‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 59 sur 288 · CHAPITRE lïl. — FRONTIÈRE BU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE lïl. — FRONTIÈRE BU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

rennemi pour le repousser en Lorraine. Les Impériaux se répandirent alors en Al* saceety prirent leurs quartiers d'hiver.

Turenne passa, le 29 novembre, le col de la Petile-Pierre, trouva on Lorraine les renforts qu'il attendait et, au lieu d'entrer en canlonneuienls, il commença ime campagne d'hiver dans le but de surprendre renuenii v\ do h rejeter audelà du Rhin. Il fit filer tous ses corps en arrière des Vo?}j:i»s |)ar Lorquin, Blamont, Baccarat, Reniiremont jusqu'à Belfort, ou il arriva le 27 dûcvmbre; il marcha vers Mulhouse, rejeta sur Bâle un corps ennemi de 10,000 hommes, et arriva le 4 jdnvier devant Colmar, ou Beurnonville avait eu le temps de réunir ses troupes et où il leur avait fait prendre position en arrière de la Fecht. La bataille de Tûrkheim ne fut que le résultat d'un mouvement tournant de Turenne sur l'aile droite des ennemis; elle ne dura qu'une heure; ceux-ci démoralisés ne tinrent pas et se replièrent pendant la nuit sur Schélestadt et Slrasliourg, où ils repassèrent le Rhin. L'Alsace était délivrée et l'armée put y prendre en sûreté ses quartiers d'hiver.

Napoléon, dans ses Mémoires^ admire la conception de ce plan de campagne, mais il en bhlme l'exécution ; dès que Turenne fut à Belfort, son mouvement fut démasqué à l'ennemi, il eût fallu alors le surprendre partout, l'empêcher de se réunir, et arriver avant lui aux ponts du Rhin pour lui couper la retraite. Neuf jours s'écoulèrent entre l'arrivée à Belfort et la bataille de Tûrkheim, c'est six de trop.

Si, au lieu de déboucher par l'extrémité des Vosges, Turenne eût passé les cols de la partie centrale, il eùl eu plus de chances d'arriver au pont de Strasbourg avant que les cantonnements ennemis ne se fussent ralliés, et c^était là le but de l'opération ; mais peut-être la saison, Tétat des chemins, lui interdisaient-ils cette

marche.

Résumé des commiinications ù. travers la chaîne des Vosg^es.

— Aujourd'hui les routes sont beaucoup plus nombreuses et mieux entretenues qu'à cette époque, ce qui ôte à cette barrière beaucoup de sa valeur : la partie qui séijare la France de l'Allemagne entre le Ballon de Servance et le Donou est traversée par quatorze routes que nous avons déjà décrites; elle n'est encore franchie par aucune voie ferrée, mais de nombreux embranchements pénètrent jusqu'au fond des vallées des deux versants. Plusieurs de ces tronçons seraient sans doute réunis aujourd'hui, si la guerre de 1870 n'eût mis à néant ou du moins retardé l'exécution des projets. Ces embranchements se détachent en Alsace de la grande ligne de Belfort à Strasbourg qui descend la vallée du Rhin entre le fleuve et les montagnes ; ils aboutissent à Seutheimy à Wesscrlinfj, à Giiebwiller, -d Munster^ à Sainte-MarieauX'Mines, à Bair, à Miitzig et à Wasseloiine. Les Prussiens vont prolonger au nord jusqu'à Saverne la ligne de Molshciin-Wasselonîic et au sud jusqu'à Schélestîidt celle de Molsheim-Barr , de manière à dégager la grande ligne du Rhin. Sur l'autre versant, les embranchements se détachent de la ligne de Port-d'Atelier à Blainville

OU de la ligne de Nancy à Strasbourg ; ils aboutissent à Remiremont^ à Granges, k Rambervillers, à Saint^Dié et à Cirey à l'est de Blamont. La ligne de Saint-Dié sera bientôt réunie à celle de Granges par Fraizc et Laveline^ cette dernière sera prolongée jusqu'à Gérardmer.

Quand nous nous occuperons du rôle défensif de Belfort, nous énumércrons les nombreuses routes qui traversent le col de Valdieu (J20 mètres). Voici le tableau de celles qui traversent la portion des Vosgos que nous avons décrite :

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