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CHAPITRE III. - FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

haute vallée de la Saôue versDarney et Monthureux forment une véritable falaise du haut de laquelle on domine un immense horizon de forêts.

Les Faucilles sont traversées parle chemin de fer d'Épinal à Port-d'Atelier, puis par les nombreuses routes qui, partant à'Épinal^ de Mirecourt^ de BulïjJicvUle^ de La UafxhCy mettent en communication les vallées de la Moselle, du Madon et de la Meuse avec la vallée de la Saône.

Le plateau de Lianflpres. — Vers les sources de la Meuse, le sol change de nature, on retrouve le terrain jurassique et là commence le plateau de Langres, assez déchiqueté d'abord et formant vers Test une falaise continue que doivent couronner les forts détachés de Langres. Vers Chalindrey, les escarpements qui terminent le plateau sur la vallée delà Saône, quittent la direction nord-sud pour s'incliner un peu plus à l'ouest, ils sont longés par la ligne en construction de Dijon à Langres et sont de moins en moins marqués à mesure qu ou avance vers le sud. A l'ouest des sources de la Marne et par suite à l'ouest de Langres, le plateau forme une vaste surface plate dépouillée de ses bois, nue et monotone, son élévation est de 450 à 460 mètres, puis au sud-ouest il se termine au milieu d'immenses forêts qui s'étendent du côté du nord jusqu'à ChàteauVillain et Chàtillon-sur- Seine. Au sud, entre l'Oze, la Brenne et l'Armançon, se trouve une région dont le sous-sol imperméable entretient la fraîcheur, c'est l'Auxois. Les rivières y sont profondément encaissées et les plateaux qui les séparent atteignent 500 h 570 mètres de hauteur. Auprès de Flavigny, s'élève le mont Auxois (418 mètres) qui domine la plaine des Laumes, et où est assise la ville dM/wc, dernier boulevard des Gaules contre César, qui fut défendu avec tant d'opiniâtreté par Vercingétorix.

Le plateau de Langi*es n'est pas un obstacle sérieux, les communications y sont nombreuses et faciles, les difficultés se réduisent à franchir les pentes du versant sud, assez raides, il est vrai, mais très-courtes; la partie sud jusqu'à la vallée de rOuche est très-boisée, et les routes qui conduisent du bassin de la Seine à celui de la Saône, traversent dans ces forets de longs défilés qui sont isolés les uns des autres. Au commencement de 1871, ce n'est pas sans hésitation et sans de minutieuses précautions que les Prussiens s'engagèrent sur ces routes dangereuses où les Garibaldiens auraient dû les arrêter.

Bientôt le plateau de Langres sera traversé par un canal destiné à mettre le canal de la Marne au Rhin en communication dii^cle avec la Saône. Sa traversée par les voies ferrées exige des travaux d'art coûteux, aussi les cheniins de fer de la vallée de la Seine viennent-ils se réunir à Chaumont avant d'arriver à Langres et avant de passer sous le tunnel de Chalindrey de 1,400 mètres de longueur, puis ils se bifurquent aussitôt après avoir débouché dans la vallée de la Saône et se dirigent vers Belforl^ vers Gray ou v^rs Dijon.

Le plateau de Langres a une très-grande importance au point de vue géographique à cause de sa position entre la vallée de la Saône et celle de la Seine, c'est le GcnQfoph î>. rt

lu LIVRE II. — LA FRANGE.

point de passage le plus commode entre ces deux bassins et aussi entre le bassin du Rhin et celui de la Seine, car il se trouve sur la ligne droite qui joint Belfort à Paris, et la trouée du col de Valdieu fournit déjà une communication naturelle entre le Haut-Rhin et la Haute-Saône. C'est cette circonstance qui a conduit à créer le camp retranché de Làngrcs, qui exerce son action à la fois sur les théâtres d'opérations des bassins de la Saône et de la Seine. Au point de vue hydrographique, le plateau de Langres est le point de départ de très-nombreux cours d'eau ; c'est sur son versant nord que prennent naissance les principaux affluents de la Seine, traçant ainsi des routes faciles vers le centre de ce riche bassin.

Les Monts de la Côtc-d'Or. — Au sud du plateau de Langres se trouvent les monts de la COte-d'Or, qui ont de 5 à GOO mctres d'élévation; ce sont des montagnes calcaires , assez accidentées et très-boisées. Leur direction est à peu près du nord au sud, elles se terminent à la trouée que suit le canal du Centre avant d'arriver à Chagny ; le versant de l'est ou plutôt du sud-est est le plus raide, c'est sur ce versant que se trouvent les plus riches vignobles de la Bourgogne. Ces montagnes surtout dans la partie au sud de Dijon sont un véritable obstacle, elles ne peuvent être franchies que sur les routes qui sont peu nombreuses ; il n'y a entre Dijon et Chagny que les deux routes de Deaunc à Arnay-le-Duc.

Le chemin de fer de Paris à Lyon qui passe au pied du mont Auxois, traverse ces montagnes au tunnel de Blaisy-Bas qui a 4,100 mètres de long. Le canal de Bour-^ gogne qui suit presque constamment VArinai^çon^ les franchit un peu plus bas égale* ment en galerie, à Pouilly-en'Montagne\ puis il emprunte la vallée de YOuche jusqu'à Dijon et vient se jeler dans la Saône à Saint- Jcande-Losne, Dans la partie sud, ces montagnes sont encore traversées par la voie ferrée à'Autun à Chagny par Épinac; à leur extrémité méridionale, la ligne de Moulins à Chagny suit le même tracé que le canal du Centre^ c'est-à-dire la vallée de la Bourbince et celle de la Dheune; une ligne transversale relie les deux précédentes entre Étang et Montchanin et passe par le Creuzoï.

Lies Hlonts du Morvan. — A l'ouest des monts de la Côte-d'Or, se trouve un massif montagneux qui englobe le bassiîi d'Autun et toute la haute vallée de YAr^ roux^ c'est le Horvan. La partie centrale entre Chateau-Chinon et Autun est formée de porphyres rouges, au nord et au sud se rencontre le granit, puis tout autour se trouvent des mines de houille, à Épinac, à Blanzy, à Decize, et du minerai de fer; Tout ce massif du Morvan est boisé, sauvage, difficile, mais C'est surtout dans la partie occidentale vers Chûteau-Chinon que les montagnes atteignent leur pluj grande hauteur (900 mètres) et leur plus grande épaisseur, elles forment un obstadd continu du sud au nord depuis ^oi{r5on-taMC[/ jusqu'à Saw/ieu; cet obstacle est plus sérieux encore que celui qui est créé à l'est par les monts de la Côte-d'Or et les monts du Charolais qui prolongent ces derniers au sud.

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