‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 55 sur 288 · FRONTIË&E DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

FRONTIË&E DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

Aommaire : DESCRIPTION DU PAYS EN AVANT ET EN ARRIÉRE DE LA FRONTIÈRE.

— OROGRAPHIE. -— Les Vosges. — Les Hautes-Vosges. •- Les Basses- Vosges. — Campagne de Turenne en 1674. — Résumé des communications à travers la chaîne des Vosges.

— Le Hardt. — Plateau de We^trich. — Le Hochwald et le Hûnsrûch. — Les Faucilles.

— Le plateau do Langres. — Les Monts de la Côte-d'Or. — Les Monts du Morvan. -^ Le plateau Séquanais.

HYDROGRAPHIE. — Le BJj^ et ses affluents de gauche. — La Moselle. — La Saône. — Le Doubs.

DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE. — Chemins de fer. — Tunnels et viaducs qu'ils franchissent. — Emploi des chemins de fer pour la concentration de Tannée sur la frontière. — Places fortes de TAlsace et de la Lorraine avant et api^s la dernière guerre. — Metz et les places de la Lorraine. — Places des Vosges et de la Basse-Alsace. — Strasbourg. — Anciennes places de la Haute-Alsace. — Campagne de 1870.

ORGANISATION DÉFENSIVE ET OFFENSIVE DE LA FRONTIÈRE D'ALLEMAGNE. — Places de première ligne : Touî, position de Commercy, Verdun, trouée entre la forêt de Haye et les Vosges, Épinal, Forts de la Haute-Moselle, Belfort. — Offensive. — Positions de seconde ligne : Langres, Dijon, Auxonne, Besançon, La Falaise tertiaire, Reims, Nogent-sur-Seine.

— Paris, objectif décisif et réduit central. — Description topographique. — Situation de Paris en 1814. — Situation de Paris en 1813. —Situation de Paris en 1870. — Nouvelle organisation de la défense, nouveaux forts. — Considératiofis stratégiques sur la rive gauche du Rhin.

Les confÎDs entre la France et rAllemagne partent de Longwy et atteignent la frontière suisse auprès de Délie; ils s'étendent entre ces deux points sur une Ion-gueur de 70 Aeues. Nous avons déjà étudié le pays en arrière de la partie nord de cette frontière. La plaine qui s'étend au pied des collines de la Meuse jusqu'aux hauteurs qui bordent la rive gauche de la Moselle, est tout-à-fait plate et par suite la frontière dans toute cette partie ne correspond à aucun accident du sol; sur la rive droite de la Moselle, elle laisse à TAllemagne presque tous les marécages de la Seille et en somme il n'y a pas d'obstacle naturel jusqu'au Donon. Â partir du Donon, elle suiilajcrête des Vosges, et nous allons décrire ces montagnes.

« OROGRAPHIE DKS PAYS EN AVANT ET EN ARRIÈRE DE LA FRONTIÈRE. '^ Lmi Vtosces. -^ La chaîne des Vosges se drcsso au nord de la trouée de Bel'

fort qui la sépare du Jura et où déjà le calcaire jurassique a fait place aux alluvions anciennes de la Bresse; elle acquiert de suite une hauteur considérable et se dirige du sud au nord parallèlement au Rhin jusqu'au coude que forme ce' fleuve à Mayence. C'est au sud que le massif montagneux présente la plus grande épaisseur, qui est de 60 à 70 kilomètres.

Au point de vue géologique, le gi'anit domine dans la partie sud, accompagné de gneiss, de syéni te et d'ilôts de grès rouge vers Giromagny et Saint-Dié, puis une bande de grès des Vosges s'étend depuis Epinal et Remiremont jusqu'au nord de Kaiserslaûtern, où elle atteint une largeur considérable.

Le versant oriental est beaucoup plus raide que le vei'sant occidental, qui se prolonge en longs rameaux jusqu'au plateau delà Lorraine. Cette différence de pente tient à ce qu'autrefois les deux chaînes des Vosges et de la Foret-Noire, qui courent parallèlement l'une à l'autre de chaque coté du Rhin, ne formaient qu'une seule et même chaîne : la vallée actuelle du Rhin provient d'un abaissement de la partie centrale de cette chaîne. Il en résulte que les petits affluents du Rhin qui prennent naissance dans les Vosges, ont tracé leurs lits au milieu des éboulis, et que la crête de ces montagnes, très-marquée dans la partie sud, est extrêmement sinueuse. Les plus hauts sommets ne sont pas toujours sur cette crête, ils se trouvent souvent à l'est, et ce sont des témoins de l'ancienne montagne qui ne se sont pas écroulés. Les éboulis ont formé du côté du Rhin une suite de pitons encore couronnés de ruines d'anciens châteaux du Moyen-Age qui donnent à tout ce versant un aspect fort pitto* resque; ils se terminent brusquement sur la plaine qui est très-nettement bornée par le pied des pentes et qui a une largeur moyenne de 23 kilomètres. Dans ces derniers temps, l'industrie a utilisé la force motrice fournie par les petits cours d'eau des Vosges, et, attirée par le bon marché de la main-d'œuvre, elle s'est installée dans les vallées et a créé sur les deux versants d'immenses usines.

Les Vosges, contrairement à ce qui a lieu pour beaucoup de montagnes françaises, ont conservé leurs belles forêts d'arbres à aiguilles et aussi de chênes et de hêtres. A une certaine hauteur, les bois disparaissent, pour faire place à un gazon court et serré qui recouvre les Ballons et les Hautes-Chaumes ; quelquefois la roche nue apparaît et forme les immenses escarpements qu'on voit du côté de la plaine de l'Alsace. Ces montagnes, par suite de cette configuration, sont donc un obstacle surtout pour celui qui veut les franchir de Test à l'ouest ; c'est sur le versant oriental qu'on a eu le plus de difficulté, à tracer les routes, c'est donc sur ce versant qu'on avait disposé les fourneaux de mine destinés à les détruire ; ils appartiennent maintenant à l'Allemagne, ils n'ont pas été utilisés dans la dernière guerre.

Au point de vue de l'élévation, on peut diviser la chaîne des Vosges en trois parties : la première, depuis le Ballon d'Alsace jusqu'au Donon, forme les Hautes- Vosges; la seconde, depuis le Donon jusqu'à Bitche, porte le nom de Basses- Vosges; la troisième va jusque près dé Mayence et s'appelle le Hardt.

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