CHAPITRE n. — SYSTÈME BÉFENSIF BE LA FRANCE. •— FRONTIÈRE DU NORD
» amener; puis ce fait que les places n'interdisent à Tennemi que le point qu elles » occupent, qu elles sont de lourdes masses qui ne se meuvent jamais, au lieu qu'une 1» puissante armée se transporte, en impose et s'oppose partout ; et que si, au contraire, » cette armée est réduite à une fâcheuse défensive qui l'oblige perpétuellement à se » réfugier à l'abri de quelques-unes de ces places, elle aura tous les jours le chagrin î> de voir l'ennemi gagner sur elle par les subsistances qu'il tirera de nos pays et » les établissements qu il y pourra prendre, ce qui serait d'autant plus apparent • que ses forces ne seront pas affaiblies par la garde de ses postes fortifiés puisqu'il » n'en a que très-peu. »
Ce sont encore lés mêmes raisons qu'on fait valoir aujourd'hui pour supprimer les fortifications qui ne sont pas indispensables, et on voit que déjà à cette époque nos voisins avaient beaucoup moins de places fortes que nous.
Si nous considérons d'ensemble cette frontière de Belgique, nous voyons que l'ennemi ne se jettera pas dans la Flandre, qui est marécageuse et trop près de la mer, ni dans le massif des Ardennes, qui est trop difiicile à attaquer; ce sont les routes entre la Lys et la source de l'Oise qu'il suivra de préférence. Celles qui sont à l'ouest de l'Escaut et de la Scarpe, viennent rencontrer la vallée tourbeuse de la Somme; celles qui sont à l'est et partent de Mons ou de Charleroi, suivent la vallée deTOise. La plus directe de ces routes est celle qui passe par Maubeuge^ Avesnes^ Laorty Soissons et Paris; elle est doublée d'un chemin de fer passant par i4Mor,fftr5on, Laon, Soisso7i$ et Pam, sur lequel existent deux tunnels importants : l'un de 500 mètres, au nord de Soissons ; l'autre, courbe, est de 1 ,500 mètres, au sud de cette même ville.
La grande ligne de Belgique à Paris par Saint-Quentin serait barrée par la destruction du viaduc de Dusigny^ au-dessous de la bifurcation des lignes venant de Lille et de Mons; il a 12 arches de 24 mètres de hauteur.
Les voies ferrées à l'ouest de cette dernière traversent la Somme sous le canon de Péronne ou, plus bas, sur des remblais ou sur des ponts qu'il serait difiRcile à Tennemi de réparer, s'ils avaient été détruits.
La voie ferrée de Givet, MézièreSy Reims pourrait être facilement détruite dans son parcours le long de la Meuse, entre Givet et Mézières, où existent plusieurs (wnncls; un txmnel de 150 mètres se trouve sous le feu de la citadelle de Mézières; au nord de Rethel, le chemin de fer traverse plusieurs tranchées très-profondes; au sud de cette ville, il passe sous un tunnel de 750 mètres de long, ouvert sous la montagne qui sépare la vallée de l'Aisne des plaines de la Champagne; enfin, entre Reims et Épernay, il passe encore sous le tunnel de Rilly, long de 3,250 mètres.
Tels sont les principaux travaux d'art dont la destruction empêcherait au moins momentanément l'ennemi d'utiliser les voies ferrées conduisant de la frontière du nord vers Paris.
D'après l'étude que nous avons faite de cette frontière, on voit que les principaux points stratégiques qui joueraient un grand rôle dans sa défense, lOill : le groupe de
Géographie. l
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places deDunkerque, Bergues, Saint-Omer et Calais, gui forment système; le triaiif^Ie foriné par les places de Lille, de Valenciennes et de Douai; puis Givet, Hirson, Héziôres, et, plus en arrière, Amiens, Péronne, Saint-Quentin, Laon, Soissons et Reims.
OITensive sar la Belgique. — Si, au lieu d'avoir à nous défendre, nous prenions TofTensive, nous aurions, comme nous l'avons déjà dit, toutes les facilités possibles, pouvant utiliser les nombreuses routes ou voies ferrées de la Belgique, qui ne sont plus barrées par des places fortes et qui nous permettraient de nous poKer en quelques jours à Bruxelles ou sur la Meuse ; mais si nous avions les Belges contre nous, notre armée devrait laisser de nombreux corps pour observer ou assiéger Anvers, Termonde et Diest, ce qui l'affaiblirait beaucoup et ce qui compenserait largement l'avantage que nous pourrions avoir à violer la neutralité belge dans le cas d*une guerre avec TÂllemagne.