véritables désastres au commerce de nos ennemis, aussi ceux-ci Toccupèrent-ils plusieurs fois. Elle ne nous fut rendue qu'en 1816| ayant été reprise par les Anglais pendant les Cent-Jours.

, La Guadeloupe se compose de deux lies distinctes séparées par un petit détroit marécageux appelé la Rivière salée. L'Ile du sud-ouest constitue la Guadeloupe proprement dite; celle du nord-ouest est la Grande-Terre.

La Guadeloupe proprement dite est une île volcanique, très-accidentée, dont le point culminant, le piton de la Soufrière, volcan encore en activité, atteint 1,484 mètres. Le sous-sol est souvent argileux ; Tîle est arrosée par de nombreux ruisseaux. Les côtes sont très-cbaudes et malsaines pour les Européens; mais ceux-ci, pendant rhivernage qui est la saison chaude, peuvent se réfugier sur les plateaux élevés de l'intérieur qui sont très-sains. La canne à sucre est la principale culture de File, elle pix)spère jusqu*à 400 mètres d'altitude; viennent ensuite les caféiers jusqu'à 800 mètres, puis les forêts.

La Grande-Terre est basse, à sous-sol calcaire, dépourvue de cours d'eau et de bois; elle est partout labourable' et couverte de plantations de cannes; elle soufTre souvent de la sécheresse, les tremblements de terre y sont fréquents et désastreux.

La superficie des deux lies est de 140 kilomètres carrés.

Les côtes de la Guadeloupe sont peu découpées, on y trouve pourtant quelques mouillages assez bons : celui de Basse-Terre au sud-ouest de la Guadeloupe proprement dite, celui de la Pointe-à-Pitre entre les deux lies au fond de la baie du petit Gul-de-Sac, celui du Moule à Test de la Grande-Terre.

Basse-Terre est la capitale de l'île, elle n'a qu'une population de 10,000 habitants; la Pointe-à-Pitre est le véritable chef-lieu commercial de la colonie, elle possède une des bonnes rades des Antilles et un beau port, sa population est de plus de 15,000 âmes.

De la Guadeloupe dépendent :

l' Marie-Galante au sud avec le mouillage de Grand-Bourg (150 kil. carrés de superficie).

2° La Désirade à l'est (43 kil. carrés de superficie).

S"" La Petite-Terre, formée de deux petits Ilots entre la Désirade et Marie-Galante.

4' Le groupe des Saintes au sud, comprenant cinq Ilots et abritant de bons mouillages; ces îles sont très-saines, pendant la guerre du Mexique on y avait établi une station sanitaire pour nos troupes éprouvées par le climat des terres chaudes ; au siècle dernier elles étaient très-fortifiées, les Anglais en ont ruiné les défenses (14 kil. carrés de superficie).

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