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CHAPITRE III. ~ FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

près de même longueur (2,800 mètres), au village d*Arschwiller, que domine aujourd'hui un fort d'arrêt prussien ; les deux voies suivent ensuite la vallée de la Zorn et ne se quittent pas jusqu'à Strasbourg; \a route de terre passe plus au nord, à Pbalsbourg (428 mètres), et les rejoint à Saverne, de là elle se dirige sur Strasbourg par Wasselone, tandis que la voie ferrée décrit un grand arc de cercle au nord.

En 1870, aucun ouvrage de fortification ne barrait, à la traversée des Vosges, cette ligne de fer si importante, et on ne prit mémo pas la précaution de détruire le tunnel d'Arschwiller que Fennemi n aurait pu tourner, et qu'il aurait eu bien du mal à réparer, La place de Phahbounj interceptait bien la route, mais n'avait aucune action sur le chemin de fer. La vallée de la Zinlzel permettrait de tourner au nord le col de Saverne; mais elle est resserrée entre des rochers et n'est suivie par aucun chemin praticable aux voitures.

Trois routes aboutissent dans la vallée de la Moder, ce sont : celle de Saar-l'nion à Ingwiller par la Petite-Pierre (379 mètres) ou nous avions, en 1870, un petit fort dominé et sans valeur; le chemin de Saar-Union à Puberg et à Ligtviller; la grande route de Sarreguemines à Ingwiller et Haguenau par le Koesberg (iOO mètres) ; de bonnes routes au pied même des montagnes mettent en communication les débouchés do ces dernières en Alsace, et réunissent les villes de Saverne, Douxwiller, Ingwiller et Niederbronn. C'est par la route de Niederbronn à Saverne, qu'après la bataille de Wœrth, s'effectua la retraite du i" corps de Tarméc française; elle aurait pu être protégée par les troupes du 5** corps, si celles-ci avaient occupé les importantes positions de Puberg et de Koesberg dont l'action s'étend jusqu'au débouché d'Ingwiller. Sur un piton, au nord de la Moder, se trouvait le fort de Lichtenberg qui voyait bien les vallées voisines, mais qui ne commandait aucune route importante; il ne barrait que la route secondaire de Rothbach à Wimmenau.

Le chemin de fer de Sarregxiemines à Haguenau semble d'abord vouloir suivi*e le même tracé que la route du Koesberg, mais il se dirige vers le nord, il passe sous le canon du fort de Bitche et, après avoir traversé un défilé long et étroit, il débouche en plaine ii Niederbronn et à Reiclishoffeji, localités qui n'étaient connues jadis, l'une que par ses eaux minérales, l'autre que par ses usines métallurgiques, et qu ont l'endues célèbres la glorieuse résistance et finalement la terrible défaite de l'armée du maréchal de Mac-Mahon, le 6 août 1870. A la fin de cette journée, la plus grande partie des troupes efleclua sa retraite par Saverne, quelques bataillons se retirèrent par la route de Bitche (418 mètres), qui suit le même défilé que le chemin de fer, A Bitche avaient été réunis et furent laissés tous les approvisionnements du 5* corps, commandé par le général de Failly, ce qui permit à cette petite place de prolonger sa résistance pendant toute la durée de la guerre. De Bitche part encore une autre route qui conduit à Wissembourg par Obersteinbach et le col du Pigeonnier (437 mètres).

Les Vosges, avant 1870, étaient, bien plus que le Rhin, le véritable obstacle qu'avait à vaincre une invasion venant du sud-est; la plaine deTAlsace, en effet, était

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ouverte et sans défense; les nombreuses îles du Rhin, au-dessus et au-dessous de Strasbourg, permettaient à l'ennemi d'en surprendre et d'en effectuer facilement le passage ; du reste il était, plus au nord, en possession des deux rives par des forteresses de premier ordre. Dans le cas d'une attaque venant du nord-est, comme c'était le cas en 1870, il était encore nécessaire d'occuper fortement les Vosges pour défendre à la fois la Lorraine et l'Alsace et frapper des coups, soit à droite, soit à gauche; il eût donc fallu maîtriser les passages transversaux au moyen de postes fortifiés qui eussent en même temps servi de dépôts de matériel et de munitions. Bitche^ avec sa large enceinte au pied du château, permettait d'abriter tout le matériel d'un corps d'armée et pouvait ainsi rendre de grands services à la défense ; malheureusement elle n'avait guère d'action offensive, n'ayant pas de communication directe avec les importantes positions de Pirmascns et de Kaiscrslaûtern qui sont les clefs du Palatinat. Cette place commande les lignes de la Sauer et la Moder, qui barrent la vallée de l'Alsace.

Campafl^ede Tupenne en f 674. — Les Vosges, par leur épaisseur, par leurs forêts, par le peu de communications qui existaient entre les deux versants, il y a deux siècles, permirentla belle campagne de Turenne en 1674. Dans la première période de cette campagne, Turenne, qui gardait le cours du Rhin depuis Bâle jusqu'à Mayence et qui possédait les ponts de Philippsbourg et de Brisach, avait battu Caprara à Sintzheim, sur la rive droite du fleuve, avant la jonclion de ce général avec le duc de Beurnonville, qui lui amenait un secours de 15,000 hommes, secours considérable à cette époque où les armées n'étaient guère que de 30 h 40,000 hommes; puis, quoique victorieux, il était repassé sur la rive gauche. Ayant reçu de nouveaux renforts, il fit encore sur la rive droite du Rhin une incursion, qui lui assura la possession du Palatinat pour y faire vivre son armée.

L'armée allemande, forte de 35,000 hommes au commencement d'août, profita de sa supériorité numérique pour prendre l'offensive et passer le Rhin à Mayence; mais Turenne, posté derrière Landau avec 20,000 hommes, l'empêcha de pénétrer en Alsace et en Lorraine ; les armées s'observèrent jusqu'au 20 septembre. A cette époque, les alliés, ayant obtenu des Strasbourgeoisle passage sur leur pont, se portèrent sur Strasbourg par une marche rapide sur la rive droite et repassèrent en ce point même sur la rive gauche. Turenne, qui n'avait pu les prévenir, couvrit la basse Alsace en s' appuyant sur les places de Saverne et de Haguenau, pendant que les coalisés, établis derrière la Bruche, tiraient leurs subsistances de Strasbourg et de la Haute -Alsace.

Au commencement d'octobre, l'armée française prit l'offensive, et, malgré l'infériorité numérique de ses forces, Turenne, informé qu'un secours de 20,000 hommes allait arriver à l'ennemi, lui livra bataille à Entzheim au sud-est de Strasbourg. Après cette journée indécise, il vint reprendre sa position entre la Zorn et la Moder, et, par ses habiles dispositions, i*endit infructueuses toutes les tentatives de

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