CHAPITRE III. - FRONTIERE DU N0RD-E8T OU D'ALLEMAGNE
tervalle d'une digue à celle de l'autre rive atteint deux kilomètres à hauteur de Strasboui'g.
Après avoir traversé cette riche plaine de terrains modernes, le Rhin, vers Mayence, est rejeté à Touest par le chaînon perpendiculaire du Taunus ; à partir de Bingen, à Tembouchure de la Nahe, le fleuve, reprenant la direction du nord-ouest, a creusé son lit dans le terrain de transition, puis, à Bone, il retrouve le pays plat et le terrain moderne. Ses eaux lentes se répandent dans les terrains bas de la Hollande et viennent se jeter dans la mer du Nord par plusieurs bras : l'Yssel^ le VieuQo-Rhin^ le Lech, le Waal qui se confond avec la Meuse.
On désigne généralement sous le nom de Haut-Rhin la partie du cours entre Bâle et Mayence, de Rhin-Hoyen la partie entre Mayence et Cologne, et de Bas-Rhin la partie entre Cologne et la frontière de Hollande.
Les points favorables au passage des armées ne sont pas rares en Alsace, dans le Grand-Duché de Bade et dans la Hesse, où le lit est semé d'îles nombreuses, où les rives sont plates et partout abordables, mais, à partir de Mayence, ils deviennent au contraire très rares, le fleuve est rapide, profond, et ses rives souvent escarpées. En 1815, Blùcher franchit le fleuve à Kaub, entre Bingen etCoblenz; en 1793, Tar* mée prussienne Tavait passé un peu plus haut, à Bacharach; mais, en ces endroits, le lit du fleuve est resserré, les abords en sont difficiles, et ces points sont assez mal choisis; l'opération du passage de la rive droite à la rive gauche ayant réussi, Tarmée doit encore franchir le long défilé de Stromberg avant de déboucher à Rhein' bœllerij sur le plateau du Hùnsrûck. Au nord de Coblenz se trouve, sur la rive gauche, la plaine de Mayenfeld; la rive droite est d'abord resserrée par les montagnes du Westerwald^ mais elles s'éloignent à partir de Bemdorf et permettent un débouché facile de la rive gauche à la rive droite, c'est celui de Neuwied, où Hoche passa le Rhin en 1797.
La largeur du Rhin est très-variable, suivant les points ;
250 mètres à Bâle,
500 à 2,000 mètres entre TAlsace et le Grand-Duché de Bade, en y comprenaat les lies,
420 mètres à Mannheim,
600 — à Mayence,
850 — en aval de Mavence,
400 — à Neuwied,
500 — à Cologne,
420 — à Dusseldorf,
500 — à Wesel,
720 — à Emmerich, à son entrée en Hollande,
La profondeur varie :
de 1 mètre à 4 mètres entre Bâle et Strasbourg, de 1,67 — à 8 — entre Strasbourg et Mayence, de 2 — à 9,80 — entre Mayence et Cologne, de 2,65 — à 10 — entre Cologne et DusseldorI, puis elle est toujours supérieure à 3 mètres jusqu'à Emmerich.
Le courant, très-fort dans les endroits les plus resserrés, est de 1 à 2 mètres par seconde; le fond est formé de gravier et de sable; lorsqu on a fait les sondages du pont de Kehl, on a trouvé du gravier jusqu'à 80 mètres de profondeur.
Les crues sont souvent fortes et rapides.
Les ponts permanents sur le Rhin étaient très-rares jusqu'à ces derniers temps, et même il n*y avait aucun pont en pierre ou en fer au-dessous de Bâle. Depuis quelques années, la nécessité de relier les voies ferrées des deux rives a conduit à en créer plusieurs, il y en a 14 depuis le lac de Constance jusqu'en Hollande, ce sont ceux de Constance, Schaff'ouse^ Waldshût, Strasbourg, Maxau, Germersheim^ Mannheim, Worms, Mayence, Coblenz, Cologne, en amont de Dusseldorf, RheinhaiÂsen près de Duisbourg, Gruythuisen près de Clèves ; ceux de Maxau et de Rheinhausen sont établis sur bateaux, ceux de Mannheim et de Cologne servent aussi aux voitures et aux piétons.
A Ruhrort, des bateaux à vapeur transportent les wagons d'une rive & l'autre, mais non les locomotives. Les Allemands construisent un pont âxe en amont d*Huningue, de manière à relier par un embranchement les deux stations de Sainte Louis sur la rive gauche à Léopoldshohe sur la rive droite. Enân la voie ferrée de Colmar à Fribourg qui est actuellement en construction donnera encore un point de passage à Vieusç-Brisach.
A Bâle existe un pont pour les piétons et les voitures partie en pierre et partie en bois, au-dessus on rencontre un grand nombre de ponts ûxes.
Des ponts de bateaux pour les piétons ou les voitures existent depuis longtemps à Huningue, à Brisach, à Kehl, à Fort-Louis, à Germersheim, à Spire, à Manheim^ à Mayence, à Coblenz, à Cologne, à Dusseldorf, enfin à Wesel; on a établi des trailles à Bonn et sur plusieurs autres points. Les Allemands depuis 1870 ont construit sept nouveaux ponts de bateaux enti*e l'Alsace et le Grand-Duché de Bade à Marchoh' heim, à Schœnau, à Rhinau, à Gerstheim, à Drusenheim, à Seltz et à Chalampé.
Les principaux affluents de la rive gauche du Rhin au-dessous de Bâle sont 17//, la Zorn, la Sauer, la Lauter, la Queich, le Spirebach, la Pfrimm, la Selz^ la Nahe la Moselle, la Nette, VAhr, et VErft.
LUI prend sa source dans les derniers contreforts du Jura au nord de Delemont, coule parallèlement au Rhin en traversant TAlsace du sud au nord jusqu'à Strasbourg et se jette dans le fleuve au-dessous de cette dernière ville. C'est une rivière tranquille coulant entre des rives unies et basses, mais sujette à des crues subites et dangereuses, comme celles qui viennent de se produire en mars 1876. EUe reçoit