CHAPITRE III. - GÉNÉRALITÉS SUR L'EUROPE. :V
ropc est très-variable suivant les pays; ainsi dans Touest, c'est-à-dire en Franco, en Italie, dans la région qui enveloppe les Alpes, les Balkans et les monts de la Bohème, il tombe en moyenne 0"*fil d'eau par année; mais sur le littoral de TAtlantique, dans la chaîne des Alpes, cette quantité d'eau est bien plus considérable, elle dépasse un et mémo deux mètres. Dans les plaines de la Russie, sur le plateau central de l'Espagne, la pluie au contraire est rare, la quantité tombée annuellement ne forme qu'une couche de 0'",iO de hauteur. Les montagnes arrêtent les nuages et les hauts plateaux sont par suite privés de Taclion fertilisante des pluies ; c'est ainsi que Madrid est une des villes de l'Europe où il pleut le moins, tandis que Lisbonne qui pourtant n'en est pas éloignée, est une de celles ou il tombe le plus d'eau.
En général quand une contrée est traversée du nord au sud par une chaîne de montagnes, le versant occidental qui reçoit directement les nuées de l'Océan, est plus arrosé que le versant oriental ; c'est ce qui a lieu pour les Cévennes.
Lds pluies se distribuent différemment suivant les saisons dans les divei'ses partiels de TEuropc. La saison pluvieuse est Vliiver dans la partie méridionale des trois péninsules Ibérique, Italique, Hellénique. C'est Yautomnc dans le sud-ouest de TEu* ropc et sur les cotes de l'Atlantique, c'est-à-dire dans le nord de l'Espagne, en France, dans la région alpestre, dans le nord de ritalit3, dans les lies Britanniques et dans la péninsule Scandinave. C'est Yêtê dans le centre et l'est, c'est-à-dire en Allemagne, dans les Pays-Bas, en Danemark, en Autriche et en Russie.
Les rivages de la Méditerranée, protégés des vents d'ouest et du sud-ouest par les liantes montagnes de l'Espagne, sont soumis à un régime différent.
— ZoncH climatériqucM. — Ces inlluences météorologiques combinées avec le relief du sol, la direction générale des vallées, la distribution des eaux, donnent naissance à des climats divers. A ce point do vue, on peut diviser l'Europe en quatre climats généraux, à l'intérieur desquels se trouvent nécessairement des contrées ayant des climats locaux fort différents les uns des autres. Ces quatre grands climats sont :
1^ Les climats hyperboréens, où il y a des nuits de plus de 24 heures et où la température est très-rigoureuse, ils comprennent les contrées voisines de l'Océan glacial dans le nord de la Russie.
2° Les climats continentaux, où il existe de très-gi\indes différences entre les températures de Tété et de l'hiver. Les contrées soumises à ces climats sont le plateau moscovite où notre armée eut tant à souffrir de l'hiver de 1812 à 1813, la région des steppes, la plaine polonaise, les côtes de la Baltique, la basse Allemagne, la Bohême, la région danubienne.
3"^ Les climats océaniques, remai*quables par la douceur relative de Tété et de l'hiver, par la fréquence des vents du sud-ouest et des pluies d'automne. La Norwége,
les Iles Britanniques, les Pays-Bas, la plus grande partie de la France, le Portugal, les Pyrénées sont soumis à ces climats marins.
4'Les climats méditerranéens, sous Tinfluence des vents bridants venant de l'Afrique, qui régnent sur les trois péninsules et sur le midi de la France. Ils comprennent du reste des climats très-divers ; ce sont les climats locaux du plateau central de l'Espagne où les hivers sont rigoureux, de la plaine du Pô qui est pluvieuse, du sud de l'Italie où il fait Irés-chaud, et les climats si variables de la Grèce et de la Turquie.
Liîgne» isotlicroies^ isotlières et i(i»€>chiinènes. — Sur les cartes indiquant les climats, on trace souvçnl les lifjncs isothermes] ce sont des lignes qui réunissent les points où la moyenne de la température de Tannée est la même, ces températures étant corrigées de l'influence exercée par la hauteur au-dessus du niveau de la mer. L'Europe est comprise entre les lignes isothermes 0° et -|- 20"*.
Pour se rendre compte du climat d'un pays, il ne suffit pas de savoir la température moyenne de l'année, il faut surtout comparer les températures moyennes de Tété indiquées sur les cartes x)ar les lignes isothcres et les températures moyennes de l'hiver indiquées par les lignes isocliinicncs.
Les lignes isothermes ne suivent pas les parallèles; les lignes isothères et isochimènes en différent encore bien plus. En Europe, les lignes isothères sont relevées vers le nord-est, les lignes isochimènes sont abaissées vers le sud-est; cela tient à ce que dans toute la plaine moscovite il y a entre l'été et Fhiver des différences de température moyenne qui atteignent SO'^, tandis que cette différence n'est que de 10 degrés à Lisbonne.
La ligne isochimène 0" part du sud de l'Islande, touche la Xonvége, traverse le Jutland du nord au sud, passe par Berlin, atteint le sud de la Grimée et est ensuite tracée parallèlement au Caucase. L'hiver est donc aussi rigoureux en Grimée qu'en Islande, c'est ce qui explique que nos troupes aient tant souffert du froid en 1855.
Les cultures sont liées aux climats, elles sont donc très-variées dans les divei*ses parties de l'Europe. Dans les régions du nord, on ne trouve que des lichens et quelques arbres rabougris; dans le sud de l'Italie, en Sicile, on trouve les orangers, les cotonniers, les palmiers; et dans l'intervalle toutes les végétations intermédiaires.
RELIEF DU SOL. — Le relief du sol n'est que la conséquence de la formation géologique. Le dépôt successif des nombreuses couches qui composent la croûte solide du globe, les bossellements lents qu'elles ont subis, les soulèvements peut-être brusques qui relevèrent les chaînes de montagnes, ont formé les continents et les îles, ont découpé les côtes suivant leur forme actuelle et de plus ont donné à chaque contrée, à chaque pays, un caractère rainéralogique et agricole particulier.
La théorie des soulèvements imaginée par M. Elle de Beaumont explique la