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CHAPITRE III. — GÉNÉRALITÉS SDR L'EUROPE

s'abaissant doucement vers la Baltique, puis aux montagnes du nord de TÉcosse et de rirlande.

Profondeur des mers. — Entre les continents et les mers, la séparation n'est pas nécessairement brusque et formée par une pente raide ; quelquefois la roche plonge tout-à-coup assez profondément, mais d'autres fois elle s'incline lentement et le rivage semble se continuer sous Teau. Eu général la profondeur croît d'autant plus rapidement que la côte est bordée de plus près par de hautes montagnes ; ainsi dans la Méditerranée, sur les c^tes de l'Espagne, de l'Afrique, de Tltalie, la sonde atteint bien vite une profondeur de 500 mètres, il n'y a d'exception que dans les parties qui sont ensablées par les alluvionsdes fleuves, comme les lagunes du Lan* guedoc, comme le fond de l'Adriatique qui est rempli par les sables apportés par le Pô. La plus grande profondeur de la Méditerranée entre la Corse et les Baléares, entre la Sardaigne et l'Italie, est de 2,800 mètres ; elle atteint même 4,000 mètres sur certains points de la côte d'Afrique.

Le fond de rArchipel a été relevé par des éruptions volcaniques et la profondeur est moindre.

La mer Noire, mer fermée par le Bosphore de Tlirace^ est ensablée au nord par les boues des grands fleuves qu'elle reçoit : le Danube, le Dniester^ le Dnieper; ces fleuves lui apportent une quantité d'eau qui est deux fois et demie plus grande que celle que reçoit toute la Méditerranée, en sorte que son tit)p plein se déverse par un courant violent à travers le détroit de Constantinople.

La mer d'Azow, que les anciens appelaient un marais, Palus Mèotide^ n*a que de 3 à 15 mètres de profondeur, elle est comblée par les alluvions du Don.

La mer Caspienne, que boixie une vaste contrée située à 15 mètres et plus audessous du niveau de l'Océan, est elle-même à 27 mètres au-dessous de ce même niveau ; dans le nord où elle est ensablée par le Volga, elle n'a qu'une faible profondeur et la navigation est très-difficile aux bouches de ce fleuve.

Dans rOcéan Atlantique, sur les côtes de la Norwège, de l'Ecosse, de la France et de l'Espagne, la mer atteint promptement une profondeur de 180 à 900 mètres. A l'extrémité du golfe de Gascogne, la sonde plonge à 4,500 mètres. Les plages de la Manche, de la mer d'Irlande, de la mer du Nord, de la Baltique ont des pentes beaucoup moins rapides ; ces mers n'atteignent pas 180 mètres de profondeur, eu sorte qu'elles forment au-dessus du fond de l'Océan, un plateau élevé qui semble réunir les Iles Britanniques, les péninsules Danoise et Scandinave au continent.

Grandes divisionii naturelles 4e l'Europe. — D'après les considérations d'ensemble qui viennent d'être indiquées sur le relief du sol, on voit que l'Europe peut se diviser au point de vue politique et au point de vue naturel, en buit régions principales qui sont :

1® la région hispanique, séparée du continent par la haute barrière des Pyrénées.

2** la région italique, bornée au nord par la chaîne des Alpes.

3*> la région fiellénique^ qui s'arrête aux Balkans.

4® la région française, comprise entre les Pyrénées, les Alpes et le Rhin.

'y"^ la région germanique, comprenant tout le centre de l'Europe.

G* la région russe, qui s'étend sur l'immense plaine orientale de TEuropo.

7* la région Scandinave, que forme la grande péninsule du Nord.

8** la région britannique, complètement isolée du continent.

Chacune de ces régions est susceptible de se subdiviser en plusieurs parties souvent fort différentes les unes des autres. Ainsi nous avons déjà vu que le Portugal était bien réellement séparé de l'Espagne par une barrière montagneuse qui assurait son existence politique indépendante. Il en est de même de la Norwége qui n'a rien de commun avec la Suède, ce sont deux royaumes à organisation politique distincte, mais reconnaissant un même roi.

La région hellénique, partout coupée de montagnes, se prête à la division, c'est pour cela que la Grèce, le Monténégro, la Serbie, ont pu se séparer de la Turquie et que bientôt peut-être l'Herzégovine imitera leur exemple. De même, la région germanique comprend un certain nombre de subdivisions naturelles qui correspondent à la Hongrie, à l'Autriche, à la Bohême, et à quelques-uns des États qui forment aujourd'hui l'empire d'Allemagne. Enfin l'Ecosse montagneuse a été longiemps indépendante et séparée de l'Angleterre, qui est un pays de plaines, mais là l'unité est faite depuis déjà bien des années.

A ces régions naturelles correspondent des groupes de population plus ou moins homogènes, et chacun de ces groupes considère les limites naturelles de la région qu'il occupe, comme la frontière qu'il doit atteindre. C'est de ces prétentions, de l'indécision qui existe sur la position de ces limites, que sont nées presque toutes les guerres qui ont ensanglanté l'Europe dans ces derniers siècles. L'Espagne dès la fin du XV® siècle arrivait à l'unité par la réunion des couronnes d'Aragon et de Castille sur la tête de Ferdinand-le-Catholique, par l'annexion des autres petits royaumes chrétiens, et par l'expulsion des Maures. L'Italie qui depuis 1859 a sucœssivement chassé tous les petits princes qui se partageaient la Péninsule, ne forme plus qu'une seule nation depuis l'occupation de Rome. L'Allemagne est aussi arrivée à constituer son unité à nos dépens après la guerre de 1870. La France a atteint la limite du Rhin sous la Révolution, mais pour la perdre après les fautes du premier Empire.

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