CHAPITRE III. -^ FRONTIÈRE DU N0RD-E8T OU D'ALLEMAGNE
nord, au milieu d'immenses forêts, jusqu'à la trouée de Saverne^ où elle est percée par la Zorn.
Les cours d*cau du versant alsacien, dans les Hautes- Vosges comme dans les Basses-Vosges, sont profondément encaissés entre les contreforts courts et élevés de la chaîne principale. La Bruche fait exception, elle coule du sud au nord parallèlement à la crête dans une vallée large et d'un parcours facile. La haute vallée de la Bruche est séparée de la plaine de l'Alsace par le massif du Champ de Feu (1084 mètres), couvert d'immenses forets et traversé seulement par quelques chemins forestiers. Le meilleur de ces chemins est celui qui va de Foiiday à Barr par le Ban de la Roche et les chaumes du Champ de Feu, il est praticable aux voitures.
A l'ouest de la partie de la chaîne comprise entre le Honech et le Donon, des contreforts qui perdent peu à peu de leur hauteur et qui unissent par de simples collines sur le plateau de la Lorraine, séparent les divers affluents de la Meurthe. Entre Bruyères et Saint-Dié se trouve un massif isolé, boisé et profondément découpé par le ruisseau de Roxiges-EauXy il n'est travei^sé que par une seule route mettant en communication Bruyères ^ soit avec Saint-Dié ^ soit avec la Bourgonce,
Les routes qui font communiquer la vallée de la Meurlhe avec l'Alsace sont très nombreuses, et, comme cette vallée au-dessus de Raon-l'Etape est parallèle à la crête des Vosges, elles sont reliées entre elles par d'autres routes qui longent le pied même des montagnes. Elles ne traversent donc pas de longs défilés isolés les uns des autres, presque tous les cols au nord de celui du Bonhomme sont très-ouverts, et bien que le pays soit accidenté, boibé, il suffit que l'ennemi soit maître d*une seule route pour rendre la défense des autres impossible.
La route du col du Bonhomme (949 mètres), fait communiquer Saint-Dié et Colmar par Fraize^ la Poutroye et Kaisersbcrg; la montée commence un peu après Fraize où une nouvelle route évite les pentes trop raides par de nombreux lacets, tandis que l'ancienne, qui n'est plus entretenue, montait directement au col. Les Allemands ont projeté de construire un fort à la Poutroye pour barrer cet important passage, mais ce projet n'a pas encore reçu de commencement d'exécution. Au sud se trouve un assez mauvais chemin de terre qui conduit du Valtin à Orbey et rejoint la route précédente un peu au-dessous de la Poutroye.
La route du col de Sainte-Harie-aux-Hines (780 mètres), met en communication Sainl'Dié ei Sainte'Marie-auX'5îines et se prolonge d'un côté sur Bibcauvillé, de l'autre, doublée d'un chemin de fer, sur Schvlesladt.
Ces routes sont jointes l'une à l'autre et à la route de la Schlûcht par un chemin parallèle à la crête des Vosges passant par Gérardmer, le Valtin, Fraize^ la CroixauX'Mines et Laveline^ il franchit entre les affluents de la Meurthe des cols peu élevés, mais dont les rampes d'accès sont souvent raides.
La grande route de Sainl-Dic à 5/^/^7 /c^ (558 mètres), qui descend ensuite toute la vallée de la Bruche jusqu'à Miitzig et Strasbourg^ ne traverse ni col, ni défilé, tant la crête des montagnes est peu marquée; le village de Saalesest sur le plateau pu sq
fait le partage des eaux des deux versants ; les pentes sont très-faibles, la vallée de la Bruche est très-ouverte, riche, industrielle et bien cultivée ; à Rothau pourtant les montagnes des deux côtés se rapprochent et forment un défilé. Sur cette artère s'embranche un chemin conduisant de Provenchères à Ville par Urbeix (622 mètres), en passant au sud duClimont. Une autre route, partant de Bourg-BriXche en Alsace, passe au nord de cette même montagne et mène également à Ville et à Schélestadt, A Saales convergent encore deux routes venant de Raon-l'Etape et de Sénottes^ elles franchissent la frontière sans rencontrer d'obstacle. Un peu plus bas dans la vallée de la Bruche, aboutissent à gauche deux routes venant de Senones; celle qui coupe la rivière à Saint-Biaise, se prolonge à Test vers Ville; c'est la grande route de Raon-rElapeà Ville par Saint-Biaise, A droite, à Fonday, aboutit la route du Champs de'Feu qui vient de Barr. A Schirmeck débouche la belle route (740 mètres au col) qui vient de Raon-l'Etape par la pittoresque vallée de Celles ou val de Plaine, resserrée entre les bois et les montagnes ; elle passe au pied môme du Donon avant de descendre par des pentes assez raides et des lacets dans la vallée de la Bruche. Cette route est fort importante au point de vue militaire, c est la communication la plus directe entre Strasbourg et la vallée de la Meurthe, elle évite de remonter jusqu*à la source de la Bruche. Elle fut suivie par Werder en 1870.
Enfin, plus bas encore arrive d'ans cette même vallée un assez bon chemin venant de la vallée de la Sarre par le Prancey (983 mètres), mais il appartient tout entier à l'Allemagne. Les immenses forêts qui sont au nord du Donon et du Prancey, ne sont encore traversées que par des sentiers; mais les Allemands sont entrain d'y créer des routes empierrées qui pourront leur rendre des services en temps do guerre en facilitant le débouché de Strasbourg sur Lunéville.
Les Basses- Vosg^es. — Au nord du Donon et du Prancey, les Vosges perdent beaucoup de leur hauteur et de leur épaisseur, leurs sommets n'ont plus que de 4 à 500 mètres, elles forment une ligne de forêts et de montagnes d'assez faible largeur d'abord, mais qui entre Bitche et Wissembourg reprend une épaisseur de 38 kilomètres ; la crête est moins marquée que dans la partie sud ; l'ensemble des Basses-Vosges forme un plateau qui est longé à l'ouest par la vallée de la Sarre et qui à l'est tombe sur la plaine du Rhin en pentes rapides coupées de gorges étroites ; la plaine de l'Alsace atteint une largeur de 38 kilomètres entre la Briiche et la Lauter, mais les montagnes ne s*y terminent pas aussi brusquement que dans la partie sud, elles détachent de nombreuses collines qui recouvrent la plaine jusqu'à 8 kilomètres du fleuve et qui même l'atteignent en certains points.
Une route càiTOssable suit le plateau du sud au nord, depuis Phalsbourg jusquà Bitche ; elle est coupée par toutes les routes qui mettent en communication la vallée de la Sarre avec la Basse- Alsace.
Lé canal de la Marne au Rhin et le chemin de fer de Paris à Strasbourg (280 mètres), franchissent l'obstacle au même point sous deux tunnels contigus et parallèles^ à peu