‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 52 sur 288 · CHAPITRE n. — SYSTÈME DiPENSIP DE U FRANGE. — FRONTIÈRE BU NORD · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — SYSTÈME DiPENSIP DE U FRANGE. — FRONTIÈRE BU NORD

Charleroi et de Naraur; Tune conduit à Maubeuge, par Beaumont; l'autre pénètre en France par Chimay, Trélon et Avesnes ; une troisième, par Rocroi, se dirige directement sur Reims; puis enfin deux roules venant de Philippeville et de Dînant se réunissent à Givet, pour suivre ensuite la Meuse jusqu'à Fumay, et se confondre avec la route précédente à Rocroy. Toutes ces routes traversent un pays peu productif qui n'offrirait aucune ressource à l'armée envahissante.

Une voie ferrée remonte la Sambre et conduit de Namur à Tergnier sur l'Oise, une autre remonte la Meuse et conduit par Givet, Mézières et Réthel à Reims ; ces deux voies sont réunies par trois autres ; dans Tintervalle, une autre voie pénètre en France par Chimay, Anor, et se dirige sur Paris par Hirson, Laon et Soissons. Au centre de la saillie formée par le territoire belge entre la Sambre et la Meuse, Anor et Hirson, deux positions militaires remarquables, sont des nœuds de chemins de fer, ce qui n'a fait qu augmenter leur importance reconnue depuis bngtemps. Après 1815, la Commission de défense et le Comité du génie ont proposé de fortifier Hirson, pour compenser la perte de Philippeville et de Marienbourg et pour rendi^e à cette partie de la frontière la force qu'elle avait perdue ; ce projet n'a pas été suivi d'exécution, mais aujourd'hui on fait de nouvelles études sur cette position.

Ce secteur n'est plus protégé, comme les précédents, par des inondations, pourtant on rencontre encore quelques lignes de défense formées par les petites rivières encaissées qui viennent se jeter daus la Sambre. La meilleure est celle de la Grande Helpe, qui est bordée de coteaux et qui s'appuie, à gauche, à la forêt de Mormal et» à droite, aux forêts de la Thièrache; au-delà, les bois se continuent tout le long de la frontière avec de rares interruptions. Cette ligue de la Grande Helpe n'est accessible de front que sur les quatre ou cinq points oïl se trouvent des ponts, mais elle peut être tournée par la droite, si l'ennemi pénètre par Chimay et si les trouées de Ohain et d'Anor ne sont pas défendues. Au centre, la place d'Avesnes gardait la principale route et était destinée à favoriser les manœuvres de l'armée défensive ; mais elle était dominée de toutes parts et a été déclassée en 1867. En arrière, l'obstacle de la Petite Helpe est encore moins bon et moins fort que le précédent; l'ennemi l'évite aussi en passant par Chimay.

Toute la droite de cette section est bien plus difficilement aboi*dable que les diverses parties de la frontière que nous avons étudiées jusqu'à présent. Là commencent en effet les immenses forets des Ardennes qui limitent à l'est le théâtre d'opérations de la Belgique et le séparent du théâtre d'opérations de la Moselle et de la rive gauche du Rhin. Ces forêts laissent entre elles quelques éclaircies, où on a tracé les routes qui donnent accès sur notre territoire.

RocFoy. — Nous avons déjà signalé au milieu de ces forêts l'importance des positions d* Ohain au sud de la forêt de Trélon et d'Anor auprès des sources de l'Oise, elles forment des défilés faciles à défendre. Plus à l'est, se trouve le plateau où est située la place forte de Rocroy qui garde les grandes routes de Chai*leroi

OU de Namur à Reims et le principal défilé de la Thiérache; ce plateau dénudé forme une éclaircie de 10 kilomètres de large ; au sud on retrouve des bois et on ne peut aborder le plateau de ce côté que par la grande route qui passe au milieu des forêts ou par le défilé de Maubert-Fontaine et i*Etaiffnières^ en sorte qu'une armée qui assiège la place n'a qu à garder ces deux défilés pour empêcher toute armée de secours d'y arriver; les Espagnols en 1643 avaient négligé cette précaution, ce qui permit au duc d'Enghien de pénétrer sur le plateau et d'y gagner la célèbre victoire de Roci'oy. Celle pclile place n'est plus aujourd'hui qu'un poste secondaire.

Givet. — La grande place de Givet, ou plutôt des Givet, à l'extrémité du saillant que forme la fi-ontière sur la Meuse, est aussi utile au point de vue de TolFensive que de la défensive, elle domine toute la vallée de la Meuse et les routes qui la suivent ; elle se compose de quatre parties : Givet Saint-^Hilaire et le fort de Charlemont sur la rive gauche, reliés par un pont en pierre à Givet Notre-Dame et au Mont d'Haurs situés sur la rive droite. Sur cette dernière rive, en avant du mont d'Haurs, se trouve un beau camp retranché naturel entre les escarpements de la Meuse et du petit ruisseau de la Houille. La retraite peut se faire par la rive gauche de la Meuse sur Fumay et Rocroy, ou en partant du camp retranché par la rive droite sur Monthermé et Mézières. D'autre part les routes et les trois voies ferrées qui partent de cette place vers Liège et vers la Sambre, la rendent surtout précieuse au point do vue de Toffensive, et permettent à nos troupes de s'emparer rapidement des plus importantes positions militaires de la Belgique, soit sur la Meuse, soit sur la Sambre ; cette dernière rivière nous a presque toujours servi de base dans nos opérations sur Bruxelles et sur le bassin de TEscaut.

Méadères et Sedan. — Les communications de Givet avec la France sont assurées par la place de Mézières qui ferme un coude de la Meuse propre à servir de camp retranché, malheureusement ce camp comme la ville est dominé de toutes parts et en particuHer des hauteurs de Saint-Laurent à Test, de Mahon et (ÏEvigny au sud, c'est de laque les Prussiens la bombardèrent en 1870. Il existe sur la rive gauche de la Meuse deux têtes de pont : Tune au nord, entre Mézières et Charleville, c'est la tête de pont d'Arches; l'autre au sud, c'est Vouvrage à cornes de Champagne. Mézières, située au centre des forêts des Ardennes et à l'intersection de deux voies ferrées importantes, serait bien placée pour servir de dépôt et de point d'appui à un corps d'armée chargé de défendre les défilés longs et difficiles qui traversent ces forêts.

Sedan occupe le principal de ces débouchés où passe la grande route venant de Bouillon, route qui sera bientôt doublée d'un chemin de fer; cette place si tristement célèbre dans notre histoire est située sur la rive droite de la Meuse au-dessous de l'embouchure du Chiers ; de l'autre côté de la rivière se trouvait Yenceinte de Torcy ; comme Mézières, cette place est destinée à servir d'appui aux

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